Flash Info
Actualisation lundi 29/06 – 11h
Fin de la vigilance rouge : reprise des horaires habituels (horaires d'été).
Merci de votre compréhension durant cette période.
Nous restons vigilants pour les jours à venir en fonction de l’évolution météo.
372451 résultat(s)
Pour conclure cette semaine sur le sport et la guerre nous allons nous intéresser au rôle du sport dans la construction de la paix. C’est presque un cliché, un lieu commun de le dire: les valeurs sportives, la pratique du sport, sont souvent créateurs de lien, de rapprochement entre les communautés. Et si la violence peut surgir dans les stades et au-dehors, par exemple dans le cas du hooliganisme, on en a parlé hier – le plus souvent le sport est considéré à l’aune de sa vocation pacificatrice.
Nous allons donc nous intéresser aujourd’hui à plusieurs grands cas de réconciliation par le sport :
Tout d’abord direction le Rwanda, où le football a joué un rôle énorme : les matchs organisés à la suite du génocide, la constitution-même d’une équipe nationale pluriethnique ont été interprétés comme autant de symboles de cohésion, de paix, incitant la population à reprendre sa vie normale. Ce « retour au banal du quotidien » n’est bien sûr pas si évident que cela, et certaines violences toujours latentes dans la société se retrouvent assez logiquement dans les rencontres sportives au Rwanda. Pour mieux comprendre ce lien entre sport et projet de pacification, et au fond, évoquer l’histoire compliquée et tumultueuse du football au Rwanda nous recevons en première partie d’émission un journaliste, François-Xavier Destors, pour son article dans la revue Desports.
Nous donnons ensuite la parole à une promotrice de grands projets de paix par le sport, Ana-Luz Thirifays pour l’organisation Peace&Sport, ce sera l’occasion de parler de ce que fait cette organisation notamment en Colombie et dans plusieurs pays d’Amérique latine : quels projets sont menés concrètement ? Avec quels résultats ?
En deuxième partie d’émission nous recevons la journaliste Elisa Mignot pour un papier publié dans la revue Desports, sur les évolutions de Sarajevo ces trente dernières années au prisme des pratiques sportives. Sarajevo a accueilli les JO en 1984, une dizaine d’années plus tard les installations construites pour cet événement se retrouvent au cœur des affrontements, parfois même des snipers y trouvent refuge. Ces lieux se retrouvent associés à la mort dans l’inconscient collectif, mais de façon presque inattendus, ils sont repris d’assaut par les jeunes depuis quelques années. En 2017 Sarajevo accueillera les JO d’hiver de la jeunesse.
Enfin nous abordons le dossier de la diplomatie sportive, dont on parlait beaucoup dans les années 70 – c’était le temps de la diplomatie du ping-pong entre les Etats-Unis et la Chine. Un exemple a retenu notre attention : le rapprochement entre la Turquie et l’Arménie à l’occasion de matchs de football organisés en 2008 et 2009 pour les qualifications du Mondial. Quelles ont été les conséquences de ces matchs ? La diplomatie sportive est-elle efficace ? Nous en parlons avec le chercheur Jean-François Polo, depuis Istanbul.
Depuis ses origines en Angleterre le football s’affirme comme un sport populaire, enraciné dans des quartiers, des territoires, des communautés, des classes sociales bien distinctes. Au fond, lorsque l’on supporte une équipe ce n’est pas seulement un collectif de 11 joueurs que l’on défend c’est aussi une certaine conception de sa propre identité sociale. Ce sentiment d’appartenance est particulièrement visible lors des grand derbies (les matchs opposant deux clubs d’une même ville), où ces antagonismes de classes sont exacerbés: on pense à la rivalité entre la Juventus et le Torino à Turin en Italie, à Galatasaray et Fernerbahçe à Istanbul en Turquie, ou encore à Boca Juniors et River Plate à Buenos Aires en Argentine...
Les rencontres entre Boca Junior et River Plate sont tellement brulantes que l’on ne parle pas de classico mais de « superclassico », un événement qui va bien au-delà de la simple rencontre sportive (le journal The Observer l’avait classé premier dans son classement des « événements sportifs à voir avant de mourir »).
D’un côté River, le plus anciens des deux clubs (créé en 1901), mais qui, après avoir déménagé dans le quartier plus huppé de Nuñez s’est accolé l’image d’un club bourgeois (le club de millionnaires, de « millionarios »). C’est le deuxième club le plus populaire d’argentine derrière Boca Junior (créé en 1905), les « Xeneize », qui a toujours conservé son ancrage dans son quartier d’origine et qui se veut le club des classes populaires.
Les exemples sont légions, nous en parlerons tout au long de cette matinée, et nous nous demanderons surtout, au-delà de ces grands affrontements qui ont fait l’histoire du football, ce qui se joue dans ces questions d’appartenance ?
Comment comprendre, aujourd’hui, les rivalités entre les clubs de football? Selon quelles logiques – sociales, identitaire, géographiques - se construisent les rapports des supporters à leur Club de cœur? Comment la professionnalisation, l’enrichissement ou encore le rachat de clubs par des acteurs extérieurs modifient-ils ces logiques? Comment lire les évolutions sociales et sociétales par le prisme du football?
Poser cette question du lien social dans le football, de la guerre sociale dans ce sport, oblige également à s’interroger sur les origines et l’actualité du phénomène du hooliganisme: cette violence est-elle inévitable? Comment l’Angleterre, l’Allemagne, les grands pays d’Europe confrontés à ce fléau, s’y sont-ils pris pour tenter de l’éradiquer? Quelles incidences sur la fréquentation des stades, et donc, sur le demandons à Nicolas Hourcade, sociologue et spécialiste du hooliganisme.
Direction encore Sao Paulo au Brésil, où l’ancien international Rai a lancé une fondation pour venir en aide aux enfants des quartiers déshérités : le foot peut donc aussi être un facteur d’intégration sociale, et pas seulement le cadre d’un affrontement.
A première vue, « guerre » et « sport » paraissent parfaitement opposés, définitivement irréconciliables. Le sport est synonyme de valeurs, de règles, d’éthique, de justice, d’égalité, de paix; alors que la guerre, elle, est le théâtre de toutes les violences, de la barbarie, le lieu où s’expriment l’inhumanité dans toute sa terreur. Et pourtant, à y regarder de plus près, il se pourrait que, ce qui se joue sur les champs de batailles et dans les affrontements sportifs ne soient pas si éloignés.
De nombreuses analogies permettent de rapprocher la pratique sportive et la pratique guerrière, tant au plan individuel qu’au niveau collectif. D’ailleurs les commentaires sportifs regorgent de métaphores guerrières. « A un certain niveau, le sport n'a plus rien à voir avec le fair-play. Il met en jeu la haine, la jalousie, la forfanterie, le mépris de toutes les règles et le plaisir sadique que procure le spectacle de la violence : en d'autres termes, ce n'est plus qu'une guerre sans coups de feu. » écrivait George Orwell, en décembre 1945, dans le journal britannique *Tibune * à propos de la tournée du Dynamo de Moscou en Grande-Bretagne qui permit aux joueurs soviétiques de se mesurer aux sportifs britannique.
Le sport est-il une guerre? La guerre est-elle un sport? En quoi les deux activités – guerrière et sportive – sont-elles comparables? Que partagent-elles? Et quelles sont les limites de la comparaison?
Pour répondre à ces questions, direction la Jordanie où, l’année dernière, s’est tenue la « Warrior competition »: des soldats d’élites du monde entier s’y étaient retrouvés (comme chaque année depuis 5 ans maintenant) pour se mesurer les uns aux autres dans un immense centre d’entrainement, le King Abdullah II Special Operations Training Center. Mais, nous regardons également du côté du cinéma américain et de la place qu'y tiennent l'entraînement sportif des militaires depuis la fin de la guerre du Vietnam.
Le mois dernier cinquante-deux sportifs ou anciens sportifs, qui pour certains participent aux Jeux Olympiques de Sotchi commencés vendredi dernier, le 7 février, appelaient dans un article relayé par Le Guardian à annuler la loi interdisant toute propagande homosexuelle en Russie. Certains allaient même jusqu’à arborer des vêtements estampillés « principle 6 » du nom de l’article de la *Charte olympique * stipulant que « toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au mouvement olympique ». Les athlètes ont eu, du moins médiatiquement, un investissement politique bien conséquent depuis l’annonce des lois homophobes en Russie. Ce qu’a confirmé Barak Obama en envoyant dans sa délégation à Sotchi une ancienne sportive ouvertement homosexuelle: même si Billie Jean King a finalement renoncé à s’y rendre, elle y est remplacée par Caitlin Cahow, ancienne championne de hockey.
Cet engagement et place des sportifs nous poussent à nous interroger ce matin sur l’engagement politique des sportifs, surtout que Sotchi n’est pas le seul exemple que nous avons dans l’actualité: souvenons-nous de la visite toute récente de Dennis Rodman en Corée du Nord, ou encore du soutien affiché à Mandela sur le maillot de Drogba le lendemain de sa mort.
Depuis quand les sportifs s’engagent ainsi? Ont-ils de réelles marges de manœuvre politique? Ont-ils seulement le droit de s’exprimer sur leurs opinions politiques? Quelles sont les réelles conséquences d’un engagement public? Comment expliquer leur influence sur le champ politique?
Le cas de Sotchi met également un autre élément en avant: le transfert des préoccupations LGBT, au cœur des considérations des droits de l’homme aujourd’hui, dans le domaine sportif – qui n’était pourtant pas son champ de prédilection. Depuis quand les sportifs soutiennent les droits LGBT ? Pourquoi cette question n’a-t-elle pas du tout été abordée lors des JO de Pékin?
Nous tentons d’abord de répondre à toutes ces questions grâce à Pim Verschuuren, chercheur à l’IRIS, spécialisé sur les questions liées à l’impact du sport dans les relations internationales.
En nous déplaçant un peu plus vers l’ouest, direction l’Ukraine à la rencontre de Vitali Klitschko, cet ancien champion de boxe devenu une des figures principales de l’opposition en Ukraine et candidat aux présidentielles de 2015. Nous en parlons avec Stéphane Siohan, journaliste qui couvre depuis ses débuts, la crise ukrainienne.
Enfin, avec Anne Nivat, grand reporter, prix Albert Londres en 2000, nous nous concentrons sur le cas d’Imran Khan, principal opposant politique du pays, chef de lance de la lutte contre les drone américains.
Alors que le gouvernement Merkel III – formé en décembre 2013 - trouve peu à peu ses marques, voilà qu’il semble également faire montre d’une certaine originalité par rapport aux précédents dans un domaine un peu inattendu, celui de la politique étrangère. En effet, dimanche dernier se tenait la conférence de Munich sur la sécurité et cette réunion internationale fut l’occasion pour l’Allemagne de tenir une posture assez nouvelle.
C’est d’abord le président Joachim Gauck qui a ouvert le feu en déclarant: L'Allemagne n'est pas une île. Les conséquences de l'inaction peuvent être plus graves que celles de l'action , les allemands ne doivent «pas se cacher derrière la culpabilité passée de l'Allemagne pour fermer les yeux . Puis est ensuite montée à la tribune la ministre de la défense, Ursula von der Leyen. Elle a évoqué certaines des crises qui déchirent le monde : la guerre tragique en Syrie, la situation sinistre en Libye, la situation qui se dégrade dans certaines parties de notre continent voisin, l’Afrique… On ne peut pas rester assis à ne rien faire. Si nous avons des moyens, nous avons des capacités, nous avons l’obligation et nous avons la responsabilité de nous engager . Enfin, le ministre des affaires étrangères - Frank-Walter Steinmeier - est venu en rajouter une couche affirmant que l’Allemagne était prête à s’engager sur les questions de politique étrangère et de sécurité plus rapidement, plus décisivement, et plus fortement.
Que signifie ce changement de ton? Que nous dit-il de l’évolution de cette société allemande qui, fortement marquée par l’histoire de la première partie du 20ème siècle, nous avait plutôt habitués à un certain attentisme en matière de politique étrangère, à une véritable « culture de la retenue »?
Quelles seront les évolutions réelles en la matière? Comment cela se traduira-t-il sur le terrain?
Jusqu’où l’Allemagne est-elle décidée à s’engager? Sur quels critères se construiraient son nouvel interventionnisme? Quelles pourraient en être les conséquences sur les équilibres régionaux et mondiaux?
Dernière émission dans cette série sur la propriété intellectuelle consacrée aux semences agricoles. Si pendant des siècles, la sélection et la production des semences étaient le travail du paysan lui-même; on est aujourd’hui bien loin de ce modèle de production, l’innovation agricole étant depuis plus d’un siècle entre les mains des professionnels semenciers. En effet, utilisant les lois sur la propriété intellectuelle, les grandes compagnies semencières ont pris le contrôle des ressources mondiales maximisant leurs profits et réduisant ceux des agriculteurs.Aujourd’hui, le top dix des plus importantes compagnies de semences dans le monde (parmi lesquelles la 1ere , américaine, Monsanto , la Suisse Syngenta , le français Limagrain , l’allemand Bayer Crop Science ou encore le japonais Sakata ) se partagent près de 70% du marché des semences.
Aujourd’hui, pour garder l’exclusivité de leurs innovations, deux possibilités : le brevetage (comme dans certains pays comme le Canada dont nous parlerons ce matin), ou le Certificat d’Obtention Végétale (COV) pour lequel a opté l’Europe – en tout cas jusque là.
Comment le droit à la propriété intellectuelle s’est-il imposé dans le domaine des semences? Quelles formes prend-il? En quoi peut-il constituer un danger pour la diversité des végétaux? A qui profite-t-il vraiment? Dans quel sens faudrait-il le faire évoluer? Comment échapper à ces logiques d’accaparement du vivant par des multinationales (au service d’intérêts financiers privés) afin de mieux défendre l’intérêt commun?
Nous tentons ce matin d’éclairer ces questions avec un historien, spécialiste de l’histoire de la propriété intellectuelle sur le végétal : Frédéric Thomas.
Nous retrouvons ensuite Birgit Müller, pour évoquer le cas du Canada, afin de voir les conséquences concrètes du brevetage des espèces végétales.
Puis direction la Colombie avec Victoria Solano, réalisatrice du documentaire « 9.70 ».
Troisième volet de notre série sur la propriété intellectuelle dans CultureMonde , nous abordons aujourd’hui la question des brevets dans l’industrie pharmaceutique. C’est donc le dossier des médicaments génériques qui va nous occuper pendant la plus grande partie de cette émission, ces médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public, et qui peuvent donc être produits, diffusés à grande échelle pour des coûts très inférieurs à leur prix d’origine. Pour les grands pays du Sud ces génériques sont donc un enjeu majeur de santé publique. C’est la raison pour laquelle certains d’entre eux, notamment l’Inde et le Brésil dont on va beaucoup parler aujourd’hui – ont mené des politiques ambitieuses en matière de propriété intellectuelle, pour limiter le brevetage abusif et favoriser les campagnes de distribution de médicaments dans la population.
Un cas, dans l’actualité récente, illustre assez bien les enjeux pour les acteurs en présence sur ce dossier : le conflit qui a opposé jusqu’à l’année dernière l’Etat indien et les laboratoires pharmaceutiques occidentaux, dont le suisse Novartis. Ce dernier avait déposé une demande de brevet pour le Glivec, un traitement anti-leucémie dont une version générique est largement diffusée en Inde. La justice de ce pays a débouté le laboratoire suisse le 1er avril dernier. Quelles seront les conséquences de ce jugement ? D’autres cas de ce type sont-ils possibles dans d’autres pays ? Et d’ailleurs, que peuvent les juridictions nationales face aux grandes campagnes de lobbying orchestrées par les laboratoires pharmaceutiques – et les Etats qui les soutiennent ? Nous parlons de ces questions avec un sociologue, spécialiste de ces questions de médicaments et d’accès aux soins, Maurice Cassier.
Direction aussi ce matin l'Afrique du sud où un scandale énorme – le Pharmagate – défraie la chronique ces dernières semaines. En cause une disposition législative envisagée par l’Etat sud-africain pour limiter le brevetage abusif, là encore. Les grands groupes pharmaceutiques se mobiliseraient et orchestreraient une violente campagne de lobbying, selon des documents rendu publics. Nous en parlons avec un chef d’équipe de MSF, Gilles Vancutsen.
Enfin nous nous rendons… au Pérou avec Silvia Solis, où le brevetage du patrimoine biologique des communautés autochtones par des firmes pharmaceutiques occidentales est un énorme scandale. Le gouvernement Péruvien réagit énergiquement depuis une dizaine d’années. Pour quels résultats?
CulturesMonde se penche aujourd’hui sur la véritable guerre de tranchées qui fait rage entre les géants mondiaux de la téléphonie et des nouvelles technologies : Samsung, Apple, Google, Huawei, etc.
Et pour ce faire nous ne parlons pas de « parts de marché » ou de « stratégie de lancement » mais d’un autre type d’affrontement, autour de la propriété intellectuelle. Depuis quelques années les tribunaux du monde entier sont effet assaillis de plaintes émanant des géants du secteur de la téléphonie, contre leurs concurrents. Dans la quasi-totalité des cas ces procédures concernent des cas de violation de brevet. Un chiffre, dans l’actualité de ces derniers mois, donne la mesure de l’enjeu financier : 930 millions de dollars. C’est le montant que le groupe Samsung a été condamné à payer à Apple en novembre dernier pour violation de brevet une somme qui s’élevait à l’origine à plus d’un milliard de dollars et qui a été revue à la baisse par la justice...
La propriété intellectuelle dans les télécoms et les nouvelles technologies est hautement lucratif, et les acteurs du secteur semblent l’avoir bien compris. Aux Etats-Unis d’innombrables firmes apparaissent, non pour développer des nouveaux produits mais pour racheter des brevets et en tirer un profit maximum en menaçant les groupes concurrents de procédure pour violation de propriété intellectuelle. Lorsqu’on sait que n’importe quel smartphone aujourd’hui est à lui seul un condensé technologique représentant plusieurs milliers de brevets, on prend peut-être un petit peu mieux la mesure de l’enjeu. Une évolution tout de même : ces « patent trolls » (chasseurs de brevets) sont dans le collimateur de l’administration Obama qui est en ce moment même en train de faire voter une loi pour tenter de limiter leur pouvoir de nuisance. Va-t-on vers une révolution complète du secteur et un aplanissement de ces conflits ? Comment ces conflits sont-ils gérés, d’ailleurs, au-delà des Etats-Unis, de l’Europe à la Chine ? Pour mieux comprendre ces batailles autour du droit de propriété intellectuelle, nous recevons ce matin un avocat spécialiste de ces questions, Cyrille Amar.
Nous donnons aussi la parole à un historien, spécialiste de l’innovation technologique et des télécoms en particulier, Pascal Griset. Comment s’est-il imposé historiquement ? Comment le comprendre à l’aune d’une autre logique – la normalisation – qui s’est imposée dans le secteur des télécommunications? Questions auxquelles il nous aide à répondre.
Direction aussi la Chine ce matin avec Stéphane Grumbach, où le secteur des nouvelles technologies voit émerger en ce moment même de nouveaux systèmes d’exploitation pour les téléphones, tablettes, ordinateurs. En quoi ces nouveaux « terrains » sont-ils pertinents pour comprendre les évolutions à venir dans le champ de la propriété intellectuelle?
Derrière la propriété intellectuelle se sont des rapports de force mondiaux qui s’expriment. D’un côté des pays riche à l’industrie culturelle puissante et dont il faut préserver le soft power. Ceux-ci tendent systématiquement à renforcer la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon, notamment dans les accords commerciaux majeurs. De l’autre, les pays en développement, où les problématiques d’accès à la connaissance poussent à des positions d’ouverture du droit : open source, peer-to-peer (échange horizontal de pair à pair), notion de bien commun…
Va-t-on vers une polarisation croissante de ces conceptions de la propriété intellectuelle ? Assiste-t-on à deux nouveaux blocs : celui de l’extension de la propriété et celui du partage des savoirs ? Comment l’évolution de la propriété intellectuelle illustre des rapports de domination ou d’émancipation ?
Table ronde présentée par Christophe Payet
Les Jeux olympiques d’hiver s’ouvrent dans une semaine très exactement, dans la station balnéaire russe.
La compétition aura lieu du 7 au 23 février, et l'on peut craindre que tous les regards soient tournés vers Sotchi pour des raisons autres que sportives.
Hier le Comité national anti-terroriste de Russie a fait savoir qu'ils avaient identifié les auteurs des deux attentats qui ont eu lieu à Volgograd les 29 et 30 décembre. Deux complices présumés ont également été arrêtés au Daguestan, cette République du Nord-Caucase, l'un des fiefs de la rébellion islamiste.
Les kamikazes semblent avoir mis en œuvre l'appel de Dokou Oumarov, le leader tchétchène de la rébellion, celui que l'on appelle l'émir du Caucase. Celui qui en juillet dernier avait demandé à ses partisans « d'empêcher par tous les moyens » le déroulement des Jeux Olympiques.
**L'enjeux est de taille pour le président russe qui s'est investi très personnellement dans ces Jeux. **
**Vladimir Poutine pourra-t-il assurer la sécurité au cours de ces jeux? Et les jeux de Sotchi ne risquent-ils pas de tout simplement renforcer l'instabilité d'un Caucase sous tension? **
Pour conclure cette semaine sur le temps et les calendriers quoi de plus logique que de nous intéresser aux calendriers de la peur : du millénarisme chrétien aux malentendus autour du calendrier maya et la supposée apocalypse du 21 décembre 2012… à laquelle nous avons semble-t-il survécu (mais dans quel état ?) : comment comprendre cette tendance, dans de nombreuses cultures, à annoncer, prévoir, la fin des temps? Que nous dit cette obsession pour l’apocalypse qui semble universelle? Nous allons justement questionner cette universalité apparente tout au long de cette matinée, essayer d’en remonter le fil, d’en comprendre les origines, et d’en saisir les enjeux.
La culture occidentale semble préoccupée par sa fin… dès ses origines. Dans la bible chrétienne, deux textes fondateurs mentionnent explicitement une grande catastrophe, l’une passée – le déluge dans la Genèse – l’autre étant à venir – dans l’apocalypse de saint Jean. La fin des temps surviendra lorsque le Christ reviendra sur terre, précédé par un certain nombre de signes : guerres, destructions, etc. La vision occidentale du temps est donc très marquée par cette eschatologie – ce discours sur la fin des temps, qui peut d’ailleurs être compris dans un sens dramatique, ou plus positif : le temps final n’est-il pas aussi celui de la Révélation?
Comment ne pas voir le lien entre cette conception du temps et de la fin du monde, et une lecture catastrophiste qui a été faite il y a un peu plus d’un an au moment du 21 décembre 2012, date supposée de l’apocalypse pour les mayas ? Cette date correspondait en fait à un changement de cycle dans le temps très long tel que se le représentait cette civilisation mésoaméricaine avant sa conquête par l’Espagne. Pour comprendre le malentendu autour de 2012, qui a eu des répercussions dans le monde entier, nous interrogerons Danièle Dehouve, historienne, spécialiste des nombres et des chiffres chez les anciens Mexicains.
Nous nous demanderons aussi qui, aujourd’hui, croit encore à une fin des Temps pour « demain » : qui sont les nouveaux tenants de l’eschatologie chrétienne, et surtout quel est leur projet ?
Ce vendredi sera célébré le nouvel an chinois : pour plus de 20% des habitants de la planète, ce jour et ce week-end seront donc sous les signes des festivités pour accueillir l’année du cheval.
Si pour nous cette fête est largement rentrée dans les festivités mondiales, presque au même titre que noël en Occident, ou la fêtes des morts en Amérique centrale, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, le nouvel an chinois, au même titre que d’autres fêtes traditionnelles comme la fête de la mi-automne ou encore la fête des morts, n’est autorisé en Chine que depuis les années 2000. Mao les avait interdites en 1949, mais elles étaient depuis longtemps déjà considérées comme archaïques, voir barbares, au même titres que d’autres rites chinois comme le bandage des pieds ou autres.
Comment expliquer qu’elles soient revenues dans le calendrier officielle en suivant le mouvement de l’ouverture? Quelle place tient le calendrier dans la construction patriotique chinoise? Quels enjeux ces fêtes traditionnelles ont-elles pour le gouvernement chinois?
Pour répondre à ces questions nous recevons d’abord Jean-Louis Rocca, co-auteur notamment de l’article « Une tortueuse trajectoire : patriotisme et fêtes traditionnelles dans la Chine des réformes », publié aux Presses de Sciences Po en janvier 2013.
Nous nous déplaçons ensuite avec Isabelle Lausent-Herrera du côté de l’Amérique du Sud, pour étudier la dimension locale au sein des communautés chinoises du Pérou et de Cuba, de ce soft-power chinois. Comment le gouvernement chinois se sert-il de ce calendrier traditionnel pour renouer avec les communautés isolées de sa diaspora? Quelle place tient le nouvel an chinois dans la vie culturelle des chinois de la diaspora en Amérique du Sud?
Enfin, pour donner une dimension plus ‘culturelle’ et moins politique à ce nouvel an, nous recevons par téléphone Catherine Capdeville pour nous parler du théâtre Nuo.
« Islam, le temps du rituel en débat » , deuxième volet de notre série sur le temps et les calendriers.
Dans le monde musulman le calendrier est basé sur les cycles de la lune c’est la principale différence avec notre calendrier julien-grégorien qui a une base solaire, et c’est la raison pour laquelle une année, dans le calendrier musulman, dure 354 ou 355 jours.
Avec une origine fixée au moment de l’Hégire (le départ du prophète et de ses compagnons de la Mecque vers Médine), ce calendrier organise l’année des croyants, et fixe les grandes fêtes de la vie religieuse, piliers de la vie communautaire. Chaque mois débute au moment d’un nouveau cycle de la lune, ce nouveau cycle devant être observé par les croyants à l’œil nu, en vertu d’un hadith célèbre – une parole prêtée au prophète.
En conséquence tous les ans, le début du mois sacré du Ramadan doit être fixé par des autorités religieuses reconnues et habilitées. Or le monde musulman est vaste, et de l’Indonésie au Maroc (sans parler des communautés musulmanes d’Amérique ou d’Europe), les conditions d’observation d’un même cycle lunaire peuvent changer, provoquant parfois des décalages dans le début du mois de jeûne rituel. Ce moment étant particulièrement important pour les croyants, chaque année connaît son lot de controverses, de discussions, autour de l’observation du nouveau croissant de lune.
Nous allons donc parler tout au long de cette émission de ces discussions, parfois de ces controverses, qui ont des conséquences très concrètes pour tous les musulmans de la planète. Nous parlerons de ces questions avec Hocine Benkheira, directeur d’études (sciences religieuses) au Groupe Société Religion Laïcité du CNRS.
Nous aurons également avec nous, depuis Rabat au Maroc, l’astronome Jamal Abderrazik, vice-président de l’association marocaine d’astronomie, qui travaille sur un projet de calendrier musulman unifié.
Mais il nous serait impossible de consacrer une émission au « temps dans le monde musulman » sans rappeler que les musulmans vivent selon plusieurs temporalités. A l’époque de l’Empire Ottoman déjà deux types de calendriers cohabitaient – un calendrier religieux et un calendrier à base solaire pour les besoins de l’administration, d’organisation de l’agriculture… Avec la colonisation ce « dualisme calendaire » s’est renforcé. Dans le dernier temps de cette émission nous nous interrogerons donc sur le rapport au temps tel qu’il est vécu d’une façon générale dans le monde musulman avec Sylvia Chiffoleau chercheuse à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).
Il existe une immense diversité de calendriers et de façons de calculer le temps qui passe : avec la lune, le soleil, les deux… Aucun n’est exact, et il faut toujours des ajustements dans le nombre de mois, de jours choisis. Le calendrier grégorien, calendrier solaire, n’est qu’une légère adaptation du calendrier julien qui date de l’époque de Jules César : 12 mois de 30 ou 31 jours, des années bissextiles, des semaines de 7 jours. Il s’est imposé comme la mesure du temps universel, de par la domination scientifique de l’Occident mais aussi pour des impératifs commerciaux. Pourtant, il a toujours fait l’objet de critiques et de tentatives de réforme. Pour beaucoup, le calendrier grégorien est lié à l’histoire du christianisme et loin d’être le mode de calcul le plus pratique. De l’Inde au judaïsme, des dizaines d’autres calendriers lui ont survécu et continuent de structurer la vie de communautés dans le monde. Construire un calendrier, c'est croiser problèmes mathématiques et aspects culturels.Pourquoi le calendrier grégorien reste-t-il malgré tout, au fil des siècles, le « temps-monde » ?
Hier, le journal Le monde révélait (en même temps que 30 autres grands quotidiens internationaux) les liens secrets des familles des dirigeants chinois avec les paradis fiscaux. Des preuves concrètes sont donc désormais sur la table prouvant comment les proches des responsables chinois s’y sont pris pour s’enrichir en utilisant des comptes offshore. Ces révélations remettent sur le devant de la scène le problème endémique de la corruption qui gangrène les sphères du pouvoir. A son arrivée au pouvoir, Xi Jinping avait souligné la nécessité de lutter contre la corruption, sous peine de voir le pays et le Parti s'effondrer: "Si le problème de la corruption s'aggrave, cela mènera à la ruine du Parti et du pays!", avait-il lancé lors d'un discours devant les 25 membres du Bureau Politique du PCC.
"Nous devons avoir la détermination de lutter contre tout phénomène de corruption, de punir chaque responsable corrompu et d'éradiquer les conditions engendrant la corruption afin de remporter la confiance du peuple au travers de résultats concrets" avait déclaré Xi Jinping.
Faut-il croire le pouvoir dans sa bataille contre la corruption? Est-elle sincère, crédible? Relève-t-elle d’un réel désir de nettoyage ou d’une logique de purges politiques devenues classique à Pékin? De quelle marge de manœuvre dispose-t-il? Car, si lutter contre la corruption est nécessaire, une guerre trop âpre pourrait tout aussi conduire à l’implosion du Parti.
En parallèle aux divulgations sur la corruption des « princes rouges », dans le même temps, mercredi dernier, s’ouvrait à Pékin un procès contre Xu Zhiyong, un militant anticorruption. Il est accusé d’avoir écrit un article intitulé « La chine a besoin d’un Mouvement des nouveaux citoyens » et demandé la publication des patrimoines des dirigeants chinois. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères a eu beau expliquer qu’il s’agissait d’un procès « ordinaire », l’atmosphère aux alentours du tribunal (où des dizaines de policiers empêchaient les journalistes étrangers d’approcher) semble indiquer que le pouvoir s’inquiète à l’idée que d’autres que lui-même mette son nez dans la lutte anticorruption.
La pratique du troc est très ancienne. Elle était, nous disent les historiens, le principal mode d’échange dans l’Egypte des pharaons ou chez les peuples amérindiens. De nos jours, face à la pénurie, la pauvreté et le chômage; certains n’ont eu d’autre choix que se détourner du système d’échange monétaire classique pour opter pour la pratique du troc mais aussi celle du don.
Comment s’organisent ces pratiques? Qui concernent-elles? Quels avantages et quels inconvénients présentent-elles? Comment comprendre ce renouveau des pratiques d’échanges ancestraux? La crise économique mondiale est-elle suffisante pour expliquer ce retour de l’économie démonétisée? Et que peuvent apporter le troc et le don à notre économie? Doivent-ils – et peuvent-ils vraiment – constituer une partie complémentaire de l’économie mondialisée contemporaine?
Pour en parler avec nous ce matin, Jean-Michel Cornu , auteur de *Tirer bénéfice du don : pour soi, pour la société, pour l’économie * (FYP Editions, 2013).
Ensuite, direction l’Espagne avec Sergi Alonso, président de l’Association pour le Développement des Banques de Temps. Et enfin, en Grèce avec Yannis Youlountas, réalisateur du documentaire « Ne vivons plus comme des esclaves » sur la résistance aux politiques d’austérité en Grèce.
Pour aller plus loin….
..participer à l'aventure, le groupe innovation monétaire va reprendre ses travaux d'ici quelques semaines pour tester ces idées. Si vous êtes intéressés et en particulier pour les groupes et les collectifs qui voudraient essayer avec l'appui du groupe, nous proposons aux auditeurs de Culture Monde de se lancer avec dans cette aventure en envoyant un mail à innovationmonetaire@gmail.com.
Les faux-monnayeurs , troisième volet de notre série sur les monnaies dans CulturesMonde. La fausse monnaie est sans doute aussi ancienne que la monnaie elle-même. Le dernier siècle a donné son lot d’experts ès fausse monnaie, souvent des virtuoses de la copie des billets de banque, chez nous en France on pense en particulier au virtuose Ceslaw Bojarski.
Depuis la mise en place de l’Euro la monnaie serait devenue, nous dit-on, infalsifiable. La BCE vante régulièrement les mérites de ses billets aux innombrables signes de sécurité, censés les protéger de toute copie malveillante. Mais les faussaires sont loin d’avoir déclaré forfait, et de fait les faux euros, de bonne ou de moins bonne qualité, circulent largement en Europe. On peut se demander quels sont les réseaux qui sont à la manœuvre derrière ces trafics: s’agit-il plutôt de petits faussaires virtuoses, comme de par le passé, ou plutôt d’organisations criminelles structurées, de mafias. Nous en parlons au cours de cette émission, notamment avec un commissaire de police, Fabien Lang, chef de l’office central pour la répression du faux monnayage : quels sont les moyens d’action des polices européennes contre les trafics organisés. Au fond, la création de l’Euro n’a-elle pas démultiplié les problèmes pour les chasseurs de faux billets?
Nous voyons aussi dans cette émission que bien souvent les réseaux les plus puissants et les mieux organisés sont… au cœur de certains Etats, des Etats qui ont accès à toute la technologie nécessaire pour fabriquer en masse des billets plus vrais que nature. La falsification de la monnaie devient alors une véritable arme de guerre, de guerre économique. On en parle avec Pierre Rigoulot , un expert de la Corée du Nord, le régime de Pyongyang étant fortement suspecté d’être derrière plusieurs grands cas de falsification massive du dollar américain.
On l’aura compris, évoquer ces questions oblige à s’interroger sur la falsification de la monnaie au-delà de notre continent et de sa monnaie unique: du dollar au dinar, quels sont les grands cas de contrefaçons de monnaie dans le monde? Et au fond, peut-il exister une monnaie qui serait complètement infalsifiable? Les populations ont-elles la compétence, le savoir-faire pour détecter les faux billets?
Autant de questions que nous évoquons avec un numismate, un spécialiste de la monnaie, Michel Prieur.
L’identité nationale en filigrane, deuxième volet de notre série sur les monnaies dans CulturesMonde . Si nous abordons une notion aussi complexe, aussi sensible que « l’identité nationale » c’est que cette question de l’identité est bien souvent au cœur des préoccupations des Etats chargés de battre la monnaie.
Nul besoin d’évoquer la relation « affective » qui peut lier un peuple à sa monnaie, considérée en tant que symbole… Ce dont il est question ici c’est bien du lien entre la monnaie et la façon de se représenter le rapport à l’institution politique, aux règles qui définissent la vie en société. Dès les origines de la monnaie cette question est posée puisque la valeur d’une pièce ou d’un billet ne repose que sur la confiance, le respect, ou la crainte qu’elle inspire aux populations.
Pour comprendre ces enjeux nous mettons le cap sur la Chine aujourd’hui, pour une émission en grande partie consacrée au *yuan, * ou renminbi – la monnaie du peuple, le nom officiel de la devise chinoise. Elle est lancée en 1949 après la victoire du camp communiste sur le camp nationaliste. A l’époque le statut de cette monnaie est ambigu puisqu’elle doit être la dernière des devises, avant l’avènement d’une société sans argent. Les politiques monétaires du yuan accompagnent les mutations politiques et sociales de la Chine au cours des dernières décennies, d’une économie fermée à une économie qui intègre les lois du marché et les investissements étrangers. Aujourd’hui deux grands dossiers sont au cœur des débats : celui de la convertibilité du yuan , et celui de sa valeur, puisque cette dernière est décidée par la Banque populaire de Chine. Avec à terme, cette troisième question : le yuan sera-t-il dans quelques années une grande monnaie de réserve internationale au même titre que le dollar américain?
Pour comprendre ces enjeux sur le temps long, depuis l’apparition de la monnaie dans l’Empire du Milieu jusqu’à notre époque nous recevons un ancien banquier, professeur à l’université Paris I et spécialiste de la Chine, Dominique de Rambures.
Nous partons aussi du côté de Cuba et de l’Amérique latine dans cette émission, avec l’économiste Carlos Quenan. Sur l’île, dirigée elle aussi par un régime en principe communiste, le rapport à la monnaie est éclairant pour comprendre le rapport à l’identité nationale. Depuis 1994 deux types de pesos cohabitent : le peso classique, et le peso convertible, à parité avec le dollar. Cette mesure a été prise par le régime pour éviter la dollarisation du pays après la chute du bloc soviétique. Mais 20 ans après, le pays s’engage dans un processus de réunification des deux monnaies…
Nous nous rendons également en Afrique de l’ouest, au Sénégal, où l’économiste Demba Moussa-Dembele nous renseigner des controverses entourant le fonctionnement du franc CFA. Ici pas de monnaies nationales, pas de politique monétaire autonome non plus puisque la valeur du CFA est assise sur celle du franc français – aujourd’hui, l’Euro. Ce franc CFA n’est-il pas un reliquat de l’ère coloniale pour les pays de la région ?
La principale monnaie complémentaire aujourd’hui est virtuelle: le bitcoin. Mondialisée et dématérialisée, cette monnaie n’a aucune instance de régulation politique; ce qui ne plait pas vraiment ni aux banques centrales, ni aux institutions politiques.
Ce mercredi 15 janvier, la Commission des finances du Sénat français a par exemple effectué une audition "sur les enjeux liés au développement des monnaies virtuelles de type Bitcoin" en présence de plusieurs représentants d'organismes directement concernés: banquiers, économistes, services luttant contre les circuits financiers clandestins. Car cette absence de contrôle fait craindre de nombreux effets pervers au développement de cette monnaie (financement du banditisme, escroquerie, bulle spéculative…).
Mais à côté, se développent d’autres monnaies complémentaires locales, qui contrairement au bitcoin, visent à re-territorialiser l’économie. C’est une forme de réappropriation citoyenne du système monétaire, mais aussi tout simplement une démarche de développement durable pour redonner un sens et une proximité aux échanges marchands. C’est le cas de la livre bristolienne (« Bristol pound ») lancée à Bristol en Angleterre en septembre 2012, avec le soutien de la mairie et du Bristol Credit Union.
Les monnaies complémentaires peuvent même aller plus loin dans l’action de développement social. Au Brésil, une communauté des favelas à Fortaleza, a créé en 1998 sa propre banque, la banque Palmas, et sa propre monnaie en 2002, le Palmas. C’est tout un système intégré et auto-géré qui est mis en place, avec du micro-crédit local, tout spécialement pensé pour les communautés pauvres.
Qu’elles soient virtuelles ou réelles, les monnaies complémentaires sont des monnaies qui circulent en parallèle des monnaies officielles, sur la base du volontariat de leurs utilisateurs. Leur succès aujourd’hui (plus de 5000 dans le monde) montre – peut-être - la défiance croissante envers le système financier et monétaire.
Dans quelle mesure les monnaies complémentaires peuvent-elles constituer une alternative au système financier? Quelles en sont les limites? Quels types de gouvernance et de rapports économiques et sociaux proposent-elles? Faut-il avoir confiance en ces monnaies alternatives?
**En complément retrouvez la chronique "#POLITIQUE, c itoyens connectés" de Christophe Payet sur France Culture Plus sur les monnaies virtuelles et alternatives. **
Fallouja. En 2004, la capitale du « triangle de la mort » sunnite (située à une cinquantaine de km à l’ouest de Bagdad) avait causé de graves dommages aux troupes américaines qui avaient fini par y pénétrer, par s’y camoufler dans leur base, transformant alors la cité en ville fantôme où seule l’insécurité régnait.
Aujourd’hui, ce n’est plus l’armée américaine qui cherche à contrôler la ville, mais le pouvoir central de Bagdad.
En effet, ces derniers jours Fallouja a été le théâtre de violents affrontements, la ville est contrôlée par des hommes armés, notamment les membres de l’Etat islamique en Irak et au Levant (affilié à Al Qaida) mais aussi des tribus hostiles au gouvernement chiite.
Dix ans après les terribles combats qui avaient couté si cher à l’armée américaine ainsi qu’aux populations locales est-elle entrain de se répéter?
L’intensité des combats autour de la ville semble s’être réduite depuis le pic de violence du début du mois de janvier mais elle n’a pas disparue puisque mercredi, des attaques à la voiture piégée faisaient soixante-treize morts dans la capitale irakienne.
A quelques semaines des élections législatives (avril prochain), comment le Premier Ministre Nouri al-Maliki va-t-il gérer la situation? Va-t-il tenter de reprendre par la force la ville de Fallouja? Ne risque-t-il pas d'aggraver les tensions entre la minorité sunnite et le gouvernement? Qui contrôle vraiment aujourd’hui cette cité d’insoumis?
Pour évoquer la situation à Falluja, et plus largement les enjeux actuels dans cet Irak qui traverse une période de crise où la violence semble s’étendre de jours en jours.
