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Troisième volet de notre série sur la propriété intellectuelle dans CultureMonde , nous abordons aujourd’hui la question des brevets dans l’industrie pharmaceutique. C’est donc le dossier des médicaments génériques qui va nous occuper pendant la plus grande partie de cette émission, ces médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public, et qui peuvent donc être produits, diffusés à grande échelle pour des coûts très inférieurs à leur prix d’origine. Pour les grands pays du Sud ces génériques sont donc un enjeu majeur de santé publique. C’est la raison pour laquelle certains d’entre eux, notamment l’Inde et le Brésil dont on va beaucoup parler aujourd’hui – ont mené des politiques ambitieuses en matière de propriété intellectuelle, pour limiter le brevetage abusif et favoriser les campagnes de distribution de médicaments dans la population.
Un cas, dans l’actualité récente, illustre assez bien les enjeux pour les acteurs en présence sur ce dossier : le conflit qui a opposé jusqu’à l’année dernière l’Etat indien et les laboratoires pharmaceutiques occidentaux, dont le suisse Novartis. Ce dernier avait déposé une demande de brevet pour le Glivec, un traitement anti-leucémie dont une version générique est largement diffusée en Inde. La justice de ce pays a débouté le laboratoire suisse le 1er avril dernier. Quelles seront les conséquences de ce jugement ? D’autres cas de ce type sont-ils possibles dans d’autres pays ? Et d’ailleurs, que peuvent les juridictions nationales face aux grandes campagnes de lobbying orchestrées par les laboratoires pharmaceutiques – et les Etats qui les soutiennent ? Nous parlons de ces questions avec un sociologue, spécialiste de ces questions de médicaments et d’accès aux soins, Maurice Cassier.
Direction aussi ce matin l'Afrique du sud où un scandale énorme – le Pharmagate – défraie la chronique ces dernières semaines. En cause une disposition législative envisagée par l’Etat sud-africain pour limiter le brevetage abusif, là encore. Les grands groupes pharmaceutiques se mobiliseraient et orchestreraient une violente campagne de lobbying, selon des documents rendu publics. Nous en parlons avec un chef d’équipe de MSF, Gilles Vancutsen.
Enfin nous nous rendons… au Pérou avec Silvia Solis, où le brevetage du patrimoine biologique des communautés autochtones par des firmes pharmaceutiques occidentales est un énorme scandale. Le gouvernement Péruvien réagit énergiquement depuis une dizaine d’années. Pour quels résultats?
CulturesMonde se penche aujourd’hui sur la véritable guerre de tranchées qui fait rage entre les géants mondiaux de la téléphonie et des nouvelles technologies : Samsung, Apple, Google, Huawei, etc.
Et pour ce faire nous ne parlons pas de « parts de marché » ou de « stratégie de lancement » mais d’un autre type d’affrontement, autour de la propriété intellectuelle. Depuis quelques années les tribunaux du monde entier sont effet assaillis de plaintes émanant des géants du secteur de la téléphonie, contre leurs concurrents. Dans la quasi-totalité des cas ces procédures concernent des cas de violation de brevet. Un chiffre, dans l’actualité de ces derniers mois, donne la mesure de l’enjeu financier : 930 millions de dollars. C’est le montant que le groupe Samsung a été condamné à payer à Apple en novembre dernier pour violation de brevet une somme qui s’élevait à l’origine à plus d’un milliard de dollars et qui a été revue à la baisse par la justice...
La propriété intellectuelle dans les télécoms et les nouvelles technologies est hautement lucratif, et les acteurs du secteur semblent l’avoir bien compris. Aux Etats-Unis d’innombrables firmes apparaissent, non pour développer des nouveaux produits mais pour racheter des brevets et en tirer un profit maximum en menaçant les groupes concurrents de procédure pour violation de propriété intellectuelle. Lorsqu’on sait que n’importe quel smartphone aujourd’hui est à lui seul un condensé technologique représentant plusieurs milliers de brevets, on prend peut-être un petit peu mieux la mesure de l’enjeu. Une évolution tout de même : ces « patent trolls » (chasseurs de brevets) sont dans le collimateur de l’administration Obama qui est en ce moment même en train de faire voter une loi pour tenter de limiter leur pouvoir de nuisance. Va-t-on vers une révolution complète du secteur et un aplanissement de ces conflits ? Comment ces conflits sont-ils gérés, d’ailleurs, au-delà des Etats-Unis, de l’Europe à la Chine ? Pour mieux comprendre ces batailles autour du droit de propriété intellectuelle, nous recevons ce matin un avocat spécialiste de ces questions, Cyrille Amar.
Nous donnons aussi la parole à un historien, spécialiste de l’innovation technologique et des télécoms en particulier, Pascal Griset. Comment s’est-il imposé historiquement ? Comment le comprendre à l’aune d’une autre logique – la normalisation – qui s’est imposée dans le secteur des télécommunications? Questions auxquelles il nous aide à répondre.
Direction aussi la Chine ce matin avec Stéphane Grumbach, où le secteur des nouvelles technologies voit émerger en ce moment même de nouveaux systèmes d’exploitation pour les téléphones, tablettes, ordinateurs. En quoi ces nouveaux « terrains » sont-ils pertinents pour comprendre les évolutions à venir dans le champ de la propriété intellectuelle?
Derrière la propriété intellectuelle se sont des rapports de force mondiaux qui s’expriment. D’un côté des pays riche à l’industrie culturelle puissante et dont il faut préserver le soft power. Ceux-ci tendent systématiquement à renforcer la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon, notamment dans les accords commerciaux majeurs. De l’autre, les pays en développement, où les problématiques d’accès à la connaissance poussent à des positions d’ouverture du droit : open source, peer-to-peer (échange horizontal de pair à pair), notion de bien commun…
Va-t-on vers une polarisation croissante de ces conceptions de la propriété intellectuelle ? Assiste-t-on à deux nouveaux blocs : celui de l’extension de la propriété et celui du partage des savoirs ? Comment l’évolution de la propriété intellectuelle illustre des rapports de domination ou d’émancipation ?
Table ronde présentée par Christophe Payet
Les Jeux olympiques d’hiver s’ouvrent dans une semaine très exactement, dans la station balnéaire russe.
La compétition aura lieu du 7 au 23 février, et l'on peut craindre que tous les regards soient tournés vers Sotchi pour des raisons autres que sportives.
Hier le Comité national anti-terroriste de Russie a fait savoir qu'ils avaient identifié les auteurs des deux attentats qui ont eu lieu à Volgograd les 29 et 30 décembre. Deux complices présumés ont également été arrêtés au Daguestan, cette République du Nord-Caucase, l'un des fiefs de la rébellion islamiste.
Les kamikazes semblent avoir mis en œuvre l'appel de Dokou Oumarov, le leader tchétchène de la rébellion, celui que l'on appelle l'émir du Caucase. Celui qui en juillet dernier avait demandé à ses partisans « d'empêcher par tous les moyens » le déroulement des Jeux Olympiques.
**L'enjeux est de taille pour le président russe qui s'est investi très personnellement dans ces Jeux. **
**Vladimir Poutine pourra-t-il assurer la sécurité au cours de ces jeux? Et les jeux de Sotchi ne risquent-ils pas de tout simplement renforcer l'instabilité d'un Caucase sous tension? **
Pour conclure cette semaine sur le temps et les calendriers quoi de plus logique que de nous intéresser aux calendriers de la peur : du millénarisme chrétien aux malentendus autour du calendrier maya et la supposée apocalypse du 21 décembre 2012… à laquelle nous avons semble-t-il survécu (mais dans quel état ?) : comment comprendre cette tendance, dans de nombreuses cultures, à annoncer, prévoir, la fin des temps? Que nous dit cette obsession pour l’apocalypse qui semble universelle? Nous allons justement questionner cette universalité apparente tout au long de cette matinée, essayer d’en remonter le fil, d’en comprendre les origines, et d’en saisir les enjeux.
La culture occidentale semble préoccupée par sa fin… dès ses origines. Dans la bible chrétienne, deux textes fondateurs mentionnent explicitement une grande catastrophe, l’une passée – le déluge dans la Genèse – l’autre étant à venir – dans l’apocalypse de saint Jean. La fin des temps surviendra lorsque le Christ reviendra sur terre, précédé par un certain nombre de signes : guerres, destructions, etc. La vision occidentale du temps est donc très marquée par cette eschatologie – ce discours sur la fin des temps, qui peut d’ailleurs être compris dans un sens dramatique, ou plus positif : le temps final n’est-il pas aussi celui de la Révélation?
Comment ne pas voir le lien entre cette conception du temps et de la fin du monde, et une lecture catastrophiste qui a été faite il y a un peu plus d’un an au moment du 21 décembre 2012, date supposée de l’apocalypse pour les mayas ? Cette date correspondait en fait à un changement de cycle dans le temps très long tel que se le représentait cette civilisation mésoaméricaine avant sa conquête par l’Espagne. Pour comprendre le malentendu autour de 2012, qui a eu des répercussions dans le monde entier, nous interrogerons Danièle Dehouve, historienne, spécialiste des nombres et des chiffres chez les anciens Mexicains.
Nous nous demanderons aussi qui, aujourd’hui, croit encore à une fin des Temps pour « demain » : qui sont les nouveaux tenants de l’eschatologie chrétienne, et surtout quel est leur projet ?
Ce vendredi sera célébré le nouvel an chinois : pour plus de 20% des habitants de la planète, ce jour et ce week-end seront donc sous les signes des festivités pour accueillir l’année du cheval.
Si pour nous cette fête est largement rentrée dans les festivités mondiales, presque au même titre que noël en Occident, ou la fêtes des morts en Amérique centrale, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, le nouvel an chinois, au même titre que d’autres fêtes traditionnelles comme la fête de la mi-automne ou encore la fête des morts, n’est autorisé en Chine que depuis les années 2000. Mao les avait interdites en 1949, mais elles étaient depuis longtemps déjà considérées comme archaïques, voir barbares, au même titres que d’autres rites chinois comme le bandage des pieds ou autres.
Comment expliquer qu’elles soient revenues dans le calendrier officielle en suivant le mouvement de l’ouverture? Quelle place tient le calendrier dans la construction patriotique chinoise? Quels enjeux ces fêtes traditionnelles ont-elles pour le gouvernement chinois?
Pour répondre à ces questions nous recevons d’abord Jean-Louis Rocca, co-auteur notamment de l’article « Une tortueuse trajectoire : patriotisme et fêtes traditionnelles dans la Chine des réformes », publié aux Presses de Sciences Po en janvier 2013.
Nous nous déplaçons ensuite avec Isabelle Lausent-Herrera du côté de l’Amérique du Sud, pour étudier la dimension locale au sein des communautés chinoises du Pérou et de Cuba, de ce soft-power chinois. Comment le gouvernement chinois se sert-il de ce calendrier traditionnel pour renouer avec les communautés isolées de sa diaspora? Quelle place tient le nouvel an chinois dans la vie culturelle des chinois de la diaspora en Amérique du Sud?
Enfin, pour donner une dimension plus ‘culturelle’ et moins politique à ce nouvel an, nous recevons par téléphone Catherine Capdeville pour nous parler du théâtre Nuo.
« Islam, le temps du rituel en débat » , deuxième volet de notre série sur le temps et les calendriers.
Dans le monde musulman le calendrier est basé sur les cycles de la lune c’est la principale différence avec notre calendrier julien-grégorien qui a une base solaire, et c’est la raison pour laquelle une année, dans le calendrier musulman, dure 354 ou 355 jours.
Avec une origine fixée au moment de l’Hégire (le départ du prophète et de ses compagnons de la Mecque vers Médine), ce calendrier organise l’année des croyants, et fixe les grandes fêtes de la vie religieuse, piliers de la vie communautaire. Chaque mois débute au moment d’un nouveau cycle de la lune, ce nouveau cycle devant être observé par les croyants à l’œil nu, en vertu d’un hadith célèbre – une parole prêtée au prophète.
En conséquence tous les ans, le début du mois sacré du Ramadan doit être fixé par des autorités religieuses reconnues et habilitées. Or le monde musulman est vaste, et de l’Indonésie au Maroc (sans parler des communautés musulmanes d’Amérique ou d’Europe), les conditions d’observation d’un même cycle lunaire peuvent changer, provoquant parfois des décalages dans le début du mois de jeûne rituel. Ce moment étant particulièrement important pour les croyants, chaque année connaît son lot de controverses, de discussions, autour de l’observation du nouveau croissant de lune.
Nous allons donc parler tout au long de cette émission de ces discussions, parfois de ces controverses, qui ont des conséquences très concrètes pour tous les musulmans de la planète. Nous parlerons de ces questions avec Hocine Benkheira, directeur d’études (sciences religieuses) au Groupe Société Religion Laïcité du CNRS.
Nous aurons également avec nous, depuis Rabat au Maroc, l’astronome Jamal Abderrazik, vice-président de l’association marocaine d’astronomie, qui travaille sur un projet de calendrier musulman unifié.
Mais il nous serait impossible de consacrer une émission au « temps dans le monde musulman » sans rappeler que les musulmans vivent selon plusieurs temporalités. A l’époque de l’Empire Ottoman déjà deux types de calendriers cohabitaient – un calendrier religieux et un calendrier à base solaire pour les besoins de l’administration, d’organisation de l’agriculture… Avec la colonisation ce « dualisme calendaire » s’est renforcé. Dans le dernier temps de cette émission nous nous interrogerons donc sur le rapport au temps tel qu’il est vécu d’une façon générale dans le monde musulman avec Sylvia Chiffoleau chercheuse à l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).
Il existe une immense diversité de calendriers et de façons de calculer le temps qui passe : avec la lune, le soleil, les deux… Aucun n’est exact, et il faut toujours des ajustements dans le nombre de mois, de jours choisis. Le calendrier grégorien, calendrier solaire, n’est qu’une légère adaptation du calendrier julien qui date de l’époque de Jules César : 12 mois de 30 ou 31 jours, des années bissextiles, des semaines de 7 jours. Il s’est imposé comme la mesure du temps universel, de par la domination scientifique de l’Occident mais aussi pour des impératifs commerciaux. Pourtant, il a toujours fait l’objet de critiques et de tentatives de réforme. Pour beaucoup, le calendrier grégorien est lié à l’histoire du christianisme et loin d’être le mode de calcul le plus pratique. De l’Inde au judaïsme, des dizaines d’autres calendriers lui ont survécu et continuent de structurer la vie de communautés dans le monde. Construire un calendrier, c'est croiser problèmes mathématiques et aspects culturels.Pourquoi le calendrier grégorien reste-t-il malgré tout, au fil des siècles, le « temps-monde » ?
Hier, le journal Le monde révélait (en même temps que 30 autres grands quotidiens internationaux) les liens secrets des familles des dirigeants chinois avec les paradis fiscaux. Des preuves concrètes sont donc désormais sur la table prouvant comment les proches des responsables chinois s’y sont pris pour s’enrichir en utilisant des comptes offshore. Ces révélations remettent sur le devant de la scène le problème endémique de la corruption qui gangrène les sphères du pouvoir. A son arrivée au pouvoir, Xi Jinping avait souligné la nécessité de lutter contre la corruption, sous peine de voir le pays et le Parti s'effondrer: "Si le problème de la corruption s'aggrave, cela mènera à la ruine du Parti et du pays!", avait-il lancé lors d'un discours devant les 25 membres du Bureau Politique du PCC.
"Nous devons avoir la détermination de lutter contre tout phénomène de corruption, de punir chaque responsable corrompu et d'éradiquer les conditions engendrant la corruption afin de remporter la confiance du peuple au travers de résultats concrets" avait déclaré Xi Jinping.
Faut-il croire le pouvoir dans sa bataille contre la corruption? Est-elle sincère, crédible? Relève-t-elle d’un réel désir de nettoyage ou d’une logique de purges politiques devenues classique à Pékin? De quelle marge de manœuvre dispose-t-il? Car, si lutter contre la corruption est nécessaire, une guerre trop âpre pourrait tout aussi conduire à l’implosion du Parti.
En parallèle aux divulgations sur la corruption des « princes rouges », dans le même temps, mercredi dernier, s’ouvrait à Pékin un procès contre Xu Zhiyong, un militant anticorruption. Il est accusé d’avoir écrit un article intitulé « La chine a besoin d’un Mouvement des nouveaux citoyens » et demandé la publication des patrimoines des dirigeants chinois. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères a eu beau expliquer qu’il s’agissait d’un procès « ordinaire », l’atmosphère aux alentours du tribunal (où des dizaines de policiers empêchaient les journalistes étrangers d’approcher) semble indiquer que le pouvoir s’inquiète à l’idée que d’autres que lui-même mette son nez dans la lutte anticorruption.
La pratique du troc est très ancienne. Elle était, nous disent les historiens, le principal mode d’échange dans l’Egypte des pharaons ou chez les peuples amérindiens. De nos jours, face à la pénurie, la pauvreté et le chômage; certains n’ont eu d’autre choix que se détourner du système d’échange monétaire classique pour opter pour la pratique du troc mais aussi celle du don.
Comment s’organisent ces pratiques? Qui concernent-elles? Quels avantages et quels inconvénients présentent-elles? Comment comprendre ce renouveau des pratiques d’échanges ancestraux? La crise économique mondiale est-elle suffisante pour expliquer ce retour de l’économie démonétisée? Et que peuvent apporter le troc et le don à notre économie? Doivent-ils – et peuvent-ils vraiment – constituer une partie complémentaire de l’économie mondialisée contemporaine?
Pour en parler avec nous ce matin, Jean-Michel Cornu , auteur de *Tirer bénéfice du don : pour soi, pour la société, pour l’économie * (FYP Editions, 2013).
Ensuite, direction l’Espagne avec Sergi Alonso, président de l’Association pour le Développement des Banques de Temps. Et enfin, en Grèce avec Yannis Youlountas, réalisateur du documentaire « Ne vivons plus comme des esclaves » sur la résistance aux politiques d’austérité en Grèce.
Pour aller plus loin….
..participer à l'aventure, le groupe innovation monétaire va reprendre ses travaux d'ici quelques semaines pour tester ces idées. Si vous êtes intéressés et en particulier pour les groupes et les collectifs qui voudraient essayer avec l'appui du groupe, nous proposons aux auditeurs de Culture Monde de se lancer avec dans cette aventure en envoyant un mail à innovationmonetaire@gmail.com.
Les faux-monnayeurs , troisième volet de notre série sur les monnaies dans CulturesMonde. La fausse monnaie est sans doute aussi ancienne que la monnaie elle-même. Le dernier siècle a donné son lot d’experts ès fausse monnaie, souvent des virtuoses de la copie des billets de banque, chez nous en France on pense en particulier au virtuose Ceslaw Bojarski.
Depuis la mise en place de l’Euro la monnaie serait devenue, nous dit-on, infalsifiable. La BCE vante régulièrement les mérites de ses billets aux innombrables signes de sécurité, censés les protéger de toute copie malveillante. Mais les faussaires sont loin d’avoir déclaré forfait, et de fait les faux euros, de bonne ou de moins bonne qualité, circulent largement en Europe. On peut se demander quels sont les réseaux qui sont à la manœuvre derrière ces trafics: s’agit-il plutôt de petits faussaires virtuoses, comme de par le passé, ou plutôt d’organisations criminelles structurées, de mafias. Nous en parlons au cours de cette émission, notamment avec un commissaire de police, Fabien Lang, chef de l’office central pour la répression du faux monnayage : quels sont les moyens d’action des polices européennes contre les trafics organisés. Au fond, la création de l’Euro n’a-elle pas démultiplié les problèmes pour les chasseurs de faux billets?
Nous voyons aussi dans cette émission que bien souvent les réseaux les plus puissants et les mieux organisés sont… au cœur de certains Etats, des Etats qui ont accès à toute la technologie nécessaire pour fabriquer en masse des billets plus vrais que nature. La falsification de la monnaie devient alors une véritable arme de guerre, de guerre économique. On en parle avec Pierre Rigoulot , un expert de la Corée du Nord, le régime de Pyongyang étant fortement suspecté d’être derrière plusieurs grands cas de falsification massive du dollar américain.
On l’aura compris, évoquer ces questions oblige à s’interroger sur la falsification de la monnaie au-delà de notre continent et de sa monnaie unique: du dollar au dinar, quels sont les grands cas de contrefaçons de monnaie dans le monde? Et au fond, peut-il exister une monnaie qui serait complètement infalsifiable? Les populations ont-elles la compétence, le savoir-faire pour détecter les faux billets?
Autant de questions que nous évoquons avec un numismate, un spécialiste de la monnaie, Michel Prieur.
L’identité nationale en filigrane, deuxième volet de notre série sur les monnaies dans CulturesMonde . Si nous abordons une notion aussi complexe, aussi sensible que « l’identité nationale » c’est que cette question de l’identité est bien souvent au cœur des préoccupations des Etats chargés de battre la monnaie.
Nul besoin d’évoquer la relation « affective » qui peut lier un peuple à sa monnaie, considérée en tant que symbole… Ce dont il est question ici c’est bien du lien entre la monnaie et la façon de se représenter le rapport à l’institution politique, aux règles qui définissent la vie en société. Dès les origines de la monnaie cette question est posée puisque la valeur d’une pièce ou d’un billet ne repose que sur la confiance, le respect, ou la crainte qu’elle inspire aux populations.
Pour comprendre ces enjeux nous mettons le cap sur la Chine aujourd’hui, pour une émission en grande partie consacrée au *yuan, * ou renminbi – la monnaie du peuple, le nom officiel de la devise chinoise. Elle est lancée en 1949 après la victoire du camp communiste sur le camp nationaliste. A l’époque le statut de cette monnaie est ambigu puisqu’elle doit être la dernière des devises, avant l’avènement d’une société sans argent. Les politiques monétaires du yuan accompagnent les mutations politiques et sociales de la Chine au cours des dernières décennies, d’une économie fermée à une économie qui intègre les lois du marché et les investissements étrangers. Aujourd’hui deux grands dossiers sont au cœur des débats : celui de la convertibilité du yuan , et celui de sa valeur, puisque cette dernière est décidée par la Banque populaire de Chine. Avec à terme, cette troisième question : le yuan sera-t-il dans quelques années une grande monnaie de réserve internationale au même titre que le dollar américain?
Pour comprendre ces enjeux sur le temps long, depuis l’apparition de la monnaie dans l’Empire du Milieu jusqu’à notre époque nous recevons un ancien banquier, professeur à l’université Paris I et spécialiste de la Chine, Dominique de Rambures.
Nous partons aussi du côté de Cuba et de l’Amérique latine dans cette émission, avec l’économiste Carlos Quenan. Sur l’île, dirigée elle aussi par un régime en principe communiste, le rapport à la monnaie est éclairant pour comprendre le rapport à l’identité nationale. Depuis 1994 deux types de pesos cohabitent : le peso classique, et le peso convertible, à parité avec le dollar. Cette mesure a été prise par le régime pour éviter la dollarisation du pays après la chute du bloc soviétique. Mais 20 ans après, le pays s’engage dans un processus de réunification des deux monnaies…
Nous nous rendons également en Afrique de l’ouest, au Sénégal, où l’économiste Demba Moussa-Dembele nous renseigner des controverses entourant le fonctionnement du franc CFA. Ici pas de monnaies nationales, pas de politique monétaire autonome non plus puisque la valeur du CFA est assise sur celle du franc français – aujourd’hui, l’Euro. Ce franc CFA n’est-il pas un reliquat de l’ère coloniale pour les pays de la région ?
La principale monnaie complémentaire aujourd’hui est virtuelle: le bitcoin. Mondialisée et dématérialisée, cette monnaie n’a aucune instance de régulation politique; ce qui ne plait pas vraiment ni aux banques centrales, ni aux institutions politiques.
Ce mercredi 15 janvier, la Commission des finances du Sénat français a par exemple effectué une audition "sur les enjeux liés au développement des monnaies virtuelles de type Bitcoin" en présence de plusieurs représentants d'organismes directement concernés: banquiers, économistes, services luttant contre les circuits financiers clandestins. Car cette absence de contrôle fait craindre de nombreux effets pervers au développement de cette monnaie (financement du banditisme, escroquerie, bulle spéculative…).
Mais à côté, se développent d’autres monnaies complémentaires locales, qui contrairement au bitcoin, visent à re-territorialiser l’économie. C’est une forme de réappropriation citoyenne du système monétaire, mais aussi tout simplement une démarche de développement durable pour redonner un sens et une proximité aux échanges marchands. C’est le cas de la livre bristolienne (« Bristol pound ») lancée à Bristol en Angleterre en septembre 2012, avec le soutien de la mairie et du Bristol Credit Union.
Les monnaies complémentaires peuvent même aller plus loin dans l’action de développement social. Au Brésil, une communauté des favelas à Fortaleza, a créé en 1998 sa propre banque, la banque Palmas, et sa propre monnaie en 2002, le Palmas. C’est tout un système intégré et auto-géré qui est mis en place, avec du micro-crédit local, tout spécialement pensé pour les communautés pauvres.
Qu’elles soient virtuelles ou réelles, les monnaies complémentaires sont des monnaies qui circulent en parallèle des monnaies officielles, sur la base du volontariat de leurs utilisateurs. Leur succès aujourd’hui (plus de 5000 dans le monde) montre – peut-être - la défiance croissante envers le système financier et monétaire.
Dans quelle mesure les monnaies complémentaires peuvent-elles constituer une alternative au système financier? Quelles en sont les limites? Quels types de gouvernance et de rapports économiques et sociaux proposent-elles? Faut-il avoir confiance en ces monnaies alternatives?
**En complément retrouvez la chronique "#POLITIQUE, c itoyens connectés" de Christophe Payet sur France Culture Plus sur les monnaies virtuelles et alternatives. **
Fallouja. En 2004, la capitale du « triangle de la mort » sunnite (située à une cinquantaine de km à l’ouest de Bagdad) avait causé de graves dommages aux troupes américaines qui avaient fini par y pénétrer, par s’y camoufler dans leur base, transformant alors la cité en ville fantôme où seule l’insécurité régnait.
Aujourd’hui, ce n’est plus l’armée américaine qui cherche à contrôler la ville, mais le pouvoir central de Bagdad.
En effet, ces derniers jours Fallouja a été le théâtre de violents affrontements, la ville est contrôlée par des hommes armés, notamment les membres de l’Etat islamique en Irak et au Levant (affilié à Al Qaida) mais aussi des tribus hostiles au gouvernement chiite.
Dix ans après les terribles combats qui avaient couté si cher à l’armée américaine ainsi qu’aux populations locales est-elle entrain de se répéter?
L’intensité des combats autour de la ville semble s’être réduite depuis le pic de violence du début du mois de janvier mais elle n’a pas disparue puisque mercredi, des attaques à la voiture piégée faisaient soixante-treize morts dans la capitale irakienne.
A quelques semaines des élections législatives (avril prochain), comment le Premier Ministre Nouri al-Maliki va-t-il gérer la situation? Va-t-il tenter de reprendre par la force la ville de Fallouja? Ne risque-t-il pas d'aggraver les tensions entre la minorité sunnite et le gouvernement? Qui contrôle vraiment aujourd’hui cette cité d’insoumis?
Pour évoquer la situation à Falluja, et plus largement les enjeux actuels dans cet Irak qui traverse une période de crise où la violence semble s’étendre de jours en jours.
Le tour du monde en 80 styles, dernier volet de notre série sur l’apparence dans les sociétés du monde. C’est le style vestimentaire, ou la mode, qui va nous occuper aujourd’hui. Nous ne parlerons pas, ou peu, des défilés qui définissent les standards du chic de Milan à New York, en passant par Paris. Notre propos portera plus sur les tendances vestimentaires, et ce qu’elles disent sur la créativité d’une société, d’une jeunesse, d’un pays…
Direction le Japon pour la plus grande partie de cette émission. Les rues de Tokyo, pour tout visiteur qui a pu les parcourir, sont le théâtre d’une espèce de défilé permanent, à ciel ouvert. Les herbivore boys y côtoient les Lolita, le Mori Kei (style de la forêt) n’est jamais très éloigné du style yama girl (yama = montagne). Le sophistiqué côtoie le rustique et le do it yourself. Cette créativité est à mettre à l’actif de la jeune génération, qui expérimente toutes sortes d’accoutrements une fois passée la période de l’uniforme obligatoire mais pas seulement, il n’est pas rare de croiser des personnes plus âgées, tout aussi excentriques…
Au Japon le rapport à la mode, aux canons de la beauté, répond à des logiques peut-être moins normatives que chez nous, qui permettent cette excentricité; thématiques que nous aborderons avec Dora Moutot.
On s’intéresse aussi dans cette émission à un continent passionnant pour l’analyse des styles vestimentaires : l’Afrique, que nous allons explorer par deux tendances radicalement opposées (sur la géographie et la tendance) :
le succès du pagne traditionnel autour du Mali ce vêtement est un condensé de mondialisation à lui tout seul, fabriqué avec du tissu originaire des Pays-Bas (aujourd’hui de Chine de plus en plus) il est vendu sur les marchés de Bamako, où il acquiert une importance très particulière pour les femmes qui le portent. Le choix d’un pagne peut exprimer un message dans un couple, refléter un état d’esprit, etc. Nous en parlons avec l’anthropologue Yannick Jaffré.
l’étonnant look des hard-rockers du Botswana ! Cette « nouvelle tribu » de musiciens et d’amateurs de musique heavy metal mélange le style cow-boy et les grands classiques associés à la musique rock : blouson en cuir et santiags. Cette tendance est-elle importante ? Comment est-elle née ? Nous en parlons avec le réalisateur Raffaele Mosca, qui a tourné un film sur cette « tribu ».
Troisième émission de notre semaine sur l’apparence, autour cette semaine du maquillage et plus généralement de la transformation du visage. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le maquillage est loin d’être un phénomène superficiel. Il illustre bien souvent des normes culturelles et sociales toutes significatives, pour les femmes bien évidemment mais plus généralement dans l’ensemble de la société, et ce notamment en Chine.
En effet, si en Chine, dans le sillage de la révolution culturelle, le maquillage a longtemps été interdit car considéré comme bourgeois et contre-révolutionnaire; il a acquis aujourd’hui ses lettres de noblesses. Les lèvres brillantes, la peau de velours et les yeux étincelants des égéries des grandes marques mondiales s’affichent partout dans les centres commerciaux des grandes villes du pays.
De plus en plus, les Chinoises se ruent dans les magasins de cosmétiques qui, eux, se frottent les mains en voyant le nombre de bouches et de paupières qu’il s’agit d’agrémenter de produits en tout genre.
Comment comprendre la place qu’est entrain de prendre le maquillage chez les chinoises? Quelles sont leurs habitudes en la matière? Et que nous apprennent-elles sur l’image que l’on se fait, en Chine, de la beauté?
Nous allons également ce matin du côté du Congo avec **Gaston M’Bemba Ndoumba, ** auteur de Ces Noirs qui se blanchissent la peau. La pratique du « maquillage » chez les Congolais (L’Harmattan, 2004), qui nous parlera de ce qu’on appelle le « maquillage ».
Et enfin, nous irons encore plus loin puisque nous prendrons la direction de l’Amazonie péruvienne pour parler des peintures faciales des matsiguenka, avec Esteban Arias.
> retrouvez "Le monde est un campus" d'Esteban Arias Urizar sur le site France Culture Plus
Si le recours à la chirurgie esthétique semble être un phénomène mondial, cette mondialisation cache d’importantes différences culturelles: des implants fessiers au Brésil au débridage des yeux en Asie, les pratiques illustrent l’immense diversité des critères de beauté. Ce qui est uniforme en revanche, c’est bien la volonté croissante de modeler son corps selon ses désirs**. **
Selon une étude publiée par l'International Master Course on Aging Skin (IMCAS) l’année dernière, le marché mondial de la chirurgie esthétique se porte bien (malgré la crise): en 2012, il aurait connu une croissance de l’ordre de 10% et les perspectives semblent excellentes pour les prochaines années.
La même étude nous dit qu'en 2011, la Corée du Sud est le pays où il y aurait eu le plus d’interventions par habitant (chirurgicales et non chirurgicales). La France arrive en 9e position, juste derrière le Brésil, les USA sont 4ème dans le classement (même s’ils sont les premiers consommateurs de chirurgie plastique), un classement où apparaissent 25 pays et où la Russie, la Chine puis l’Inde ferment la marche.
Quelles sont les variations culturelles quant au rapport à la chirurgie esthétique? En quoi l’émergence des pays du sud influe-t-elle sur les critères de beauté de l’occident?
Vers quel modèle physique cherchons-nous à tendre? Va-t-on –vraiment ? – vers une forme d’uniformisation des critères de beauté comme on voudrait nous le dire parfois? Ou, au contraire, vers un redéploiement de modèles variés?
Pour discuter de ces questions (autour des cultures corporelles), direction d'abord la Corée du sud, avec **Valérie GELEZEAU, ** géographe spécialiste de la Corée, ce pays devenu le terrain d’un tourisme médical où toute l’Asie vient se faire débrider et éclaircir la peau.
Mais aussi aux Etats-Unis, **Laurie ESSIG ** depuis Vermont, où les classes moyennes empruntent et s’endentent pour modeler leur silhouette et constitue aujourd’hui une bulle spéculative autour de la chirurgie esthétique.
Retrouvez en complément la chronique "#Politique" de Christophe Payet sur France Culture Plus cette semaine sur le Body Hacking.
L’engouement pour le tatouage concerne aujourd’hui tous les pays occidentaux, et bien au-delà, tous les pays de la planète. Les conventions de tatouage se multiplient de New York à Paris, de Tokyo à Buenos Aires. Ce phénomène semble donc massif même si les statistiques officielles sur le nombre de personnes tatouées en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde sont inexistantes.
On peut se demander comment le tatouage arrive aujourd’hui à atteindre un public si vaste alors qu’il semblait cantonné à une audience très marginale il y encore quelques années. Répondre à cette question nous oblige à faire un grand saut dans l’espace et dans le temps.
Il y a plusieurs siècles toutes les cultures du monde semblent en effet avoir été concernées par les techniques d’inscription d’images ou de messages dans la peau. Selon les cultures et les contextes les tatouages pouvaient revêtir les significations les plus variées : rituel de passage à l’âge adulte, symbole de séduction, marquage de statut social, simple ornementation…
Malgré cet apparent « universalisme originel » la tradition du tatouage est longtemps condamnée en Occident, soit qu’elle soit associée à des pratiques païennes, soit qu’elle soit synonyme d’infamie – on marquait les esclaves ou les prostituées uniquement. De fait, il faudra attendre l’époque des grandes explorations pour que le tatouage des autres cultures soit « redécouvert » par les marins Européens qui deviennent, de fait, le premier groupe de tatouées du monde occidental.
La pratique du tatouage est adoptée de façon très diverses selon les pays européens. Bien souvent les « tatoués » se trouvent dans les groupes sociaux les plus marginaux, délinquants, prisonniers, bagnards. Et ce n’est en fait qu’au cours des années 1980 que le phénomène sort de son isolement et se diffuse dans les couches les plus diverses de la société.
Pour comprendre cet engouement relativement récent autour du tatouage nous allons donner la parole ce matin à trois spécialistes de cette question : Jérôme Pierrat, l’un des meilleurs spécialistes ès-tattoo en France, rédacteur en chef de Tatouage Magazine et auteur de plusieurs ouvrages sur le tatouage l’anthropologue Sébastien Galliot, spécialiste des cultures des îles Pacifiques, et conseiller scientifique de l’exposition Tatoueurs, Tatoués, qui se tiendra au Musée du Quai Branly à Paris en mai prochain; et enfin Marie Cipriani-Crauste, spécialiste des tatouages.
Dernier volet de notre semaine sur la gestion des catastrophes : Haïti, une aide humanitaire sous le feu des critiques.
Tout le monde a encore en mémoire le terrible séisme – de magnitude 7 – qui a ravagé Haïti et en particulier sa capitale Port au Prince le 12 janvier 2010 à 16h53 heure locale. En quelques instants la majeure partie des bâtiments et des logements sont à terre. On dénombre près de 230 000 victimes, 300 000 blessés, 1,5 millions de sans-abris. Instantanément ou presque le monde se mobilise pour Haïti: les ONG, les agences internationales et de très nombreux pays envoient des équipes et des moyens sur place. 5 milliards de dollars d’aide sont promis à Haïti sur 18 mois, 11 milliards sur 5 ans.
Un élan presque sans précédent de solidarité internationale qui se trouve, très vite, sous le feu des critiques: gros problèmes d’organisation et de coordination, inadaptation totale aux besoins locaux. Et ce constat : plusieurs mois (et maintenant 4 ans) après la catastrophe, une bonne partie de l’aide est encore bloquée, ou n’a pas été utilisée à bon escient. Au printemps 2013 trois ans après la catastrophe, c’est le réalisateur haïtien Raoul Peck qui formule les critiques les plus dures contre la solidarité internationale. Son film Assistance mortelle est un réquisitoire en règle contre les dysfonctionnements et les errements des ONG et des organisations internationales.
Nous avons déjà parlé de ces problèmes posés par l’assistance humanitaire en Haïti, il y a quelques mois dans CulturesMonde. Nous allons essayer ce matin de comprendre une nouvelle fois « ce qui n’a pas marché » depuis janvier 2010, cette fois-ci en nous intéressant à la notion de résilience . Ce terme fait l’objet de beaucoup de discussions entre experts, notamment entre psychologues. Sans entrer dans le débat sémantique on appellera résilience simplement le fait, pour une société, de réagir après une catastrophe majeure. Ce processus est au cœur de la gestion des catastrophes auxquelles nous nous sommes intéressés toute cette semaine. Dans le cas particulier d’Haïti beaucoup de choses ont été dites, et écrites, sur la « résilience naturelle » de la société haïtienne, habituée de longue date à tous types de catastrophes – naturelles, politiques, économiques, sociales. On va donc se demander dans quelle mesure l’assistance internationale a pu empêcher la résilience de la société haïtienne, ou dans certains cas, la favoriser.
Pour comprendre ces enjeux direction Port au Prince, pour écouter Daniel Derivois, psychologue, qui a travaillé au contact des enfants des rues avant, et depuis la catastrophe.
Pour prendre un peu de champ sur ces questions, nous interrogerons aussi Michèle Oriol, sociologue et anthropologue, membre de la Commission Interministérielle pour l’Aménagement du Territoire en Haïti.
Par Adèle Van Reeth
Réalisation : Mydia Portis-Guérin
Lectures : Anne Brissier
Musique :
Michael Nyman , *Chasing sheep is best left to shepherds *
Pierre Henri , *Entomologie *
Jean-Luc Herelle, L’eau dans le monde souterrain Dans une caverne
**Nguyen Le, ** Haiku to truong tang
Chansons :
Lisa Ekdhal , Stranger on earth
Dick Annegarn , La transformation
Lectures :
**Stendhal, La chartreuse de Parme , 1839, ** chapitre II, éd. Gallimard, 1948
Guo Xi, Linquan gaozhi , cité par François Jullien dans Vivre de paysage , éd. Gallimard, 2014
Merleau-Ponty L’Œil et l’esprit
Henri Bergson , Le Rire , édition PUF
**poème Wang Wei, ** cité par François Jullien
Extraits :
- Van Gogh réalisé par Maurice Pialat, 1991
