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Pourquoi les attachements sont-ils ambivalents ? À chaque fête, à chaque repas de famille, à chaque moment où la famille comme institution sociale est replacée au cœur de la société, comme dans nos sociétés occidentales pour les fêtes de Noël, mais chaque société a son moment familial privilégié ou ses moments. On peut aussi parler des anniversaires, des mariages, des naissances, des grands moments de la vie qui sont souvent liés à la parenté, ils sont les moments des familles. À chaque fois revient donc une forme d'ambivalence très radicale, surtout dans nos sociétés qu'on dit, pour cela même, pour s'en féliciter ou pour le critiquer, qu'on dit individualiste.
Cette dernière va se traduire par cette sorte de durcissement qui peut devenir idéologique et politique. Entre ce qu'on pourrait appeler l'amour et la haine de la famille en général. La haine de la famille qui est illustrée, on le sait bien, dans cette célèbre phrase d'André Gide dans Les nourritures terrestres, famille, je vous hais. Et puis il y a l'amour de la famille qui peut redevenir un peu normatif, mais sans lequel peut-être, on ne peut pas survivre. On plaint toujours les êtres sans famille, comme le disait le roman célèbre, à peu près contemporain finalement des nourritures terrestres, sans famille d'Hector Malot. D'un côté, donc, la reconnaissance d'une négativité, en tout cas de possibilité pour l'individu de s'émanciper de façon critique de la famille. Et d'un autre côté, une dépendance, voire un amour sans lequel on est démuni. L'orphelin et l'adolescent révolté, deux figures extrêmes du rapport à la famille. Au fond, l'individu délaissé sans aucun lien familial pour le soutenir. D'un côté, cette hantise d'un individualisme fragilisant, déstructurant. Certains disent qu'ils liquéfient, qu'ils liquident notre société d'un côté, et de l'autre, au contraire, l'émancipation par rapport à la famille, l'affranchissement, la liberté.
Mais, comme toujours, ce durcissement de deux pôles, de l'amour et de la haine de la famille, ne fait que trahir une ambivalence qui est, on pourrait dire, au fond normal et sain et qui n'est pas tant un rapport extérieur à la famille. Pour dire "je vous aime, je vous hais", en général, qu'une ambivalence à l'intérieur de chaque famille est peut-être dans ce qui constitue le lien familial comme tel qui n'est ni une nature figée dans une essence, une essence de lien familial, ni une institution sociale abstraite, mais qui est-ce qu'on appelle l'attachement. L'attachement qui constitue la famille, peut être plus la parentalité que la parenté, c'est-à-dire l'expérience du lien parental plutôt que l'essence du lien biologique ou social. Cette expérience du lien temporel, de la construction de la relation, dans ce qu'on appelle l'attachement, l'attachement, le lien familial concret, peut-être est-il structurellement, intérieurement ambivalent. Et c'est peut-être cette ambivalence de l'attachement qui est travaillé par le positif et le négatif, qui se durcit dans un amour et une haine de la famille en général. Il faut admettre, comme le font les psychologues expérimentaux, aussi bien que psychanalystes, il faut admettre cette ambivalence, que l'attachement peut être travaillé par le négatif, voire par la haine, que l'amour se construit sur le refus de la haine, de l'abandon et de la violence qu'il se construit aussi de manière sécure quand il n'est pas hanté par la peur et par l'angoisse, que l'attachement sain, S-A-I-N, c'est celui qui est à la fois à distance et proche de l'autre, en s'émancipant individuellement tout en gardant la relation contre les deux insécurités, les deux dangers du délaissement ou de la panique, de la fusion.
Quand un attachement est raté, alors la panique nous prend des deux côtés, nous nous replions sur la famille et nous l'opposons aux autres.
où nous nous sentons délaissés dans un monde sans relation. L'attachement équilibré, l'attachement sécure assume son ambivalence et fait la paix non seulement dans les familles, mais entre elles.
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Les contes et les films d’horreur le répètent : les fantômes apparaissent souvent la nuit. Leur nom, lié à la phantasia (imagination), évoque une présence saisissante, parfois visible, comme le souligne le mot « spectre », enraciné dans l’idée de vision. Ces apparitions nous hantent, un verbe qui renvoie à "heim" (maison, en allemand) et rappelle que cette expérience se joue souvent dans l’intimité de son foyer. Freud y voyait une étrangeté au cœur du familier, une part cachée du "heim" révélée dans l’unheimlich (l’inquiétante étrangeté). Pourtant, l’expérience des spectres, perçue comme réelle, ébranle parfois les esprits les plus rationnels et s’impose dans certaines cultures non occidentales comme une réalité indéniable. Même si l’on n’y voit qu’une construction psychique, ces présences méritent attention : Jacques Derrida, philosophe occidental, a souligné leur importance.
"Un certain nombre de personnes viennent me voir et me disent 'J'ai des fantômes chez moi, j'ai l'habitude de converser avec les morts' : on pourrait s'attendre à ce que ce soient des personnes très instables psychologiquement or ce n'est pas le cas" indique Grégory Delaplace. Il ajoute :"la présence des morts, même leur surgissement, n'est pas forcément déstabilisante".
Spectres de Marx est un livre de Derrida publié en 1993, après une conférence. Comme l'explique Raphaël Zagury-Orly, "quand Derrida parle du spectre, il parle d'un certain rapport à la vie et à la mort, au 'mort-vivant'". Derrida déconstruit des téléologies historiques pour "montrer que ce que ces philosophies de l'histoire font, c'est de neutraliser l'effet spectral".
Raphaël Zagury-Orly enseigne la philosophie à l’Institut Catholique de Paris. Il est directeur de programme au Collège International de Philosophie et membre fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco. Il travaille principalement sur l’idéalisme allemand, la phénoménologie, la théorie critique et la philosophie française contemporaine dans la lignée de la déconstruction derridienne et de l’éthique lévinassienne, ainsi que sur la théorie de l’art contemporain. Ses recherches portent sur l’histoire, la mémoire et les catastrophes. Il a récemment publié :
Grégory Delaplace, anthropologue, directeur d’études à l’EPHE. Il est l'auteur de :
Lorsque l'on parle de repas ou de fêtes de famille, ou même lorsqu'on en prépare, qu'on en prévoit, qu'on en organise, comme à Noël en particulier dans nos sociétés, chacun a les mêmes sentiments, chacun a aussitôt les mêmes pensées. Et ce sont des pensées un peu ambivalentes. On pense à la fois à l'unité de la famille et au risque de la division et de la dispute. On pense à des ressemblances et on pense aussi à des différences. On pense à cet étrange mélange qui constitue la famille de l'intérieur, à ce mélange d'unités et de divisions, encore une fois, de ressemblances et de familiarités, comme on dit, mais aussi de différences qui sont d'ailleurs non moins familières que les ressemblances elles-mêmes.
C'est à ça qu'on pense tout de suite et c'est le problème, au fond, que l'on s'apprête à affronter chacun et chacune dans ces fameux repas de famille qui peuvent bien ou mal se passer. Mais le problème, c'est qu'il faut penser cette question de la famille, il faut penser cette dualité de l'unité et de la différence, de l'unité et possiblement aussi du conflit ou de la division. Il faut, pour penser la famille, les mettre non seulement à l'intérieur de la famille, et même, on ne le fait peut-être pas assez souvent en réalité, mais aussi à l'extérieur de la famille.
Qu'est-ce qui définit la famille en général, quand on parle aussi de famille, d'esprit, d'un air de famille ? Au fond, le concept de famille est toujours lui-même à double-face, mais à une double-face extérieure finalement. On appelle famille un ensemble d'êtres, un ensemble d'objets, parfois de sujets le plus souvent, et de sujets humains en particulier, réunis par un trait commun. Un trait qui, par exemple, dans les sociétés humaines, est très souvent le trait de la parenté. La parenté est le cœur de la famille, la généalogie. Un trait qui réunit des objets et qui les oppose à d'autres. La famille, c'est à la fois unité et division, mais plutôt de l'extérieur ou avec d'autres familles que de l'intérieur, comme on parle du jeu des sept familles. On va avoir la famille ceci, la famille cela. Et c'est la différence entre ceci et cela qui fait la différence entre les familles, et non pas tellement à l'intérieur des familles. On réunit des objets dans une famille par un objet, un trait distinctif commun, n'importe lequel, finalement, vous pouvez parler de la famille des feutres, la famille des crayons, et vous allez opposer la famille des feutres ou des crayons. Et si vous voulez aussi opposer les feutres et les crayons ensemble à d'autres types d'objets, vous allez parler de la famille des objets qui servent à écrire contre la famille d'autres objets.
Et le terme de famille va alors être assez proche des catégories, des classements et aussi des distinctions. Or, d'une certaine façon, le problème de la famille, c'est toujours ce travail entre la constitution d'un groupe et son opposition à d'autres groupes. On peut décrire la famille à la fois par un lien interne et par un lien externe. C'est ce qu'a fait Claude Lévi-Strauss dans sa célèbre anthropologie de la parenté, où il définit la famille par des relations de parenté, mais aussi dans son structuralisme ensuite, par l'opposition, voire la guerre avec d'autres familles.
La guerre est toujours une guerre entre des familles. Mais alors, si le risque de la famille, c'est justement de se refermer et d'être en guerre contre les autres familles, est-ce que la réponse, ce n'est pas de revenir à cette dualité de l'unité et de la division, mais à l'intérieur des familles ? Comment ne pas comprendre que le problème de la famille est aussi à l'intérieur, dans cette merveille et cette difficulté ? De l'unité et de la différence qu'il faut assumer l'un et l'autre contre la violence, la violence intime, la violation qui peut être aussi le viol, dont on le sait qu'il peut aussi intervenir dans les familles. Alors c'est justement en assumant la dualité interne de la famille qu'on peut surmonter aussi le risque de guerre entre les familles.
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La nuit, espace de fête et d’évasion, incarne une sensation d’apesanteur qui libère des contraintes diurnes et transforme nos relations aux autres, éveillant un désir d’ailleurs qui semble réalisable dans l’obscurité. Merleau-Ponty la décrit comme une expérience enveloppante et déstabilisante, où les sens perdent leurs repères et l’identité personnelle s’efface, nous sortant de notre position perceptive habituelle. Jacques Rancière, dans La Nuit des prolétaires, montre comment les ouvriers du XIXe siècle investissaient la nuit avec créativité pour se réapproprier un temps libéré du joug des journées de travail contrôlées. Enfin, la nuit inspire des rencontres inattendues et une poésie particulière, capturées avec brio dans des œuvres comme Night on Earth de Jim Jarmusch, où les possibles semblent infinis.
Pour Michaël Foessel, "la nuit est aussi l'espace qui permet de raconter beaucoup et de raconter des choses qui ne sont pas forcément exactes". À la faveur de l'obscurité et du caractère invérifiable de ce qui est dit, "la nuit permet de prendre certaines libertés avec le vrai". "La nuit est un espace où on peut avoir mille vies différentes que ce soit réellement ou que ce soit d'ailleurs en langage ou en discours". Ainsi, "la nuit joyeuse, en tout cas la nuit heureuse, c'est l'inverse du curriculum vitae", un moment où "on ne va pas vérifier chacune de nos assertions relativement à nous-mêmes".
Night on Earth, un film de Jim Jarmusch, utilise la nuit comme un espace de rencontres inattendues et de révélations, où les contrastes entre lumière et ombre sont essentiels. Esther Heboyan explique que, dans l’épisode à Paris, "la nuit est une coïncidence, une sorte de fête, mais dans cette fête, il faut inclure le démon", comme le montre le personnage de Béatrice Dalle, une femme aveugle qui "sent les choses" et croit avoir un don. L’épisode à Los Angeles soulève aussi une "question d'obscurité et de clarté", visible dès le costume en noir et blanc de Gina Rowlands, illustrant la "dichotomie" et l’"osmose entre les contraires" chère à Jarmusch.
Patrick Cingolini commente La Nuit des prolétaires de Rancière en expliquant que "cette nuit, c'est aussi la nuit d'un renversement", un moment où ceux confrontés à la dureté de la vie et au travail "vont rentrer dans un autre univers", celui du rêve et de l'imaginaire. Il précise que "la nuit des prolétaires, c'est l'archive du rêve ouvrier", un espace "exalté", où les prolétaires se réunissent "pour parler de la doctrine de Saint-Simon, pour parler de Fourier".
Patrick Cingolani, sociologue, enseignant à Paris Cité. Il est l'auteur de :
Michaël Foessel, Professeur de philosophie à l’école Polytechnique. Il est l'auteur de :
Esther Heboyan, maître de conférences dans le domaine nord-américain, littérature et cinéma. 1996-2021. Depuis 2021, elle est correspondante au Festival de Cannes pour le quotidien en ligne Eurojournalist(e), édité à Strasbourg. Elle est écrivaine (fiction, poésie, récits, essais, traductions). Elle est l'auteure de :
Avec
Dans la nuit du 5 au 6 octobre 1923, les frontières de l’Univers sont devenues infinies, grâce à l’observation par Edwin Hubble d’une étoile qui pulsait dans ce qu’on pensait être une nébuleuse et qui était en fait une autre galaxie.
Oui, il y a un siècle, la seule galaxie reconnue était la “nôtre”, la Voie Lactée, qui contenait à elle seule l’Univers entier. Comment l’annonce de l’existence d’autres galaxies a-t-elle bouleversé l’histoire de la cosmologie et de nos représentations de l’espace ?
“Sciences Chrono” remonte aujourd’hui à cette nuit d’observation qui nous a permis de voir l’Univers sous un nouveau jour.
Hommage à celle sans qui la découverte de l'existence d'autres galaxies n’aurait pas pu se faire : l’astronome américaine Henrietta Leavitt. Le 4 juin 2015, l’astrophysicienne Yaël Nazé parlait d’Henrietta Leavitt sur France Culture au micro d’Aurélie Luneau dans l’émission La Marche des sciences.
Il y a 100 ans naissait le monde des galaxies (Le Devoir, 2024)
Vesto Slipher, un regard hors de la galaxie (Pour la Science, 2009)
Le générique du début : La fuite par Kick et Flûte
Le titre du jour : Edwin Hubble par JaWill et Eli G
Le générique de fin : Mésange rouge par Kick et Flûte
La grippe est une infection respiratoire aiguë, due à un virus Influenza. Chaque année, elle touche entre 2 et 6 millions de personnes et provoque près de 10 000 décès, en particulier chez les personnes âgées. La plupart des virus de la famille d'Influenza infectent spécifiquement certaines espèces animales, mais les autorités sanitaires craignent que certains parviennent à franchir les barrières inter-espèces.
Depuis plus de 40 ans, les scientifiques tentent de comprendre les interactions entre le génome du virus - composé d'ARN - et les molécules de son manteau protecteur. Une équipe de biologistes français est parvenue à observer et modéliser ce complexe dans des travaux publiés dans la revue Nucleic Acids Research. Thibaut Crépin, directeur de recherche CNRS associé à l’Université Grenoble Alpes, a dirigé le projet de recherche.
L’exposition Science/Fiction — Une non-histoire des Plantes se poursuit jusqu’au 19 janvier à la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris. Quelle est la place du monde végétal dans les imaginaires et dans la science fiction ?
L’altérité radicale de la vie végétale s’expose à la MEP avec un parcours qui révèle la fascination des biologistes, horticulteurs et artistes. Dès qu'elle est arrivée, la photographie est devenue essentielle aux études botaniques. Au cours du 20e et 21e siècle, les productions plastiques, cinématographiques et littéraires ont été les marqueurs de l’évolution de la perception des végétaux. Si la science fiction a fait la part belle aux plantes carnivores géantes et aux « Monstroplantes », l’exposition soulève aussi un point intéressant pour les taxonomistes, celui de l’avenir végétal.
Un reportage de Loïc Duthoit
Pour son dernier projet, intitulé Fleur de feux, exposé à partir de mai 2025 à Strasbourg, Anaïs Tondeur a été accompagnée par deux botanistes en écophysiologie. Elle a remarqué que les plantes ont tendance à surproduire du phénol – un déchet du métabolisme végétal – quand elles poussent dans des sols chargés en métaux lourds. Alors, Anaïs Tondeur s’est rendue sur la Terre des Feux, près de Naples, en Italie, une zone où les sols sont lourdement pollués, et elle a trouvé une technique pour capturer cet excès de phénol produit par les plantes au travers de ses photographies. Son projet a été soutenu par le Prix Photographie & Sciences, l'Institut français (programme MIRA) et Spot Home Gallery.
Retrouvez le thread de l’émission du jour sur le fil BlueSky de La Science, CQFD.
Science/Fiction — Une non-histoire des Plantes (Maison Européenne de la Photographie, 2024)
“Science/Fiction”, l’expo où les plantes sont littéralement fantastiques (Usbek&Rica, 2024) #ScienceCQFD
Les végétaux dans la littérature de science-fiction : angoisse et fascination, par Thierry Jandrok (Presses universitaires de Strasbourg, 2014)
Le titre du jour : Wild Flowers par Warmduscher
Le générique de début : Goca dünya par Altin Gun
Le générique de fin : Pingpxng par Yin Yin
Au centre de notre galaxie, la Voie lactée, se trouve un trou noir supermassif du nom de Sagittarius A*. Jusqu’à présent, on pensait qu'il était impossible de découvrir des étoiles binaires - système formé de deux étoiles formant couple et tournant l’une autour de l’autre - aux abords d'un trou noir aussi massif, car les champs gravitationnels qu'il produit sont trop importants pour que le système reste stable.
En analysant les données de l'instrument ERIS du Very Large Telescope, ainsi que des archives de l'instrument SINFONI, les scientifiques de l'université de Cologne ont repéré des variations dans le spectre lumineux d'une étoile nommé D9, située dans l’Amas S, un cluster riche en étoiles. Pour la première fois, des scientifiques ont ainsi repéré un système binaire à proximité du trou noir supermassif Sagittarius A*.
Emma Bordier, post-doctorante à l’université de Cologne et co-autrice de cette étude dans la revue Nature Communications, nous en dit plus sur cette découverte.
On fête aujourd'hui les trois ans du James Webb, le télescope spatial, avec la rencontre de deux orfèvres de ce bijou de l'espace. C'est l'un des projets les plus fous de ces vingt-cinq dernières années, qui va nourrir la science des vingt-cinq prochaines. En trois ans, le télescope a déjà battu de nombreux records. On dit que s'il fonctionne, c'est en partie grâce à Gregory Robinson, le directeur du programme à la NASA, en 2018, qui a remis le projet sur les rails. Et si le James Webb peut étudier les tous premiers instants de l'Univers, c'est en partie grâce à Maggie Aderin-Pocock — l'une des rares scientifiques à avoir une Barbie à son effigie — qui a élaboré un des instruments embarqués à bord. Les trois ans du James Webb : le JWST par ceux qui l'ont fait.
Retrouvez le thread de l’émission du jour sur le fil BlueSky de La Science, CQFD.
Euclid vs James Webb : le match des télescopes spatiaux ? (The Conversation, 2024)
Les plus belles images du télescope spatial James Webb (la Cité de l’espace, 2024)
Si le télescope James Webb fonctionne, c’est grâce à cet ingénieur de la Nasa (l'Opinion, 2022)
Les missions du James Webb Space Telescope (Ouest France)
Le titre du jour : telescope par BOYS & Bear
Le générique de début : Goca dünya par Altin Gun
Le générique de fin : Pingpxng par Yin Yin
La reproductibilité des résultats est une question centrale dans le monde de la recherche académique. Pour pouvoir valider des résultats scientifiques, il faut que la méthode employée pour les obtenir soit minutieusement étudiée, clairement expliquée et puisse être répliquée. Mais à chacune des étapes de la production de savoir, des erreurs ou des dérives peuvent apparaitre.
Les chercheurs sérieux font preuve de minutie dans leur travail et appliquent avec rigueur la méthode scientifique, mais il faut pouvoir évoquer ces risques et ces dérives auprès du grand public. C'est ce qu'ont tenté de faire les chercheurs de l’université de Rennes, dans leur étude, parue dans la revue Plos Biology. Nous en parlons dans cette chronique avec Florian Naudet, professeur de thérapeutique à l'Université de Rennes et dernier auteur de cette publication.
Les paternes de la peau, comme les points du guépard ou les lignes du zèbre, sont liés à des protéines qui activent ou inhibent l'expression des gènes. La croissance des appendices cutanés (plumes, écailles, poils) se produit à partir de groupes de cellules qui leur servent de précurseur, les placodes. Ces paquets de cellules expriment également certains gènes spécifiques qui conduisent à la formation de ces appendices. QU'en est-il alors des structures à l'apparence aléatoire comme les écailles de crocodile ?
Alors que nos connaissances sur l’organisation cellulaire de la peau reposent principalement sur la question de la génétique. Une nouvelle étude, parue dans Nature, s’est intéressée à la formation aléatoire des écailles de crocodiles et remet en question cette vision du "tout-génétique". Michel Milinkovitch, professeur au département de génétique et évolution de l'Université de Genève, a dirigé les recherches qui ont abouti à cette publication.
Présents dans de nombreux contes et légendes, ces animaux ont eu mauvaise réputation pendant longtemps. Aujourd’hui, les chouettes et les hiboux sont protégés : pourquoi sont-ils si précieux pour nos écosystèmes ? Le hibou - qui n’est pas le mâle de la chouette - fait partie avec sa consœur de l’ordre des strigiformes. Toute leur physionomie fait d’eux de redoutables prédateurs. Leurs yeux disproportionnés et leur vision binoculaire précise même dans l’obscurité, leur capacité à tourner la tête à 270°, une ouïe 10 à 30 fois plus performante que la nôtre, sans parler de leur vol parfaitement silencieux et de la structure de leurs plumes qui ne laisse échapper aucun son : s'ils n'avaient pas ce hululement si singulier, ils seraient les chasseurs les plus furtifs de la nuit. Rapaces nocturnes : c’est chouette !
Un reportage réalisé par Noémie Eliazord.
Aucune trace de reproduction de la Chouette hulotte n’avait été observée dans Paris intra-muros depuis 2012. Pourtant, on avait déjà décelé des indices de sa présence au cimetière du Père Lachaise. Hugo de Verges, bénévole à la Ligue pour la Protection des Oiseaux, nous décrit le protocole de suivi de nidification d’un couple au cimetière du Père Lachaise.
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Expérience ! Comment les chouettes ont un vol si silencieux (BBC Earth, 2016)
Hibou, rapace nocturne cousin de la chouette (Le Monde, 2024)
La science derrière le vol silencieux des chouettes (Radio Canada, 2023)
Il y a 55 millions d'années, des hiboux chassaient comme des aigles (Sciences et Avenir, 2020)
Guilhem Lesaffre : Chouettes et hiboux (Glénat Livres, 2019)
Le titre du jour : nite owl par Tony Allen
Le générique de début : Goca dünya par Altin Gun
Le générique de fin : Pingpxng par Yin Yin
C’est un fait scientifique établi : l’Homme moderne, Homo sapiens, est apparu en Afrique. Certains individus ont ensuite quitté le continent au cours de plusieurs vagues de migration et les chercheurs tentent de dater ces déplacements avec les quelques vestiges dont ils disposent.
On datait jusqu’à présent la vague de peuplement à l’origine des Européens et des Asiatiques actuels à environ 50 ou 60 000 ans. Une vague au cours de laquelle, en arrivant au Proche-Orient, les futurs européens et asiatiques se seraient hybridés avec l’Homme de Néandertal. C’est la raison pour laquelle on retrouve aujourd’hui 2 à 3% d'ADN néandertalien chez toutes les personnes originaires d’Eurasie.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature revient sur ces connaissances et nous laisse à penser que la migration d'Homo sapiens aurait pu se produire plus tôt que ce que l'on pensait. Hélène Rougier, paléoanthropologue et professeure d’anthropologie à la California State University de Northridge aux États-Unis, a participé à la découverte des restes humains analysés dans cette étude et nous éclaire sur ces résultats.
Semaine Einstein / Les figures de héros
Le 18 avril 1955 Albert Einstein meurt à l’âge de soixante seize ans à l’hôpital de Princetown. Le docteur Thomas Harvey fait son autopsie et révèle une rupture d’anévrisme aortique. De son propre chef, il décide de prélever l’encéphale de l’illustre savant. Aucune publication ne paraît alors, jusqu’à ce que, trente ans plus tard, un journaliste d’investigation Steven Lévy retrouve la trace de Thomas Harvey et sa caisse de cidre « Costa » dans laquelle il a stocké les précieuses coupes histologiques du cerveau d’Albert Einstein. Dès lors plusieurs publications scientifiques (six) voient le jour avec des interprétations contradictoires : le cerveau d’Einstein était-il différent de celui de tout un chacun ?Le professeur Yves Agid , neurologue, spécialiste des neurosciences, membre de l’Académie des sciences, membre fondateur de l’ICM (Institut du cerveau et de la Moelle Epinière), auteur de L’homme subconscient (Robert Laffont, 2013) à eu connaissances de ces données. Il nous parlera du rôle du tissu glial et des astrocytes qu’il contient et dont le nombre semblent être plus élevé dans l’examen des coupes du cerveau d’Einstein, tout comme dans le cerveau de Lénine.Mais restons prudents sur les interprétations …pour mieux comprendre ces phénomènes nous devrons parler avec notre invité, Yves Agid, des structures profondes du cerveau comme les noyaux gris centraux et le rôle du tissu glial. Les noyaux gris centraux tiennent un rôle important dans la coordination des mouvements. Leur atteinte peut aboutir à des tremblements, des dystonies, à l’hemiballisme ou encore à la survenue de tics. Ou bien, à l’inverse, à des difficultés de mouvement tel qu’on peut le constater dans la maladie de Parkinson. Tous ces troubles moteurs n’atteignent pas la conscience d’où la souffrance psychique de certains patients qui, eux, sont conscients de leur pathologie. Les nouvelles recherches neuro-chirurgicales ont montré qu’une destruction ou une stimulation électrique de certaines zones de ces noyaux gris centraux pouvait aboutir à une modification comportementale, non seulement motrice mais également psychologiqueAlors que nous avons fêter le 200e anniversaire de la rédaction du livre de Marie Shelley Frankenstein ou le Prométhée moderne dans lequel on voit bien que la recherche du secret de la vie pousse le célèbre Frankenstein à transplanter un cerveau et à fabriquer de toutes pièces une créature peu maitrisable. Une nouvelle approche du cerveau sera-t-elle bientôt rendue possible par les neuros-chirurgiens quitte à délaisser le mythe romanesque pour entrer dans le mythe scientifique. De nombreuses interventions ainsi que des expériences de psycho-chirurgie nous interpellent : subconscience automatique, pré-conscience, pensée de la pensée (conscience), des notions qui seront abordées avec notre invité, Yves Agid , pour illustrer les relations entre cerveau et pensée.Le XXIe siècle sera-t-il le siècle du cerveau comme le laisse présager les nombreux projets de recherche comme ceux du Human Brain project de Lausanne centré sur la compréhension des liens entre biologie, pensée et comportement.
Qu’en est-il de l’augmentation du risque de cancer liée à une consommation exagérée de viande rouge ?
Le professeur** Serge Hercberg** , épidémiologiste de la nutrition, Professeur de nutrition à la faculté de médecine de Paris 13, concepteur du programme national Nutrition-Santé (5 fruits et légumes par jour et trente minutes d’activité physique par jour) nous fera part de son interprétation des résultats de cette recherche menée par l’OMS qui a créé une grande effervescence dans l’opinion publique il y a quelques semaines. Les régimes végétariens ou végétaliens sont-ils dangereux pour la santé ? Cela ne va-t-il pas renforcer les « antispécistes » qui proposent carrément d’interdire l’élevage et aussi de fermer les abattoirs soutenant consciemment ou non les start-up industrielles qui développent des aliments synthétiques. La « Frankenfood » est-elle pour demain ? Des projets de lait artificiel, de fromage et tout récemment la fabrication de viande in vitro visent à pouvoir nourrir 9 milliards d’individus en évitant les OGM, les pesticides, tout en apportant en quantité suffisante : le fer, la vitamine, les omegas3, etc. Le paradis ? Nous aborderons l’épidémie d’obésité sous tous les climats et surtout dans les pays en voie de développement et le professeur Serge Hercberg nous expliquera pourquoi les régimes proposés avec un fort soutien médiatique ne fonctionne pas dans la durée… Comment éduquer en matière de nutrition en tenant compte des inégalités sociales, d’où l’importance de commencer tôt cette éducation alimentaire en milieu scolaire : en offrant par exemple une rotation plus importante des légumes et en supprimant les salières sur les tables des cantines. Incontestablement notre invité est calme, posé, et s’appuie sur une équipe de recherche talentueuse. **Serge Hercberg ** fera appel au cours de cette émission à des auditeurs volontaires disposés à répondre aux études en cours sur la nutrition (voir le lien en bas de page) . Mais sous son aspect bonhomme il se prépare à un combat qui se déroule en cette fin 2015 sur la question de l’étiquetage des produits alimentaires. Il propose cinq couleurs qui devrait permettre, à tout un chacun, de s’y reconnaître dans la jungle de la lecture des produits contenus et ainsi pouvoir choisir en connaissance de cause la fréquence d’utilisation de certains produits « mal notés ». Ne rien bannir mais savoir doser voici le conseil qu’il nous donne en choisissant les produits « vert » plutôt que les produits « rouge ». Si ce marquage est simple il se heurte cependant aux lobbys alimentaires qui s’opposent à cet étiquetage (un marquage 3 couleurs existe déjà en Angleterre). Après la bataille du tabac, de l’alcool où le point de vue médical s’oppose au point de vue économique, il faut que nous comprenions au mieux cette bataille de l’étiquetage afin de réagir comme citoyen pour une meilleure nutrition pour nous et pour nos enfants.
Seules les orques et les baleines partagent avec la femme de passer une grande partie de leur vie en état de ménopause. L’arrêt des règles, l’arrêt de l’ovulation et de la sécrétion des hormones sexuelles surviennent vers l’âge de 51 ans en moyenne et ceci selon les climats et les périodes historiques. 450 000 femmes rentrent chaque année en ménopause. Les troubles présentés sont très variables. Les mystérieuses bouffées de chaleur dont la durée varie entre 5 ans en moyenne chez les femmes asiatiques et 10 ans chez les femmes noires et avec de nombreuses exceptions. Mais ce sont la sécheresse vaginale, les troubles urinaires, les troubles du sommeil accompagnés d’une quasi inéluctable prise de poids dont la localisation se concentre sur le ventre qui amène les femmes à consulter. Ecouter les femmes, bien sûr, nous dit Michèle Lachowski , Gynécologue psychosomaticienne, présidente de l'AFEM (Association Française d'Etudes sur la Ménopause) et Lydia Marié-Scémama , gynécologue obstétricien, vice-présidente de l'AFEM (Association Française d'Etudes sur la Ménopause). Il faut bien entendu proposer un traitement de substitution hormonale pour celles qui sont gênées, traitement de faibles doses, de courte durée avec un arrêt test (arrêt du traitement pour vérifier si les troubles sont toujours là et vérifier la nécessité de le poursuivre ou de l’arrêter) au bout de quelques années. Des risques mal évalués en 2002 ont créé la panique au point de mettre fin à cette prescription médicale. Des réajustements grâce à de nouvelles études permettent de dire qu’il n’existe pas de risques supplémentaires de cancer ou de risques vasculaires en dehors des contre indications au traitement hormonal. Dans ce cas des alternatives existent : acupuncture, homéopathie, hypnose, et elles doivent être tentées car ce qui est bénéfique pour l’une ne l’est pas forcément pour l’autre. Les préventions de risques d’ostéoporose et des fractures qu’elle peut occasionner sont une nécessité. Ménopause précoce, grossesse tardive post-ménopausique par don d’ovocytes seront également abordées avec nos deux invitées Michèle Lachowski ** et Lydia Marié-Scémama** .
Frédéric Bizard , économiste de la santé, enseignant à Science-Po, auteur de Politique de santé. Réussir le changement (Dunod, 2015) nous fait part de ses propositions pour réformer le système de santé. La possibilité et la qualité de l’accès aux soins sont aussi fondamentales que les innovations médicales ou scientifiques. Assurances complémentaires pour tous les salariés ? Généralisation du tiers payant alors que dix millions de personnes en bénéficient déjà (avec CMU, AME, maladies professionnelles, maternité).Est-ce les deux mesures phares de la réforme proposée et discutée actuellement par le Parlement qui permettra une diminution des refus des soins alors qu’on le sait les principaux secteurs sont l’optique et le dentaire qui, eux, ne seront pas touchés par la réforme. La médecine du XXIe siècle a changé nous dit Frédéric Bizard , elle doit être prédictive, préventive, personnalisée et participative. Une médecine des quatre « P » qui doit effectuer un virage ambulatoire et maintenir le libre choix de son professionnel de santé. Alors quelle organisation de soins, quelle gouvernance, quels financements et quels modes de paiements ?
Toutes ces réformes doivent être faites à l’échelle nationale mais qu’elle est la part du régional sur un territoire sanitaire donné où l’on peut évaluer la demande médicale et donc offrir une réponse coordonnée. Cette coordination est d’autant plus nécessaire que les pathologies de longue durée occupent le devant de la scène sur l’urgence (qui mérite elle aussi d’être améliorée) invitant à la création de centres de coordination par grandes pathologies afin de contractualiser le parcours des soins entre médecins et patients. Un patient qui sera au centre d’un système démocratique dans lequel il pourra s’exprimer et participer au projet santé.
Aujourd’hui la puberté précoce dont l’incidence semble de plus en plus fréquente est définie par la survenue de règles avant 8 ans pour la petite fille et 9 ans et demie pour le petit garçon. Est-ce préoccupant ? Oui, nous répond Juliane Léger , professeur à l’hôpital Robert Debré, service d’endocrinologie pédiatrique, et coordonnatrice du Centre de Référence des Maladies Endocriniennes Rares de la Croissance (CRMERC), cette pathologie est préoccupante car cela peut poser des problèmes médicaux mais aussi comportementaux.
Tout d’abord il faut éliminer une cause centrale : une possible tumeur cérébrale dont il existe plusieurs variantes. Même si la majorité des pubertés précoces sont sans causes identifiables cet examen par IRM est nécessaire. Une fois le diagnostic posé il faut discuter d’un éventuel traitement pour retarder la puberté. En effet, il faut éviter que celle-ci survienne et entraîne un arrêt prématuré de la croissance. Qui traiter, quand traiter et jusqu’à quand traiter, quelle tolérance aux médicaments : des précisions que nous donneront Juliane Léger.Mais une approche psychologique est également nécessaire, autant pour les enfants que pour les parents. En effet la puberté précoce peut retentir sur le comportement de l’enfant et entraîner une crise d’adolescence prématurée ce qui ne manque pas de poser des problèmes pour toute la famille. Le mécanisme de la puberté, précoce ou non, reste mystérieux. La mise en route du réseau hypothalamo-hypophysaire avec les pulses de GnRH nocturnes puis diurnes. Le rôle des neuropeptines telles que les kisspeptines, l’importance des cellules gliales. Les facteurs génétiques mis en évidence chez les jumelles monozygotes ou dans certaines familles, l’isolement de certaines mutations comme le MKRN3 indiquent des étiologies possibles de cette situation. Néanmoins, l’accent est mis, de plus en plus, sur le rôle des polluants endocriniens environnementaux (oestrogènes de toute sorte et particulièrement les xeno oestrogènes – pesticides, dioxynes, phtalates, etc. –) A ces facteurs environnementaux s’associent des facteurs psychologiques particulièrement remarquables dans le cas d’augmentation des incidences des pubertés précoces chez les enfants adoptés ou chez les enfants de migrants même étant avec leurs parents. C’est donc à une prise en charge plusridisciplinaire à laquelle il faut avoir recours pour les familles dont les petites filles ou les petits garçons sont touchés par cette avance pathologique de l’âge de la puberté.
En raison des événements tragiques survenus à Paris le 13 novembre, nous vous proposons de réécouter l'émission avec Denis Safran enregistrée en juin dernier.
Une histoire d’eau ! Plonger deux fois dans la Seine à quarante ans d’écart pour sauver de la noyade une femme et un policier, habiter sur une péniche à Paris, non loin de son lieu de travail n’est pas le fait du commun des mortels. La personnalité du professeur Denis Safran , chef de service du pôle anesthésie-réanimation de l’hôpital Européen Georges-Pompidou, ancien colonel des pompiers lui a permis d’écrire de nombreuses pages d’aventure d’un homme des temps modernes. Spécialiste de la médecine d’action puisqu’il a participé au développement du SAMU, mais aussi à la mise en place du décret de sécurité de l’anesthésie-réanimation, qui instaure en 1994 notamment l’obligation d’une consultation préanesthésique avant toute anesthésie générale. Nous découvrirons au fil de l’entretien une vision très personnelle du professeur Denis Safran , un humaniste qui n’a jamais compté son temps au service des autres et qui se retrouve bien loin de la rentabilité actuelle. Conseiller médical auprès du préfet de police de Paris et du Ministère de l’Intérieur, comme d’autres médecins spécialisés, il participe aux colonnes d’assaut de la BRI lorsque cela est nécessaire. A ce titre, il nous racontera son vécu lors de l’assaut de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes le 9 janvier 2015. Découvrez les grands moments de sa vie dans **Un toubib dans l’urgence ** (Jacob Duvernet).
Les ovaires polykystiques ont été découverts en 1935 par Stein et Leventhal. A l’époque il fallait pratiquer une chirurgie abdominale pour aller voir l’aspect des ovaires bourrés de follicules qui ne trouvaient pas le moyen d’ovuler correctement. Aussi le trouble de cette pathologie est bien un trouble de l’ovulation (seulement 2 à 3 règles par an) à l’adolescence, accompagné d’acné, d’une pilosité anormale (par sa localisation) et souvent majorée par une obésité. C’est un symptôme qui touche environ 10% des femmes, pas toujours obèses mais toujours préoccupées par les conséquences induites pour leur fertilité du fait de l’absence d’ovulation régulière. C’est le tableau du 16e siècle de la femme à barbe qui allaite, un tableau que l’on peut voir à Salamanque en Espagne, c’est perturbant mais en même temps cela donne l’espoir car cette femme à barbe qui allaite a donc pu être enceinte. Les traitements ne sont pas toujours simples : il faudra toujours insister sur la nécessaire diminution du poids lorsqu’il y a obésité, prescrire des médicaments (metformine) utilisés généralement contre le diabète car il y a souvent une résistance à l’insuline qui est caractéristique de cette maladie. Vient ensuite l’étape des inducteurs de l’ovulation (citrate de clomiphène). La pratique chirurgicale (drilling) consiste à faire des trous dans les ovaires par laparoscopie comme pour les libérer d’une tension folliculaire. En dernier recours du fait la fécondation in vitro tout en évitant les hyperstimulations qui peuvent être redoutables du fait d’une réponse ovarienne explosive compte tenu du nombre élevé de follicules. On insiste aujourd’hui sur les conséquences métaboliques à plus long terme à savoir les problèmes cardio-vasculaires et ceux, liés au diabète, qui nécessitent chez les jeunes filles dont le diagnostic d’ovaires polykystiques a été affirmé de bénéficier d’une surveillance médicale au long cours. Le professeur Philippe Bouchard , professeur d’endocrinologie, membre de l’Académie de médecine, nous fera part de son expérience précise et concise comme toujours.