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2014

Le tour du monde en 80 styles, dernier volet de notre série sur l’apparence dans les sociétés du monde. C’est le style vestimentaire, ou la mode, qui va nous occuper aujourd’hui. Nous ne parlerons pas, ou peu, des défilés qui définissent les standards du chic de Milan à New York, en passant par Paris. Notre propos portera plus sur les tendances vestimentaires, et ce qu’elles disent sur la créativité d’une société, d’une jeunesse, d’un pays…

Direction le Japon pour la plus grande partie de cette émission. Les rues de Tokyo, pour tout visiteur qui a pu les parcourir, sont le théâtre d’une espèce de défilé permanent, à ciel ouvert. Les herbivore boys y côtoient les Lolita, le Mori Kei (style de la forêt) n’est jamais très éloigné du style yama girl (yama = montagne). Le sophistiqué côtoie le rustique et le do it yourself. Cette créativité est à mettre à l’actif de la jeune génération, qui expérimente toutes sortes d’accoutrements une fois passée la période de l’uniforme obligatoire mais pas seulement, il n’est pas rare de croiser des personnes plus âgées, tout aussi excentriques…

Au Japon le rapport à la mode, aux canons de la beauté, répond à des logiques peut-être moins normatives que chez nous, qui permettent cette excentricité; thématiques que nous aborderons avec Dora Moutot.

On s’intéresse aussi dans cette émission à un continent passionnant pour l’analyse des styles vestimentaires : l’Afrique, que nous allons explorer par deux tendances radicalement opposées (sur la géographie et la tendance) :

  • le succès du pagne traditionnel autour du Mali ce vêtement est un condensé de mondialisation à lui tout seul, fabriqué avec du tissu originaire des Pays-Bas (aujourd’hui de Chine de plus en plus) il est vendu sur les marchés de Bamako, où il acquiert une importance très particulière pour les femmes qui le portent. Le choix d’un pagne peut exprimer un message dans un couple, refléter un état d’esprit, etc. Nous en parlons avec l’anthropologue Yannick Jaffré.

  • l’étonnant look des hard-rockers du Botswana ! Cette « nouvelle tribu » de musiciens et d’amateurs de musique heavy metal mélange le style cow-boy et les grands classiques associés à la musique rock : blouson en cuir et santiags. Cette tendance est-elle importante ? Comment est-elle née ? Nous en parlons avec le réalisateur Raffaele Mosca, qui a tourné un film sur cette « tribu ».

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Troisième émission de notre semaine sur l’apparence, autour cette semaine du maquillage et plus généralement de la transformation du visage. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le maquillage est loin d’être un phénomène superficiel. Il illustre bien souvent des normes culturelles et sociales toutes significatives, pour les femmes bien évidemment mais plus généralement dans l’ensemble de la société, et ce notamment en Chine.

En effet, si en Chine, dans le sillage de la révolution culturelle, le maquillage a longtemps été interdit car considéré comme bourgeois et contre-révolutionnaire; il a acquis aujourd’hui ses lettres de noblesses. Les lèvres brillantes, la peau de velours et les yeux étincelants des égéries des grandes marques mondiales s’affichent partout dans les centres commerciaux des grandes villes du pays.

De plus en plus, les Chinoises se ruent dans les magasins de cosmétiques qui, eux, se frottent les mains en voyant le nombre de bouches et de paupières qu’il s’agit d’agrémenter de produits en tout genre.

Comment comprendre la place qu’est entrain de prendre le maquillage chez les chinoises? Quelles sont leurs habitudes en la matière? Et que nous apprennent-elles sur l’image que l’on se fait, en Chine, de la beauté?

Nous allons également ce matin du côté du Congo avec **Gaston M’Bemba Ndoumba, ** auteur de Ces Noirs qui se blanchissent la peau. La pratique du « maquillage » chez les Congolais (L’Harmattan, 2004), qui nous parlera de ce qu’on appelle le « maquillage ».

Et enfin, nous irons encore plus loin puisque nous prendrons la direction de l’Amazonie péruvienne pour parler des peintures faciales des matsiguenka, avec Esteban Arias.

> retrouvez "Le monde est un campus" d'Esteban Arias Urizar sur le site France Culture Plus

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Si le recours à la chirurgie esthétique semble être un phénomène mondial, cette mondialisation cache d’importantes différences culturelles: des implants fessiers au Brésil au débridage des yeux en Asie, les pratiques illustrent l’immense diversité des critères de beauté. Ce qui est uniforme en revanche, c’est bien la volonté croissante de modeler son corps selon ses désirs**. **

Selon une étude publiée par l'International Master Course on Aging Skin (IMCAS) l’année dernière, le marché mondial de la chirurgie esthétique se porte bien (malgré la crise): en 2012, il aurait connu une croissance de l’ordre de 10% et les perspectives semblent excellentes pour les prochaines années.

La même étude nous dit qu'en 2011, la Corée du Sud est le pays où il y aurait eu le plus d’interventions par habitant (chirurgicales et non chirurgicales). La France arrive en 9e position, juste derrière le Brésil, les USA sont 4ème dans le classement (même s’ils sont les premiers consommateurs de chirurgie plastique), un classement où apparaissent 25 pays et où la Russie, la Chine puis l’Inde ferment la marche.

Quelles sont les variations culturelles quant au rapport à la chirurgie esthétique? En quoi l’émergence des pays du sud influe-t-elle sur les critères de beauté de l’occident?

Vers quel modèle physique cherchons-nous à tendre? Va-t-on –vraiment ? – vers une forme d’uniformisation des critères de beauté comme on voudrait nous le dire parfois? Ou, au contraire, vers un redéploiement de modèles variés?

Pour discuter de ces questions (autour des cultures corporelles), direction d'abord la Corée du sud, avec **Valérie GELEZEAU, ** géographe spécialiste de la Corée, ce pays devenu le terrain d’un tourisme médical où toute l’Asie vient se faire débrider et éclaircir la peau.

Mais aussi aux Etats-Unis, **Laurie ESSIG ** depuis Vermont, où les classes moyennes empruntent et s’endentent pour modeler leur silhouette et constitue aujourd’hui une bulle spéculative autour de la chirurgie esthétique.

Retrouvez en complément la chronique "#Politique" de Christophe Payet sur France Culture Plus cette semaine sur le Body Hacking.

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L’engouement pour le tatouage concerne aujourd’hui tous les pays occidentaux, et bien au-delà, tous les pays de la planète. Les conventions de tatouage se multiplient de New York à Paris, de Tokyo à Buenos Aires. Ce phénomène semble donc massif même si les statistiques officielles sur le nombre de personnes tatouées en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde sont inexistantes.

On peut se demander comment le tatouage arrive aujourd’hui à atteindre un public si vaste alors qu’il semblait cantonné à une audience très marginale il y encore quelques années. Répondre à cette question nous oblige à faire un grand saut dans l’espace et dans le temps.

Il y a plusieurs siècles toutes les cultures du monde semblent en effet avoir été concernées par les techniques d’inscription d’images ou de messages dans la peau. Selon les cultures et les contextes les tatouages pouvaient revêtir les significations les plus variées : rituel de passage à l’âge adulte, symbole de séduction, marquage de statut social, simple ornementation…

Malgré cet apparent « universalisme originel » la tradition du tatouage est longtemps condamnée en Occident, soit qu’elle soit associée à des pratiques païennes, soit qu’elle soit synonyme d’infamie – on marquait les esclaves ou les prostituées uniquement. De fait, il faudra attendre l’époque des grandes explorations pour que le tatouage des autres cultures soit « redécouvert » par les marins Européens qui deviennent, de fait, le premier groupe de tatouées du monde occidental.

La pratique du tatouage est adoptée de façon très diverses selon les pays européens. Bien souvent les « tatoués » se trouvent dans les groupes sociaux les plus marginaux, délinquants, prisonniers, bagnards. Et ce n’est en fait qu’au cours des années 1980 que le phénomène sort de son isolement et se diffuse dans les couches les plus diverses de la société.

Pour comprendre cet engouement relativement récent autour du tatouage nous allons donner la parole ce matin à trois spécialistes de cette question : Jérôme Pierrat, l’un des meilleurs spécialistes ès-tattoo en France, rédacteur en chef de Tatouage Magazine et auteur de plusieurs ouvrages sur le tatouage l’anthropologue Sébastien Galliot, spécialiste des cultures des îles Pacifiques, et conseiller scientifique de l’exposition Tatoueurs, Tatoués, qui se tiendra au Musée du Quai Branly à Paris en mai prochain; et enfin Marie Cipriani-Crauste, spécialiste des tatouages.

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Dernier volet de notre semaine sur la gestion des catastrophes : Haïti, une aide humanitaire sous le feu des critiques.

Tout le monde a encore en mémoire le terrible séisme – de magnitude 7 – qui a ravagé Haïti et en particulier sa capitale Port au Prince le 12 janvier 2010 à 16h53 heure locale. En quelques instants la majeure partie des bâtiments et des logements sont à terre. On dénombre près de 230 000 victimes, 300 000 blessés, 1,5 millions de sans-abris. Instantanément ou presque le monde se mobilise pour Haïti: les ONG, les agences internationales et de très nombreux pays envoient des équipes et des moyens sur place. 5 milliards de dollars d’aide sont promis à Haïti sur 18 mois, 11 milliards sur 5 ans.

Un élan presque sans précédent de solidarité internationale qui se trouve, très vite, sous le feu des critiques: gros problèmes d’organisation et de coordination, inadaptation totale aux besoins locaux. Et ce constat : plusieurs mois (et maintenant 4 ans) après la catastrophe, une bonne partie de l’aide est encore bloquée, ou n’a pas été utilisée à bon escient. Au printemps 2013 trois ans après la catastrophe, c’est le réalisateur haïtien Raoul Peck qui formule les critiques les plus dures contre la solidarité internationale. Son film Assistance mortelle est un réquisitoire en règle contre les dysfonctionnements et les errements des ONG et des organisations internationales.

Nous avons déjà parlé de ces problèmes posés par l’assistance humanitaire en Haïti, il y a quelques mois dans CulturesMonde. Nous allons essayer ce matin de comprendre une nouvelle fois « ce qui n’a pas marché » depuis janvier 2010, cette fois-ci en nous intéressant à la notion de résilience . Ce terme fait l’objet de beaucoup de discussions entre experts, notamment entre psychologues. Sans entrer dans le débat sémantique on appellera résilience simplement le fait, pour une société, de réagir après une catastrophe majeure. Ce processus est au cœur de la gestion des catastrophes auxquelles nous nous sommes intéressés toute cette semaine. Dans le cas particulier d’Haïti beaucoup de choses ont été dites, et écrites, sur la « résilience naturelle » de la société haïtienne, habituée de longue date à tous types de catastrophes – naturelles, politiques, économiques, sociales. On va donc se demander dans quelle mesure l’assistance internationale a pu empêcher la résilience de la société haïtienne, ou dans certains cas, la favoriser.

Pour comprendre ces enjeux direction Port au Prince, pour écouter Daniel Derivois, psychologue, qui a travaillé au contact des enfants des rues avant, et depuis la catastrophe.

Pour prendre un peu de champ sur ces questions, nous interrogerons aussi Michèle Oriol, sociologue et anthropologue, membre de la Commission Interministérielle pour l’Aménagement du Territoire en Haïti.

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Anne Brissier

Musique :

  • Michael Nyman , *Chasing sheep is best left to shepherds *

  • Pierre Henri , *Entomologie *

  • Jean-Luc Herelle, L’eau dans le monde souterrain Dans une caverne

  • **Nguyen Le, ** Haiku to truong tang

Chansons :

  • Lisa Ekdhal , Stranger on earth

  • Dick Annegarn , La transformation

Lectures :

  • **Stendhal, La chartreuse de Parme , 1839, ** chapitre II, éd. Gallimard, 1948

  • Guo Xi, Linquan gaozhi , cité par François Jullien dans Vivre de paysage , éd. Gallimard, 2014

  • Merleau-Ponty L’Œil et l’esprit

  • Henri Bergson , Le Rire , édition PUF

  • **poème Wang Wei, ** cité par François Jullien

Extraits :

  • Van Gogh réalisé par Maurice Pialat, 1991
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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Marianne Basler

Fin décembre 2013, François Hollande présente ses vœux à la France et annonce la mise en œuvre du pacte de responsabilité, qui propose de réduire une nouvelle fois les charges qui pèsent sur les entreprises en leur demandant, en échange, de souscrire des engagements sur le plan de l’emploi. Deux semaines plus, tard, le 14 janvier, lors d’une conférence de presse, le Président affirme clairement se considérer comme un « social-démocrate ». Depuis, les critiques et les commentaires ne cessent de fuser : Hollande est-il ou non social-démocrate ? Pourquoi cette question est-elle importante ? que nous dit-elle de la conception actuelle de la politique par ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés ? Derrière le feu de pacotille se trouve un enjeu décisif : dans quelle mesure la politique est-elle une affaire de compromis, entre l’idéologie et la pratique, entre les principes et la conjoncture, entre la conviction et la responsabilité ?

Extraits:

**- Léon Blum, ** De quoi est né le socialisme , émission « La voix des nôtres » 1929 (Archive INA)

-** François Mitterrand, ** compilation d’interviews**( INA, 09/12/1981)**

Chansons:

**- Lucien Boyer, ** Suffrage universel

**- Marcel Zanini, ** Tu veux ou tu veux pas

Bibliographie complémentaire:

  • Les présuposés du socialisme d'Edouard Bernstein (Seuil, 1974)

  • La social-démocratie ou le compromis d' Alain Bergounioux et Bernard Manin (PUF, 1979)

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Marianne Basler

Après Borgès et Ricoeur par Marc de Launay, lundi, Freud et Flaubert, hier, par Anne Dufourmantelle, et Ortega y Gasset avec Jean-René Ladmiral, hier, pour ce dernier temps de notre semaine sur la traduction, nous avons le plaisir d’accueillir la philologue et philosophe Barbara Cassin , à l’initiative d’un Vocabulaire européen des philosophies, paru en 2004, dans lequel est abordée la redoutable question des intraduisibles en philosophie.

Instru:

  • **Thee Mumusic, ** Google translator song

Chansons:

- Renaud , *It Is Not Because You are *

- Ray Ventura , *Les trois mandarins *

Extraits:

- Raymond Devos, sketch* Parler pour ne rien dire* (1979)

**- ** Archive INA, Les ordinateurs traducteurs de langue, 18/09/1967

Lecture:

-** Alexander von Humboldt, ** Fragment de monographie sur les basques ** , ** traduction de P. Caussat in La langue source de la nation ( Mardagat, 1999) p.433

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye, à propos de la parution de l'ouvrage de** François Jullien** Vivre de paysage ou l'impensé de la raison (Gallimard)

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Anne Brissier

De quoi jouissez-vous ? D’un verre de Nuit-saint-Georges ou d’une nuit étoilée ? D’un bain de tendresse ou d’un excès de vitesse ? D’un corps qui vous désire ou d’un désir qui vous heurte ?

Peut-être de tout à la fois, peut-être de rien de tout ça, mais dans tous les cas, qui jouit quand je jouis ? Quel est ce sujet de la jouissance qui se voit se perdre, se transformer, se déformer sous l’effet de la transgression des limites du principe de plaisir ?

La jouissance n’est pas du côté du plaisir, elle est du côté de l’extase, c'est-à-dire de l’effroi délicieux de se perdre, enfin, soi-même.

Deuxième temps donc de notre semaine sur la jouissance, à l’occasion de la parution du premier volume de la collection des Nouveaux Chemins de la Connaissance intitulée Questions de caractère, une coédition Plon-France Culture, qui donne la parole aux philosophes contemporains non pas sur un concept, ni sur une passion, mais sur ce qui s’apparente davantage à un trait de caractère, en tout cas c’est la question que nous poserons demain à Jérôme Lèbre qui viendra se demander aux côtés de JL Nancy si la jouissance est ou non une question de caractère. Le lendemain, jeudi, Michel Surya nous plongera dans l’érotisme de Georges Bataille pour se demander si l’érotisme est ou non affaire de jouissance, mais pour l’heure, pour ce deuxième temps, j’ai le plaisir d’accueillir JL Nancy donc, et la psychanalyste Elisabeth Roudinesco, qui viennent tout deux écouter ce que nous dit la jouissance dès lors qu’on la couche sur un divan.

Musique :

  • Angelo Badalamenti, Moving through time

  • Alexandre Desplats, Stéphanie

Chansons :

  • Robeurt Feneck , Les nuits d’un damoiseau

  • Mozart, La flûte enchantée, L’air de la Reine de la nuit (Acte II)

Lectures :

  • Marguerite Duras , La maladie de la mort (Les Editions de minuit, 1982)

  • Sade , L’Histoire de Juliette ou les prospérités du vice (1801), Première partie (Gallimard, Bibliothèque de la pléiade)

Extraits :

  • **Conférence à Rome en novembre 1974 de Jacques Lacan ** (archive INA, extrait utilisé dans l’émission « Radio libre », titre : « Ecouter Lacan », France Culture, 03/04/2001, productrice Christine Goémé)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye sont aujourd'hui consacrées à la parution des *Ecrits radiophoniques * de Walter Benjamin, (traduits de l'allemand par Philippe Ivernel, préface de Philippe Baudouin), publiés aux éditions Allia.

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Anne Brissier

*Emission en public enregistrée au Salon du livre le dimanche 23 mars à 15h30 *

« Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même. On s’essaye à jouir et à « faire des expériences ». Mais c’est une vue de l’esprit. Il faut une rare vocation pour être un jouisseur. La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences ».

Une vocation, la jouissance ? C’est du moins ce qu’entend Camus dans les dernières pages de l’Été à Alger, ce qui laisse entendre que face à la jouissance, nous ne sommes pas tous égaux, que celle-ci n’est pas le fruit d’un travail ou la récompense de la patience, mais qu’elle nous est donnée, accordée, telle la grâce divine qui divise le monde entre les élus et les condamnés.

Mais la jouissance ne fait pas partie de l’au-delà, elle est ici-bas, et quand bien même elle jaillit du domaine spirituel, elle ne serait rien sans le corps, sans les sens, sans l’extase qui nous élève et nous expulse hors de nous-mêmes, hors du temps, hors du questionnement. Jouir, c’est ne plus se demander pourquoi.

Et c’est pourquoi, précisément, pour le premier volume de la collection des Nouveaux chemins, une collection intitulée Questions de caractères et co-édité par les éditions Plon et France Culture, nous nous sommes attelés à la tache redoutable qui consiste à essayer de penser la jouissance, d’en esquisser l’histoire, d’en écrire les effets, d’en saisir les enjeux, et ce défi, qui d’autre que le philosophe Jean-Luc Nancy pouvait le relever, Jean-Luc Nancy qui nous accompagnera donc chaque jour de cette semaine toute jouissive, Bonjour JL-Nancy !

Demain, Elisabeth Roudinesco sera à vos côtés pour analyse la jouissance à sa façon, en la couchant sur le divan et en se demandant, entre autre, pourquoi la psychanalyse a eu tant de mal à penser la jouissance féminine mercredi, Jérôme Lèbre, philosophe penseur de la vitesse, vous rejoindra pour se demander si la jouissance est une question de caractère, et jeudi, vous serez accompagnés de Michel Surya pour évoquer la différence entre jouissance et érotisme à partir de l’œuvre de Georges Bataille.

Musique :

  • "Je t'aime moi non plus" (version instrumentale)

  • Marc Henri Faivre, Adagio nocturne

-** Leo Delibes** , Lakme duo des fleurs

  • Minoru Miki, L’empire des sens (bande originale du film)

Chansons :

  • Gilbert Bécaud , Je veux te dire adieu.

  • Patrick Coutin, Fais-moi jouir.

Lectures :

  • Thérèse d’Avila, Vie de sainte Thérèse de Jésus *(1515-1582), une mystique cloîtrée, carmélite déchaussée, réformatrice et religieuse * (1622).

  • **E. E. Cummings, ** *Erotiques * (Seghers)

  • Henry Miller, Sexus (Le livre de Poche)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye à propos de la parution du livre de Thomas Lepeltier , La face cachée de l'univers, une autre histoire de la cosmologie , éditions Seuil

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Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Marianne Basler

Après Qu’est-ce que traduire, lundi, ce que disent nos rêves, hier, c'est-à-dire après Borgès et Ricoeur, et Freud et Flaubert, pour le troisième temps de cette semaine sur la traduction, nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui Jean-René Ladmiral, traducteur, philosophe et traductologue, qui vient nous rappeler que pour être métaphorique, la traduction n’en est pas moins une pratique, qui traduit non pas des mots, ni des choses, mais des idées, et que le langage, bien loin d’être le vêtement superflu de la pensée, la nourrit de son opacité et de son épaisseur. Qui de la langue ou de la pensée, vient en premier, c’est une des questions irrésolues que soulève la traduction, dont le geste, en plus d’être philosophique, est bien plus politique qu’on ne le pense.

Instrus:

- Haydn , Symphonie n°39

*- * **The Wetern Wind Vocal, ** *Translation and credits *

Chansons:

- Oscar Petterson , Mumbles

**- Charlie Chaplin, ** *Titine *

Extraits: - Ghost Dog, La voie du Samouraï , **film de Jim Jarmush ** (1991)

- Henri Meschonnic, parle de ses choix de traductions de la Bible (interrogé par Antoine Spire , « A voix nue : grands entretiens d’hier et d’aujourd’hui », France Culture, 20/05/1991 )

-Lecture:

**- José Ortega y Gasset, ** *Misère et splendeur de la traduction * ( Les Belles lettres, 2013)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye, à propos de la parution du livre Montaigne, la vie sans loi de Pierre Manent , aux éditions Flammarion

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Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Marianne Basler

Après Qu’est-ce que traduire, hier, avec Marc de Launay, Borges et Ricoeur, avant Ortega y Gasset et la traductologie, avec Jean-René Ladmiral, demain, et le Dictionnaire des intraduisibles, jeudi, avec Barbara Cassin, pour ce 2ème temps de notre semaine sur la traduction, quittons aujourd’hui les rivages textuels et les segments grammaticaux, voguons au large du processus conscient de traduction pour tenter de déchiffrer ce que nous disent nos nuits : lieu d’expression de nos désirs refoulés, signe d’appartenance à une culture, ou indice encourageant à l’action, que nous révèle l’impossibilité de traduire en mots ce qu’exprime nos rêves ? Faut-il chercher d’autres recours que le langage, ou au contraire, s’y atteler de plus belles, en chérissant l’intraduisible en nous pour mieux baisser les armes ?

C’est la philosophe et psychanalyste **Anne Dufourmantelle ** qui vient aujourd’hui se demander pour vous ce que disent nos rêves.

Instrus:

  • **Richard Sanderson, ** Dreams are my reality

*- * **Antoine Tamestit, ** Nacht und träume

- **Kraked Unit, ** L'air des cendres

- ** Alex Desplat, ** Les rêves

Chansons:

  • **Jacques Higelin, ** Parc Montsouris

**- ** **Michel Jonasz, ** Où vont les rêves ?

Lecture de Marianne Basler:

  • Gustave Flaubert, ** Madame Bovary , , dans ** Œuvres complètes ** (** Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t.III, 2013) pp.323-324

Lecture d'Adèle Van Reeth:

  • Sigmund Freud , Cinq leçons de psychanalyse , « Deuxième leçon », 1910, traduction d' Yves le Lay, Petite Bibliothèque Payot, 1990, pp.28-30)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna- Savoye, à propos de la parution du livre de Auguste Comte : science et société ( CNDP)

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Marianne Basler

La traduction donne à l’homme ses meilleures leçons d’humilité : pour être précise et fidèle, elle n’est jamais parfaite. Car entre le sens et l’intention, entre ce que le texte exprime et ce que l’auteur veut dire, il faut choisir, et ce choix engage rien de moins qu’une conception du sens comme événement. De deux choses l’une : ou bien la multiplicité des langues ne sont que les diverses manifestations d’un sens originaire et universel, qui, pour être le ciment de l’humanité, n’appartient à personne, ou bien elles sont le signe que le sens échappe toujours en partie au langage, auquel cas l’écriture serait une tentative jamais close de ressaisir ce reste, cet au-dehors du langage sans lequel l’art n’aurait plus lieu d’être.

Parce qu’elle met le langage à l’épreuve du sens, la traduction est affaire de deuil : celui de la perfection, à laquelle on doit préférer la réussite. Et c’est tant mieux, nous dit Ricoeur, qui situe dans ce deuil de la traduction absolue le bonheur même de traduire.

Ainsi conçue, la traduction serait le meilleur étalon de la mesure de l’homme, ni ange ni bête, tiraillé entre la quête de sens ultime et l’acceptation que celui-ci lui échappe, révélant ce que la finitude peut avoir de créateur. Si le traducteur est un traitre, alors c’est le lot commun, tant le langage est toujours lui-même affaire de traduction, du collectif au singulier, de l’objectif au subjectif, de l’original à l’interprétation.

Mais alors, que faire des intraduisibles ? De ce que seule l’interprétation peut donner la clé et dont les rêves sont la manifestation la plus tangible et la moins partageable ? Faut-il sacrifier l’auteur au nom de ce que nous avons sous les yeux ? A moins que nous ne soyons tous auteurs d’un sens que nous passons notre vie à vouloir traduire ?

Demain, Anne Dufourmantelle viendra se demander pour vous ce que disent nos rêves, mercredi, Jean-René Ladmiral évoquera les Splendeurs et misères de la traduction, à partir notamment du texte éponyme d’Ortega y Gasset, et jeudi, Barbara Cassin s’interrogera sur le sort des concepts philosophiques intraduisibles, entre ontologie et logologie.

Mais aujourd’hui,nous avons le plaisir de recevoir le philosophe Marc de Launay, auteur d’un ouvrage dont le titre est de circonstance pour commencer cette semaine : Qu’est-ce que traduire, aux éditions Vrin.

Musique:

  • Kraked Unit, BOF *Les poupées Russes *

Chansons:

**- Charles Aznavour, ** Für mich for me formidable **- Boby Lapointe, ** *Le tube de toilette *

Lectures:

  • Sur la traduction de Paul Ricoeur (Bayard)

- José Luis Borges, ** L’aleph , “La quête d’Averroès " (1949-1952), traduit par Roger Caillois(Gallimard,1993)** p. 616

Extraits:

**- ** Two days in Paris , film de Julie Delpy (2007)

**- Georges Steiner ** (A voix nue, Laure Adler, 10/02/2009)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye à propos de de la parution du livre de Pietro Montani *Bioesthétique : sens commun, technique et art à l'âge de la globalisation * (Vrin)

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Suite de notre série d’émissions enregistrées à Casablanca le mois dernier, en partenariat avec l’institut français du Maroc grâce à qui nous sommes partis à la rencontre des philosophes marocains. Après l’entretien avec Ali Benmaklouh, lundi et mardi, avant de donner la parole au traducteur de Rousseau en Arabe, jeudi, et à ceux qui font la philosophie au Maroc aujourd’hui, vendredi, place aujourd’hui à deux femmes, deux intellectuelles marocaines qui travaillent chacune à leur façon sur la question du féminisme au Maroc aujourd’hui. Et c’est à l’occasion du Salon du livre de Casablanca que nous nous sommes rencontrées, pour une émission animée et en public, un public venu nombreux pour écouter Aïcha Barkaoui , professeur du Master « Genre, société et culture » à l’université Hassan 2, ainsi que Yasmine Chadi , anthropologue et romancière.

Lecture :

  • Judith Butler , Défaire le genre (Editions Amsterdam, traduction de Maxime Cervulle, 2006, p. 202)

Instrus:

-* Natacha Atlas,* Lammebada

  • Ludovico Einaudi, Uno

Chansons:

  • Amina Alaoui , Li ayyi sabab
  • Karima Nayt , Keyf
  • Natacha Atlas , Whatever Lola wants

Bibliographie:

Yasmine Chami ,Cérémonie (Actes Sud 1999)

Aïcha Barkaoui: "Les paradoxes de l’indigène. La voix d’une femme est une révolution" , co-écrit avec Leila Bouasria (Revue des femmes philosophes, "Printemps arabes, printemps durables ?", n°2-3, mai 2013, Unesco, consultable à l'adresse : http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002210/221019F.pdf#page=123)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-savoye, à propos de la parution du livre *Sciences et société : les normes en question * (Actes sud) (3/4)

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2014

Il était une figure de la pensée d'extrême gauche italienne. Le philosophe Tony Negri est mort cette nuit à Paris à l'âge de 90 ans. Cet intellectuel engagé se définissait lui-même comme un révolutionnaire réaliste, témoignant d'un demi-siècle de lutte politique. Il fut aussi l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste.

Bienvenue sur les chemins du vendredi, où chaque semaine nous tenter de réconcilier philosophie et temps présent. Tables rondes autour d’ouvrages philosophiques qui viennent de paraître, masterclass avec un philosophe au parcours singulier, regards croisés de deux philosophes sur un enjeu politique ou éthique contemporain, mais aussi séminaires et rencontres, autant de façon de tendre le micro à la philosophie en train de se faire.

Après Clément Rosset, Pierre Macherey, Renaud Barbaras, Etienne Balibar, et Souleymane Bachir Diagne, nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui le philosophe Toni Negri, à l’occasion de la parution du Hors-Série de Philosophie Magazine sur le thème, les philosophes et le communisme.

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

En Partenariat avec Philosophie Magazine

Extraits:

  • Bande-annonce du filmBuongiorno notte de** Marco Bellochio ** (2003)

  • L’an 01 , film de** Jacques Doillon ** (1973)

  • le mouvement les indignés (Archive INA, TF1, Journal de 13h, Claire Chazal, 15/10/2011**)**

Chansons:

- Benjamin Britten , War requiem : Multitude

- Téléphone , La bombe humaine

Et la chronique d'Eric Aeschimann à propos de la parution du n°403 de la revue Esprit intitulée Notre Nihilisme , conçu et coordonné par Michaël Foessel avec le concours d'Olivier Mongin, de Jean-Louis Schlegel et de Joël Roman.

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2014

Après l’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, lundi, avec Michaël Lowy, les tensions majeures entre économie et érotisme, hier, en compagnie de Michel Lallement, avant Yves Sintomer qui parlera demain de Domination,nous avons le plaisir d’accueillir aujourd’hui Isabelle Kalinowski, directrice de recherche au CNRS et traductrice de Max Weber, pour évoquer Sociologie de la religion et le Judaïsme antique, deux textes qui interrogent la religion ici-bas pour montrer en quoi elle participer à la rationalisation de la société et à l’une de ses conséquences, le désenchantement du monde.

Références musicales

  • Queen , A kind of Magic

  • Brigitte Fontaine , Les Dieux sont dingues

  • Mylène Farmer , Désenchantée

Lectures

  • Max Weber, Sociologie de la religion , p. 79

  • Max Weber, Sociologie de la religion , p. 81

  • Max Weber, Sociologie de la religion : économie et société (traduction d’Isabelle Kalinowski, Flammarion, 2013, p. 89-90)

  • Max WeberLe judaïsme antique (traduction d’Isabelle Kalinowski, Flammarion, 2010, p. 476)

Extraits

  • Les magiciens du Wanzerbe, film documentaire de Jean Rouch

  • Habemus papam, film de Nanni Moretti (2011)

Et les "2 minutes papillon" à propos de la parution de l'ouvrage Catherine Colliot-Thélène et Florent Guénard, Peuples et populisme, aux éditions PUF

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2014

Références musicales

  • BOF du film de Robert Guédiguian, À l'attaque !

  • La bande Magnetik, Fais-moi mal Johnny

  • Extrait de la BOF *Delicatessen * de Jean-Pierre Jeunet

  • Françoise Hardy et Jacques Dutronc, Amour Toujours, Tendresse, Caresses…

Lectures

  • Sociologie des religions, "La considération intermédiaire" de Max Weber (Gallimard)

  • Sociologie de la religion : économie et société de Max Weber (Flammarion/ Champs Classiques)

  • Alfred de Musset, Gamiani ou Deux nuits d’excès (Bibliothèque électronique du Québec)

  • Thérèse d'Avila, La vie de Sainte Thérèse de Jésus (1515-1582)

Extrait

  • Le procès, d'Orson Welles (1962)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye, à propos de la parution de Leo Strauss, A quoi sert la philosophie politique ? ouvrage collectif (PUF)

Erratum : à la fin de la chronique, il a été dit que Weber s'opposait à la raison, il s'agit bien évidemment de Leo Strauss qui a justement critiqué Weber et son concept moderne de rationalisation.

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2014

De Max Weber, l’un des fondateurs de la sociologie moderne, le 21e siècle a retenu quelques formules : la cage d’acier, allégorie de la civilisation capitaliste industrielle moderne, qui désigne l’enfermement de la liberté individuelle au sein de structures impersonnelles gouvernées par le règne du calcul l’idéal-type, outil méthodologique nécessaire qui immobiliserait la pensée dans l’abstraction et l’opposition entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. Weber serait ainsi le Karl Marx de la bourgeoisie et le penseur du désenchantement du monde, qui aurait sacrifié l’idéal révolutionnaire sur l’autel du pessimisme critique.

Mais Weber est avant tout le penseur des tensions et des ambivalences. La cage d’acier est autant le fruit de la rationalité que de l’irrationalité, l’idéal-type est avant tout, selon ses propres termes, un moyen de penser « la réalité de la vie », et bien loin de s’opposer, l’éthique de responsabilité et l’éthique de conviction doivent se penser ensemble pour obtenir les conditions d’une action politique digne de ce nom.

Avec Weber, la sociologie doit avant tout se garder d’être normative, et penser les corrélations entre le matériel et le spirituel en termes d’affinités électives. Un concept n’est rien sans la prise en compte du contexte et de la subjectivité, de la culture et des passions qui animent chaque individu. En quoi l’éthique protestante a-t-elle favorisé la naissance de l’esprit capitaliste ? Quel est le lien entre l’économie et l’érotisme ? Peut-on croire au pouvoir sans légitimer la domination politique ? Et que nous disent les religions des cultures humaines ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre cette semaine, avec, demain, Michel Lallement qui vous montrera que l’érotisme ne s’oppose par à l’économie, mercredi, Isabelle Kalinowski qui se demandera ce que signifie une sociologie de la religion, et jeudi, Yves Sintomer qui vous parlera de la Domination, un texte jusque là inédit en français et qui s’interroge sur la politique comme vocation.

Mais aujourd’hui, pour commencer cette semaine wéberienne, nous avons le plaisir d’accueillir Michaël Lowy pour évoquer le texte le plus connu du sociologue, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

Références musicales

  • 5e symphonie de Mahler

  • Ivan Rebrof, Ah ! si j’étais riche

  • Offenbach, Vert-vert : "Oui l’oiseau reviendra sa cage"

Lectures

  • Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (Flammarion, 2000)

  • Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique (Gallimard)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye, à propos de la parution du livre inédit en français de Bertrand Russell, Ethique et politique aux éditions Payot.

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Bertrand Chaumeton

Lectures : Georges Claisse

Pourquoi avons-nous tant de mal à admettre que la vie puisse être traversée de souffrance ? Cette souffrance, nous ne savons pas comment y penser, où la ranger, quelle place lui attribuer, quelque part entre l’acquiescement nietzschéen qui dit oui à la vie avec les blessures, avec la douleur, dans sa dimension tragique mais créatrice, et le refus radical de toute modification de notre état, en une forme d’ataraxie qui ferait pâlir de jalousie les stoïciens les plus acharnés. Entre ces deux pôles il existe un lieu qui fait le lien, une manière de penser la maladie non comme concept, mais comme expérience, et qui permet de substituer une éthique de la vulnérabilité à une exigence de normalité. Ce lieu c’est celui où se trouvent nos deux invitées aujourd’hui, deux philosophes que nous avons le grand plaisir d’accueillir dans ces chemins du vendredi pour réfléchir ensemble à ces choix de vie que nous devons affronter parfois dans la douleur et toujours face à la souffrance.

Extraits:

**- Antonin Artaud, ** Les malades et les médecins ( Archive INA,1946)

  • Amour film de** Michael ** Haneke ( 2012)

Lecture:

**- Paul Ricœur, ** Vivant jusqu’à la mort , (Seuil, 2007)

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2014

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Bertrand Chaumeton

Lectures : Georges Claisse

En partenariat avec Le Magazine Littéraire du mois de mars

Aujourd'hui, quatrième et dernier temps de notre semaine consacrée au cynisme.

Nous avons le plaisir de recevoir Suzanne Husson pour évoquer Diogène le cynique

Références musicales:

  • Erik Satie , Le carnaval des animaux

  • Conrad Steinmann , Dythirambos

  • Iannis Xenakis , Knephas pour choeur mixte a cappella

-** Iggy Pop** , I Wanna be your dog

  • Jehan Jonas , Diogène

Extrait:

  • Boudu sauvé des eaux , film de Jean Renoir (1932)

Lecture:

  • Nietzsche , Le gai savoir

  • Foucault , Cours au Collège de France 1984 ( Seuil, 2009)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye, à propos du livre Radicalité: 20 penseurs vraiment critiques aux éditions de L'échappée

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