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2015

Quatrième volet de la série des "Nouveaux chemins de la connaissance" consacrée aux pièces romaines shakespeariennes, avec Jérôme Hankins, maître de conférences en études théâtrales qui livre son analyse de Titus Andronicus. Ecrite à l'âge de 28 ans, la première du cycle romain, cette pièce a beaucoup intrigué à l'époque.

Je me suis dit mais c'est presque une pièce qu'il aurait pu écrire à la fin de sa vie parce que non seulement elle montre une vraie maîtrise de l'art poétique mais elle est aussi pleine d'un désespoir cynique qui est celui des toutes dernières pièces, que ce soit "Le Roi Lear" par exemple, dont elle est un peu le laboratoire.

C'est là qu'on voit la jeunesse de Shakespeare, parce que dans "Le Roi Lear", le roi Lear agira en parlant, ici la poésie est encore détachée de l'action parce que Shakespeare est en train d'apprendre à écrire.

Dans cette pièce, très étonnamment, le diable "est humain" et devient "un interlocuteur" parmi les personnages.

Dès ses débuts, Shakespeare est en plein dans cette création d'un nouveau théâtre et d'une nouvelle dramaturgie, qui incluent ce qu'il y a de plus démoniaque mais il faut maîtriser ce démoniaque-là, il faut l'accepter, il faut le comprendre même s'il nous fait douter de tout. C'est pour cela que c'est une pièce de la maturité en fait quand on la lit, alors que c'est une pièce de jeunesse. C'est très curieux, très étrange.

EXTRAITS :

  • VF : Titus Andronicus , mis en scène :Daniel Mesguich (France Culture, 07/04/2013) avec Daniel Mesguich dans le rôle de Titus.
  • VO : Titus , film de Julie Taymor (1999) avec Antony Hopkins dans le rôle de Titus.

REFERENCES MUSICALES :

  • Haendel , Alexander’s feast, Revenge revenge air
  • Joël Suhubiette , Come away death

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Nicolas Berger

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2015

Troisième volet de la série des "Nouveaux chemins de la connaissance" consacrés aux pièces romaines de Shakespeare avec l'universitaire Pascale Drouet qui nous livres son analyse de la pièce Coriolan

L’histoire romaine, bien sûr Shakespeare est fasciné par l'histoire romaine, mais ce qui l'intéresse aussi c'est qu'il va pouvoir utiliser Rome comme une couverture, c'est-à-dire ça va lui permettre de faire des commentaires indirects ou de tendre un miroir à la société de son temps.

Coriolan n'est pas un politique, Coriolan c'est un homme du champ de bataille, c'est un guerrier, un homme de terrain. Dans la pièce de Shakespeare [...] Coriolan n'a pas d'ambition politique, Coriolan est heureux sur le champ de bataille, c'est un très bon guerrier et il en tire les lauriers qui le font vivre. C'est sa mère qui a une ambition politique pour lui et qui le pousse à poser sa candidature au Consulat.

La foule joue un rôle primordial aussi dans cette pièce comme métaphore du "peuple versatile" , "impossible à contrôler". Pascale Drouet montre qu'il y a "vraiment une liberté d'interprétation dans le théâtre de Shakespeare" pour les spectateurs.

Coriolan nous montre ceci, avec cette idée que le peuple a désormais une représentativité mais que veut dire la représentativité si le peuple n'est pas éduqué à la chose civique et à la chose politique ? C'est-à-dire qu'il devient le jeu des voix qui essayent de le manipuler et finalement c'est le dernier qui parle qui l'emporte.

EXTRAITS :

  • Version française :Coriolan , pièce filmée : texte français de Jean-Michel Déprats, mise en scène de Christian Schiaretti, Création TNP, TNP Villeurbanne, 2006.
  • Version anglaise :*Coriolanus * filmde Ralph Fiennes, 2010.

REFERENCES MUSICALES :

  • James Whitmore , Brush up your Shakespeare
  • Beethoven , Coriolan  (ouverture)

Par Adèle Van Reeth

Réalisation :Nicolas Berger

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Dans ce deuxième volet des "Nouveaux chemins de la connaissance", le poète et professeur Michael Edwards nous présente la pièce Antoine et Cléopâtre de Shakespeare. Il décrypte la relation exaltante entre Antoine qui "a renié le Grand Antoine qu'il était" et Cléopâtre qui "représente le plaisir" pour celui qui reconnaît que "les lits en Orient sont doux".

Cléopâtre n'a pas tort de se moquer d'Antoine en lui disant : laisse-moi si tu veux, retourne à Rome... distribue des royaumes, des principautés, comme si l'empire finalement c'était simplement un jeu un peu comme un chef mafia qui donne telle ville à son premier fils, telle autre ville à son deuxième... J'évoquerais Napoléon mais je n'oserais pas !

Je pense que Roméo et Juliette sont vraiment l'un en face de l'autre et tout à fait conscients de l'autre, c'est le vrai amour. Dans le cas de Antoine et Cléopâtre, je pense que c'est sans doute vrai aussi finalement. L'amour de l'amour d'Antoine, c'est l'amour de cet amour que nous avons créé ensemble, comme si nous avions créé une nouvelle terre et de nouveaux cieux...

Selon Michael Edwards, la mort de Cléopâtre "est absolument essentielle" dans le dénouement de la pièce alors que Shakespeare a voulu faire de la mort "quelque chose de beau" contrairement à d'autres tragédies.

Au moment de se tuer, [Cléopâtre] entre de nouveau dans le rêve de leur amour à cause de la mort. Il y a un moment très important où elle entre dans son monument (c'est le mot du texte, c'est-à-dire son immense tombeau) et elle parle d'entrer dans la maison mystérieuse de la mort et tout de suite elle dit : "Je ne sortirai jamais d'ici". Et c'est un peu comme si elle comprenait maintenant ce qu'est la mort. Elle pensait que l'amour c'était l'immortalité, elle comprend maintenant que l'immortalité c'est aussi la mort.

EXTRAITS :

En anglais : téléfilm de la BBC du 03 12 78Cléopâtre : Jane Lapotaire – Antoine : Colin Blakely - Enobarbus Emrys James

En français :  émission radio du 27 01 51 – traduction d’André Gide - avec Maria Casares (Cléopâtre) Maurice Escande (Marc Antoine) - Jean Davy (Enobarbus) - Gaetan Jor (Mécène)

REFERENCES MUSICALES :

- Beethoven, Sonate n°2

- The Mark VI, Cleopatra

- Johann Adolph Hasse, Antoinio e Cleopatra

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Nicolas Berger

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Dans ce premier temps des "Nouveaux chemins de la connaissance" dédié aux pièces romaines de Shakespeare, l'universitaire en études théâtrales Jérôme Hankins nous décrypte la pièce Jules César qui date de 1600. Les pièces romaines shakespeariennes ne font  pas partie d'un cycle, elles sont éclatées dans le temps.

Que nos hommes politiques lisent un peu "Jules César" parce que c'est une leçon de discours sur la portée des mots, sur aussi la manière dont on peut réfléchir à un acte politique et en prendre la responsabilité.

Il insiste sur l'importance de la tirade de Brutus envahi par le doute et qui parle de détruire un homme tout en sachant "que son acte va faire basculer la République romaine dans quelque chose de totalement inconnu" et d'ailleurs "la mort de César va entraîner la mort de la République".

C'est une tirade tellement émouvante parce que Brutus est prisonnier de ses propres questions parce que forcément il va être un boucher, forcément. Et donc il se trompe lui-même et Shakespeare montre un être humain en train de se tromper lui-même et de s'illusionner lui-même. [...] Il est très conscient des répercussions et des conséquences de ce qu'il va faire et tout est une question de mots et d'images.

Jérôme Hankins nous explique en quoi l'adjectif "honorable" du discours de Marc-Antoine peut changer le cours de l'histoire. C'est une pièce sur la manipulation des hommes politiques, "le discours de Brutus est pauvre parce qu'il est sincère" alors que Marc-Antoine "va utiliser les vers" et "toute la machinerie rhétorique".

Là où [Marc-Antoine] est très habile, là où le sang a créé une communauté de conspirateurs, les a tous liés, il va les délier en leur serrant la main individuellement. [...] C'est le sang qui est le serment, ils ont tous baigné leurs mains, ils sont couverts du sang de César et Marc-Antoine va se couvrir du sang de César mais les séparer individuellement en leur serrant la main et déconstruire finalement ce qu'ils ont construit. Et c'est là qu'il commence, lui, à détisser l'acte politique et c'est là sa grande victoire déjà.

EXTRAITS :

  • Version anglaise : film_Jules César_  de Joseph Mankiewicz, (1953)avec Marlon Brando  (dans le rôle d’Antoine),
  • Version française : enregistrement radiophonique, 04/12/1960. Traduction de Claude-André Puget.Avec Pierre Fresnay  dans le rôle de Marc-Antoine, Henri Rollan  dans le rôle de Brutus et Jean Piat  dans le rôle de César**.** 
  • Discours de François Hollande, 2 mai 2012 sur TF1

REFERENCES MUSICALES :

  • Felix Mendelssohn , Le Songe d’une nuit d’été, op 61
  • AC/DC , Hail Caesar

Par Adèle Van Reeth

Réalisation :Nicolas Berger

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Pourquoi le monde que l'on perçoit peut-il nous importer pour penser ? Et la perception est-elle alors de la connaissance ? Le brillant Jocelyn Benoist nous éclaire sur la querelle qui agite le monde universitaire américain, entre Charles Travis et John McDowell. Avec en plus "Les visiteurs", la chanteuse Juliette, et une analyse sur ce que veut dire "être de la viande".

TEXTES:

  • John Austin , *Le langage de la perception * (édition anglaise : Sense and Sensibilia , 1962), chap. 7, p. 160-161, Vrin.

  • Charles Travis , Le silence des sens (Editions du Cerf,2015)

EXTRAITS:

  • Charles Travis : Conférence en l’honneur d’Hilary Putnam's 85th Birthday (2/06/ 2011)

  • John McDowell : Conférence à la UCD School of Philosophy à Dublin (23-25/04/2013)

- Mon beau-père et nous , film de Paul Weitz (2010)

  • Les visiteurs , film de Jean-Marie Poiré (1993)

INSTRUS:

  • Etienne Schwarcz, La tempête du temps

  • Foreign Office , Après l'orage

  • Mogwai , Finish it

CHANSONS:

  • Annie Markan , Est-ce que tu me vois, dis

  • Juliette , Tout est bon dans le cochon

  • Guy Demaysoncel , Le bal des apparences

La chronique « 2 minutes papillon » de Géraldine Mosna-Savoye A propos de deux ouvrages : Devenir humains * d’Yves Coppens (ed : Autrement) et Une belle histoire de l’homme* , sous la direction d’Evelyne Heyer, préface d’Yves Coppens (ed :Flammarion)**
Par Adèle Van Reeth

Réalisation :Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

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Après l'essai sur l'entendement humain, la propriété privée et l'invention de la conscience, nous nous plongeons aujourd'hui dans les travaux de John Locke navigateur, ce philosophe explorateur, à la découverte du Nouveau monde. 

Et si Locke justifiait l'esclavage ? La liberté et l'égalité des hommes, tant défendue par lui, sont ici repensées à l'épreuve du Nouveau Monde. Tentons de résoudre ce problème épineux et naviguons sur le "grand océan de la connaissance" avec Matthieu Renault, docteur en philosophie politique à Université Paris VII Diderot. 

Voilà la condition de l'esclavage sous la forme parfaite et ce n'est rien d'autre que la continuation de l'état de guerre entre un conquérant légitime et son captif ; dès qu'un pacte intervient entre eux, s'ils conviennent que l'un exercera un pouvoir limité, auquel l'autre obéira, l'état de guerre et d'esclavage cesse pour toute la durée de ce pacte. On l'a dit, nul ne peut donner à autrui, par le moyen d'une convention, ce qu'il ne possède pas lui-même : c'est-à-dire le pouvoir de disposer de sa propre vie. John Locke, Deuxième traité du gouvernement, Chap. IV, § 23, 24, 1689

Très vite Locke s'intéresse aux récits de navigateurs en Inde et en Amérique. Il occupe d'ailleurs plusieurs postes dans l'administration coloniale et doit s'occuper de l'approvisionnement en esclaves et des relations entre colons et esclaves. 

Locke conçoit la connaissance sur le modèle de l'expansion, d'une sorte d'expansion mercantiliste et coloniale. Il a une idée de l’expansion de l'entendement comme l'accroissement de la connaissance. Le modèle de la connaissance, c'est la pratique de la navigation : on s'oriente dans les mers comme on s'oriente dans la connaissance. Matthieu Renault, docteur en philosophie politique

Pourtant, Locke n'a jamais mis les pieds en Amérique, et lorsqu'il voit l'océan pour la première fois, c'est à la Rochelle, en France. Pour lui, le navigateur est avant tout une métaphore, celle d'une exploration intellectuelle : 

C'est l'expansion de l'entendement. Mais Locke a une représentation bien matérielle de la navigation. Il a lu des récits de voyages et a une idée bien concrètes de ce qu'ont apporté les navigateurs à la nation anglaise. Matthieu Renault, docteur en philosophie politique

Dans un extrait du Traité du gouvernement civil, Locke théorise le droit d'un gouvernement à dominer un autre, et cette théorie s'applique au Nouveau monde, qui apparaît comme un laboratoire de pensée : 

Il y a une condamnation de la conquête dans ses textes. Ce qu'il va essayer de faire, c'est de montrer que la colonisation anglaise n'est pas de l'ordre de la conquête. Pour lui, la conquête, c'est ce qu'on fait les Espagnols par la guerre et le pillage des ressources, sans le consentements des Indigènes. Il explique que les colons anglais vont procéder par l'appropriation de terres inoccupées par les Indigènes. Il veut se détacher de la théorie de la conquête pour valoriser la théorie de l’appropriation.  Matthieu Renault, docteur en philosophie politique

TEXTES :

  • John Locke, Essai sur l’entendement humain , 1689, trad. Jean-Michel Vienne, (Vrin, 2001)

- Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres , 1899 , partie I, (Pléiade, 1985), p. 59-61

- John Locke, Traité du gouvernement civil , 1689, (PUF), trad. David Mazel

- John Locke, Le Second traité du gouvernement civil , 1689, (PUF, 1994) trad. Jean-Fabien Spitz

EXTRAITS :

- Vers la liberté , documentaire d’André Maurois 1ère chaîne 01/01/1956 - Le Nouveau Monde , film de Terrence Malick (2005)

-  *La Controverse de Valladolid**,**  * filmJean-Daniel Verhaeghe (1992)

INSTRUS:

  • Anonyme ,Chow bente
  • William Lawes , Consort set n°1 fantaisie
  • William Lawes , Consort set n°1 Gaillarde

CHANSONS: 

  • Cat Stevens , Wild World

- Joe Dassin , L’Amérique

Par Adèle Van Reeth

Réalisation :Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

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2015

De la propriété privée à la propriété de soi, aujourd'hui, Jean-Fabien Spitz nous plonge au cœur du Second Traité de John Locke.

TEXTES :

  • Le Petit Prince  (Antoine de Saint Exupéry, 1943) lu par Bernard Giraudeau, CD audio, (Gallimard jeunesse, 2007)
  • John Locke , Traité du gouvernement civil , chapitre 5, §135,1689, PUF, trad. Jean-Fabien Spitz, 1994, pp.97-98
  • John Locke , Traité du gouvernement civil , chapitre 5, §26,1689, PUF, trad. Jean-Fabien Spitz, 1994, pp.21-22

EXTRAITS :

  • Manon des sources , film de Marcel Pagnol (1952)
  • L’Huissier  téléfilm de Pierre Tchernia, Antenne 2, (03/01/1991), adaptation de la nouvelle *L’Huissier * de Marcel Aymé (1941).

CHANSONS :

  • Billy May , A cute piece of property
  • Didier Wampas , La propriété c’est du vol

Par Adèle Van Reeth

Réalisation :Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

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Année de parution :
2015

Et pourquoi les révélations divines ne sont-elles en rien nécessaires pour assurer la certitude de notre savoir? Une introduction à l'Essai sur l'entendement humain, un ouvrage qu'on découvre aussi épistémologique que pratique, avec Jean-Michel Vienne.

TEXTES :

  • John Locke , Essai sur l’entendement humain , livre II, chapitre 1, §2-4 (Vrin)
  • John Locke , Essai sur l’entendement humain , Livre IV, chapitre 18, §4-5 (Vrin)
  • John Locke , Essai sur l’entendement humain , §6 (vrin)

EXTRAITS :

  • *Lost, les disparus, * série américaine créé par J. J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber et diffusée dès 2004.
  • L’œil de l’astronome,  film deStan Neumann, Avec Denis Lavant (2012)

INSTRUS :

  • Matthew Locke , Suite n°2 fantaisie pour consort de violes
  • Arvo Part , Tabula rasa 1er mouvement

CHANSON :

  • Alain Chamfort , Qu’est-ce que t’as fait de mes idées noires

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Mydia Portis-Guérin

Lectures: Jean-Louis Jacopin

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2015

Le philosophe François Dagognet nous a quittés dimanche. Quelle oeuvre nous a-t-il léguée ? Et qu'entendait-il quand il se définissait comme un "matériologue", "extériologue", "objectologue" et même "abjectologue" ? Hommage à cette pensée en compagnie de Robert Damien et Daniel Parrochia.

ARCHIVES :

  • François Dagognet : France Culture, émission « A voix nue » avec Francesca Piolot (1998)

  • François Dagognet : France Culture, émission « La nuit sur un plateau » (20/06/1988)

  • François Dagognet : France Culture, émission « La science et les hommes » (24/05/1995)

De « C’est un objet » à « méta-philosophique »

  • François Dagognet : France Culture, émission « Première édition » (8/05/2000)

LECTURE :

**- François Dagognet, ** La raison et les remèdes (PUF, 1964)

REFERENCES MUSICALES :

  • Yaron Herman , Vista

  • **Xylo, ** Laurent Rochelle , Machineries bottle factory

  • **Gilles, ** La vie

La chronique « 2 minutes papillon » de Géraldine Mosna-Savoye A propos du livre de Stéphane Mosès , Approches de Paul Celan paru aux éditions Verdier

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Nicolas Berger

Lectures: Judith Henry

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2015

Pour clore cette série d'émissions consacrées au thème de la consolation en philosophie, Ludmilla Charles, maître de conférences en langue et littérature française à l'université de Tours, vient vous raconter la douleur inconsolable du poète endeuillé. "Quand sa fille Léopoldine meurt le 4 septembre 1843, il n'y a pas pour lui de consolation possible. Il y a même un refus de la consolation, un refus de l'oubli déjà. Ses poèmes, au contraire, se plongent dans la mémoire, dans une façon de faire revivre le passé, de rester dans le passé."

Comment ce projet poétique que sont Les Contemplations va donner lieu non pas à une consolation, mais à une forme d'écriture du deuil, de l'inconsolation dont l'écrivain fait l'expérience mais qui passe paradoxalement par une difficulté à dire JE ? Parce que l'on voit que dès la préface, Victor Hugo parle de lui à la troisième personne et se présente comme un auteur.

Ludmilla Charles : "En effet, d'une expérience personnelle, Hugo va en faire à travers la poésie l'équivalent, plus que d'une main tendue, d'une forme d'identification au lecteur, c'est-à-dire à autrui en général."

"L'auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l'a déposée dans son cœur. Ceux qui s'y pencheront retrouveront leur propre image dans cette eau profonde et triste qui s'est lentement amassée là, au fond d'une âme. Qu'est-ce que les contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, les mémoires d'une âme. Ce sont en effet toutes les impressions, tous les souvenirs, toutes les réalités, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres que peut contenir une conscience revenue et rappelée rayon à rayon, soupir à soupir et mêlée dans la même nuée sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil. C'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir et qui s'arrête et perdue au bord de l'infini. Cela commence par un sourire, continue par un sanglot et finit par un bruit du clairon de l'abîme. Une destinée est écrite là, jour à jour. Est-ce donc la vie d'un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n'a l'honneur d'avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne. Vous vivez ce que je vis, la destinée est une. Prenez donc ce miroir et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent « moi ». Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah, insensé qui croit que je ne suis pas toi." Victor Hugo, Préface des Contemplations

Textes lus par Judith Henry

  • Victor Hugo, Les Contemplations, livre I « Aujourd’hui » livre IV « Pauca meae (Livre de Poche 2002), p. 295
  • Victor Hugo, Les Contemplations, « A celle qui est restée en France » (dernier poème) VII,2 (Livre de Poche, 2002) p. 544-545
  • Victor Hugo, Les Contemplations, livre V « En marche », 6 « À vous qui êtes là » (Livre de Poche)

Extrait diffusé

  • Les Contemplations, livre II « Aujourd’hui », partie IV, poème 15), lecture par Jean Negroni, « Pour le jour des morts » 2/11/1968

Musiques diffusées

  • Herman Yaron, Hallelujah
  • Rodrigo Joaquin, Sones en la giralda fantasia sevillana , Lento pour harpe et orchestre
  • Wojciech Kilar, Orawa
  • Georges Brassens, Pensée des morts
  • Christoph Willibald von Gluck, J’ai perdu mon Euridice

Et la chronique "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye : à propos du livre de Bruno Fuligni, Dieu au parlement (éditions Bibliomnibus)

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2016

Après avoir frappé sa femme, Olivier passe sa première nuit au milieu de SDF, au foyer Emmaüs de Douai. Conséquence d’une nouvelle mesure unique en France.

1ère diffusion le 25/02/2004

Reportage : Elodie Maillot

Réalisation : Claude Giovanetti (et Vincent Abouchar)

Musique de fin : ** **** "Bang Bang" ** par Nancy Sinatra - Album "Sand" - 1966

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Reportage : Elise Andrieu

Réalisation : Eric Lancien

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Un jour, ils ont reçu une lettre. Puis une seconde, une troisième. Celles-ci sont menaçantes et ne sont pas signées. On en veut au rédacteur-en-chef d'un journal lycéen après l'attentat contre Charlie Hebdo ou à une femme qui ne veut pas quitter son compagnon convoité par une autre.

Reportage : Judith Chetrit

Réalisation : Marie Plaçais

Chanson de fin : "William is back" par Bror Gunnar Jansson - Album "Moan Snake Moan".

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Après avoir passé l'hiver à la prison de Fresnes pour trafic de stupéfiants, Sidi a obtenu un aménagement de peine, il est en semi-liberté. Ce qui signifie bien qu’il n’est qu’à moitié libre. La nuit, il dort en prison, le matin, il retourne dans son quartier, travaille, essaie de vivre et de résister à la tentation des petits trafics et de l'argent facile…

*1ère diffusion le 15/10/2010 *

Reportage : Delphine Saltel

**Réalisation : Nathalie Battus ** (et Vincent Abouchar)

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Ils ont décidé d'adopter un régime alimentaire sélectif en raison de leur recherche de performance ou de leurs convictions éthique, philosophique ou écologique. Ils sont crudivores, frugivores… Ils racontent.

Reportage : Maylis BesserieRéalisation : Marie Plaçais

Chanson de fin : "The lady is hungry" par Luna Soon - Album : "Luna Soon" (2013).

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Alors qu'elle détestait l'école, Virginie est devenue institutrice. Après un décrochage en 3e, Johanne est repartie de zéro pour devenir aide-soignante. Deux histoires mouvementées de revanche scolaire.

**Reportage : ** Yann Thompson

Réalisation : Lionel Quantin

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Estelle est strip-teaseuse. Depuis une vingtaine d'années, elle travaille dans différents peep-show parisiens. Elle nous raconte les transformations de son corps mais aussi ses rêves et sa conception du bonheur.

*1ère diffusion le * 28/11/2007

Reportage : Charlotte Bienaimé

Réalisation : Marie-Laure Ciboulet (et Doria Zénine)

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A 33 ans, Morade vient de divorcer et cherche une femme qui ne le trahisse plus, sur le site de rencontre musulman "Inshallah.com". Il se prépare pour son rendez-vous avec la mystérieuse Sonia.

*1ère diffusion le * 27/01/2011

Reportage : Bahar Makooi

Réalisation : Anne Franchini (et Doria Zénine)

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2024

“L’Avion Poutine l’Amérique... et moi” de Marc Dugain

Nous sommes d’abord dans l’Amérique des années 1980, à New York, temple de la finance où le narrateur travaille avec efficacité, autant qu’avec un certain dégoût. Contrairement à ses collègues, cet homme sait qu’un jour il arrêtera la course à l’argent pour mener une autre vie, à savoir, écrire. Il est installé dans une maison avec femme et enfants, avant de se retrouver à les élever seul.
Son parcours l’amènera ensuite dans la Russie des oligarques des années 90, avant l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. On suit donc la marche de l’Histoire, avec un grand H, que Marc Dugain éclaire d’un point de vue personnel et la vie intime d'un homme.

C’est un livre autobiographie pour une grande part, puisque les points communs sont nombreux entre le narrateur et l’auteur.

“Aucun Respect” d’Emmanuelle Lambert

Nous sommes à la fin des années 1990 et la narratrice a la vingtaine.
Après avoir été stagiaire dans une association qui recueille des archives d’écrivains, la jeune femme finit par y travailler et se retrouve, je cite, à “déballer du Robbe-Grillet”. Donc elle déballe les archives d’Alain Robbe-Grillet, participe à une exposition qui lui est consacré, tandis qu’elle n’avait encore jamais lu, ni vu les films du “pape du nouveau roman”.
Le récit est l’occasion d’un portrait de l'écrivain et de sa femme Catherine, par ailleurs dominatrice SM, qui ne cesse de répéter à la narratrice “vous, vous êtes très normale tout de même”.

La jeune fille est étrangère aux codes du milieu intellectuel parisien qu’elle décrit avec humour et espièglerie. Espièglerie, qui donne le ton a l’ensemble du livre.

“Moi, ce que j’aime, c’est les monstres” (Livre deuxième) d’Emil Ferris

Traduction de Jean-Charles Khalifa

Emil Ferris s’est fait connaître il y a 6 ans avec “Moi, ce que j’aime, c’est les monstres”, roman graphique qui connut un grand succès en France comme aux Etats-Unis et qui fut auréolé de plusieurs prix dont le Fauve d’Or du Festival d’Angoulême.
Le livre deuxième de “Moi, ce que j’aime, c’est les monstres” vient de paraître. On retrouve le journal de bord de la jeune Karen Reyes, alter-ego de l’autrice, elle avait 10 ans dans le premier volume, elle est ado dans celui-ci et se dessine sous les traits d’une louve-garou. L’univers de Karen Reyes, c’est le Chicago malfamé des années 60. Elle y vit avec son frère, bientôt mobilisé pour le Vietnam, leur mère est décédée au début du livre. Ce livre deuxième reprend les motifs de la question queer, de la violence et de la place de l’art.

Comme pour le premier livre, Emil Ferris a réalisé tous les dessins en couleur, au stylo bille, avec un système de hachures. Elle réinterprète des tableaux d’Edward Hopper ou Toulouse Lautrec autant que des unes de magazines pulp.

“Fort Alamo” de Fabrice Caro

Le récit commence au supermarché, comme “Zaï Zaï Zaï Zaï”, excellente bande dessinée qui l’a fait connaître. Nous sommes donc à la caisse, Cyril le narrateur, est dans la file, un homme le double, prend sa place sans excuses, et paf, le malotru s’écoule sur le sol. Un filet dans le journal local précisera que l'homme a été victime d’un AVC.
Le problème, c’est Cyril constate une hécatombe autour de lui : à chaque fois qu’il éprouve une colère contre un être humain ou un animal, celui-ci succombe. C'est fâcheux. Cyril finit par se décrire en superhéros doté de pouvoirs nocifs qu’il appelle AVCman. Ce qui nourrit inquiétude et culpabilité cela dit.
Que va-t-il se passer au repas de Noël, en présence de sa belle-sœur Corinne, qu’il ne porte pas dans son cœur (euphémisme). Comment faire avec la douleur de ceux qui restent, comment se comporter, avec ceux qui surjouent la tristesse et surtout comment vivre le deuil, puisque Cyril vient lui - même de perdre sa mère dont il faut vider la maison ?

On croise l’incroyable Hulk, Sinatra, et Jean-Paul Sartre, dont Caro complète au passage la phrase suivante : “l’enfer c’est les autres avec les réseaux”.

“Les Hommes manquent de courage” de Mathieu Palain

Le récit est mené par une femme, à la première personne.
Elle se prénomme Jessie. Elle a la quarantaine, elle est prof de maths, mère de deux enfants de pères différents.
L’aîné a 15 ans, il s’appelle Marco, il fume du shit et veut sortir de la vie de sa mère le plus vite possible. Mais un soir il l’appelle pour qu’elle vienne le chercher, tout de suite. Dans la voiture, il lui dira qu’il vient de violer sa petite amie.
Mère et fils se mettent alors à rouler dans la nuit et l’aveu de son fils conduit Jessie à raconter son histoire à elle. Son enfance, le viol subit à 18 ans, la vie qui s’en est suivie.
Les phrases sont courtes, ça va vite, on entre dans l’intimité de cette femme de kilomètres en kilomètres.

Le roman est précédé d’un avertissement qui précise qu’il est inspiré d’une histoire vraie. Chacun des trois romans de Mathieu Palain s’appuie sur le réel, d’après des enquêtes qu’il a menées ou des témoignages recueillis.

Les coups de cœurs :

  • Jean-Marc Proust : Œuvres de HP Lovecraft, collection Pléiade/Gallimard
  • Raphaëlle Leyris : livre "Christophe Honoré, des fantômes et des arts" de Xavier Lardoux, Gallimard
  • Laurent Chalumeau : livre "Clean" de Joann Zarca, éditions de la goutte d’or
  • Patricia Martin : livre "Chien perdu" d'Alain Veinstein, Flammarion
  • Rebecca Manzoni : livre “Dickens et Prince, un génie bien particulier” de Nick Hornby, Stock
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2024

Marius est une adaptation contemporaine, plus d'un siècle après sa création du premier volet de la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol. Cette version de Marius est née d’improvisations menées avec des détenus de la prison d’Arles. Elle a été créée en 2016 dans cette centrale, elle est reprise aujourd’hui dans le cadre du festival d’automne, la distribution mêle acteurs professionnels, et anciens détenus qui ont intégré la troupe de Pommerat. Dans cette version, L'Estaminet de César est devenu une boulangerie-café souvent vide, qui tente de survivre au McDo. Les personnages ont des portables. Panisse est devenu loueur de scooter, et la radio, diffuse Jeanne Mas ou Sheila. Mais la trame reste la même ! Marius, bien qu'amoureux de Fanny, rêve de grand large. Son père, César le couve, voire l'étouffe de son amour, espérant que le café- boulangerie lui assurera un avenir dans un monde incertain. Il y a évidemment la scène culte de la partie de cartes.

Sandrine Blanchard : « A la fin, j’avais envie que l’histoire se poursuive »

La journaliste et critique pour Le Monde a mis du temps à entrer dans la pièce au départ : « Ça manquait de rythme. Mais à partir du moment où Marius arrive, je suis entrée dedans. Interprété par Jean Riumi, tellement touchant, qu'il apporte une énergie. Et à la fin, j’ai trouvé que ce spectacle assez court et je serais bien restée avec eux. J'avais envie que l'histoire se poursuive. » Sandrine Blanchard a été épatée : « Joël Pommerat nous prouve qu'il peut tout faire, puisque cette adaptation est extrêmement différente de ce qu'il a proposé jusqu'à présent. Il avait promis aux prisonniers qu’ils joueraient la pièce une fois qu’ils seraient sortis de prison. Et on sent vraiment l'aventure humaine derrière. Peu importe qui est ancien détenu, qui ne l'est pas : ils sont tous très bien. J'adore aussi le comédien qui joue Panisse. J'ai été moins convaincue par Fanny. Cela tient peut-être de la manière dont elle est dirigée. Je la trouve trop calme, une espèce de fille parfaite qui se maîtrise tout le temps. »

Pierre Lesquelen : « J’ai retrouvé le Joël Pommerat du mystère et de l’étrange que j’apprécie »

Le dramaturge et professeur en études théâtrales n’avait pas été convaincu par les deux derniers spectacles que Joël Pommerat qu’il avait trouvé « un petit peu verrouillé. Je le trouvais un peu trop certain de son pouvoir de metteur en scène et d'auteur. Dans ce spectacle, j'ai retrouvé une sorte de mystère, d'étrangeté que j’aime chez lui. J'ai adoré les acteurs et les actrices que j’ai trouvés dans une forme de présence très brute et très ténue. L'opération faite sur le texte de Pagnol est audacieuse. Je précise que le metteur en scène a travaillé avec Caroline Guiela Nguyen, dont on reconnaît l'esthétique à travers ce décor naturaliste qui contribue à l’étrangeté. La violence et le tragique du texte ressortent très bien. Mais je ne sais pas si j'ai été ému par ce spectacle qui crée un état émotionnel un peu stationnaire. Et j'aurais aimé que ce texte peut-être soit plus travaillé dans ses contrastes.Mais c'est un très beau spectacle.»

Fabienne Pascaud : « Joël Pommerat nous ramène à ce que le théâtre a d’universel »

La critique à Télérama a beaucoup aimé le spectacle : « Ces prisonniers purgent de longues peines d’au moins 20 ans. Ils ont un vécu lourd, et une présence différente, des acteurs qu'on voit d’habitude. Les physiques sont différents. Malgré tout, on ne voit pas la différence avec les acteurs professionnels. En les choisissant, et en les faisant travailler, Pommerat, nous ramène à ce que le théâtre peut avoir d'universel et peut vouloir dire d'essentiel en terme de survie. Un climat de nécessité, d'urgence baigne tout le spectacle et cela m'a bouleversée. »

Laurent Goumarre : « Il manque un geste fort d’auteur »

« J'ai dormi et je n’aurais jamais dû me réveiller ! » avoue le producteur à France Inter qui poursuit : « J'ai eu un problème avec ce spectacle. Je ne lis jamais rien avant d'arriver dans un spectacle pour être vraiment contemporain de ce qui se passe. Et là je voyais bien qu'il y avait quelque chose dans le spectacle, dans le jeu des acteurs, notamment celui qui joue Marius, très impressionnant, avec une force un peu brute de décoffrage. Mais il n’y a pas trop d'accent dans le jeu qui reste presque monolithique du début jusqu'à la fin. Je trouve que Joël Pommerat s'est retiré de la mise en scène. Et moi, j'aime les gestes d'auteur, même s'ils sont verrouillés dans une mise en scène. Et là, il n’y en a pas. Ce "Marius" est plus un drame social qu'un drame comique. »

Marius, mis en scène par Joël Pommerat, sera à la Ferme du Buisson dans le cadre du Festival d'automne les 18 et 19 décembre, puis à Marseille du 8 au 12 janvier. La pièce ira ensuite à Limoges, Alès, Tarbes, Strasbourg. La tournée dure jusqu'en juin 2025.

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