Ils ont la trentaine, ils sont donc "too much too young" pour avoir ressenti en direct les vibrations du revival ska au tournant des annees 70 et 80, lorsque The Specials, The Selecter, Madness et autre The Beat dansaient sur les fils electriques d'une Angleterre socialement en surtension et envoyaient dans les charts des missiles cuivres qui atteignirent toute l'Europe. Bien trop jeunes, cela va sans dire, pour avoir vecu les secousses d'origine de ces musiques jamaicaines nourricieres, celles du ska des annees 60 et de ses mutations en Blue Beat ou Rocksteady, d'ou le reggae puisa sa seve et sa fievre. Ils ne sont ni de Kingston ni de Brixton mais de Montreuil, "Paris suburbs", avec pour proche horizon les Mercuriales, ces tours-jumelles dont ils ont anglicise le nom pour jouer sur cette double appartenance, coeur frenchy mais ame british, avec supplement caribeen. En temoignent leurs allures de rude-boys (and girl) en costumes/cravates, leur maitrise parfaite du vocabulaire et de la science du studio des pionniers d'hier et d'avant-hier, The Mercurials portent haut et fier ce flambeau et ils ont un message pour vous : cette musique est vivante, vibrante, vivifiante comme aux premiers jours. "Enjoy yourself" chantaient les Specials en 1980. 45 ans plus tard, l'invitation est toujours valable, et o combien rejouissante.