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Retour sur 30 ans de progrès techniques et sociétaux de la chirurgie cardiaque, dont le coeur artificiel n'est que la dernière avancée en date.
Nous recevons aujourd’hui le professeur Alain Pavie , chirurgien en cardiologie à la Pitié Salepétrière, pour aborder les thématiques liées à la chirurgie cardiaque : chirurgie des gros vaisseaux du cœur, chirurgie des valves aortiques et mitrales, le pontage coronaire qui a été remplacé fort avantageusement par la pose de petits ressorts appelés stents et qui maintiennent ouvert le calibre des artères du muscle cardiaque et surtout la formidable avancée de la transplantation cardiaque et tout récemment l’avenir avec le cœur artificiel.
Le cœur est perçu comme le siège des sentiments mais il est surtout le lieu de la vie. Tenir dans sa main un coeur n’est pas anodin… pouvoir ainsi être dans l’intime et le symbolique qui n’est qu’un muscle mais qui est source de vie. C’est ce que vivent les chirurgiens cardiaques. Nous aurons donc le témoignage d’un grand chirurgien qui a parcouru toutes les avancées de ces 30 dernières années, il peut ainsi nous parler des progrès techniques et des progrès sociétaux. Ainsi, aujourd’hui des femmes jeunes peuvent être enceinte après une greffe cardiaque. Nous parlerons également des maladies congénitales et de leurs traitements. La médecine française en ce domaine est en pointe et Alain Pavie , notre invité, en est un grand témoin.
Décidons d’appeler « monde » tout ce avec quoi nous sommes en interaction : le ciel étoilé tel que nous l’apercevons d’ici-bas, à l’œil nu, la Terre et sa matière, la lumière, la végétation, les animaux, les montagnes, l’air, les fleuves, les océans, les glaciers et bien d’autres choses encore. Bref, le monde désigne cela dans quoi notre corps vit, respire, perçoit, voyage, réfléchit, imagine, pense et rêve.
Ce monde-là, parce qu’il nous impose toute l’autorité de sa présence, occulte l’univers tel qu’il se déploie au-delà de lui. Parfois, il nous dupe à son sujet. Je ne parle pas ici des effets de la « pollution lumineuse », cette lumière artificielle visible en extérieur qui, la nuit, prive un nombre croissant d’êtres humains du spectacle de la Voie lactée. Non, c’est notre monde tout entier qui fait souvent écran entre l’univers et nous. Il est pour nous l’équivalent de la mer pour les poissons : physiquement condamnés à demeurer au sein de leur habitat liquide, ils ne peuvent guère distinguer ce qui se passe en dehors.
En somme, par la pédagogie à la fois trompeuse et convaincante qu’il distille implicitement, notre monde fait office de masque : selon les circonstances, il agit comme un trompe-l’œil, un voile, un filtre, une feinte, une parodie, un écran, un semi-conducteur, un exil, une caverne à la Platon d’un nouveau genre. Il y a de l’erreur dans son air, des leurres dans ses lueurs apparentes, des « mondanités » trompeuses dans ses manières, des pièges sournois dans ce qu’il montre et semble démontrer.
Mais au fil du temps, les corps et les esprits, aidés d’instruments techniques de plus en plus sophistiquées, ont su faire alliance pour comprendre ce qui se déroule hors de la portée de notre regard, à l’autre bout de l’univers.
Quelle est donc l’histoire de cette sorte de révélation par laquelle nous autres les humains avons fini par percer certains secrets de l’univers ?
Avec Pierre Léna, astrophysicien, membre de l’Académie des sciences, auteur avec Christian Grataloup de Atlas, histoire du Ciel (Les Arènes, 2024).
Platon disait que l’homme est un bipède sans plume. Ce à quoi Diogène le Cynique répondait qu’alors ce devait être un poulet plumé.
Le critère platonicien n’est en effet ni très clair ni suffisamment précis.
Reste un fait qui permet de distinguer l’homme de l’animal, fût-il singe : des hommes ont construit un musée de l’homme, tandis que les animaux n’ont pas encore construit un musée de l’animal. D’après nos informations, ce projet n’est même pas dans leurs cartons, d’autant moins qu’ils n’ont même pas de cartons.
Alors, pour en savoir plus sur les réponses qu’on peut donner à des questions comme : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?
D’Anselm Kiefer on connaît les tableaux, les sculptures et l’amour qu’il a pour les livres. Cet artiste complet aime évoquer sa fascination pour l’œuvre de Robert Fludd, ce penseur anglais de la Renaissance, qui était tout à la fois médecin, physicien, mystique, et qui s'attachait à théoriser une sorte d’harmonie entre le macrocosme (disons le monde) et le microcosme (disons l'homme et ce qui le constitue).
Anselm Kiefer a accepté de revoir l’équipe de *La Conversation scientifique * dans son immense atelier pour évoquer son œuvre, son rapport personnel à la matière et à la cosmologie.
Contrairement à ce que l’on répète trop souvent dans le sillage d’un certain Martin Heidegger, la science pense. Elle pense au sens où elle génère de la pensée, et elle pense aussi au sens où elle engendre du pensable. Cette affirmation vaut également, bien sûr, pour les mathématiques, même si on dit d’elles qu’elles sont une science spéciale, une science pas comme les autres, peut-être même autre chose qu’une science.
Dans cette "Conversation scientifique" autour des mathématiques, le philosophe Alain Badiou se place comme un "amateur instruit". Il évoque parfois que "la pensée est asséchée" devant la complexité des mathématiques, mais "quand on arrive à surmonter cet état, il y a réellement une joie".
"Il y a quand même en mathématiques des conclusions qui pendant longtemps paraissent étranges ou paradoxales. [...] Encore aujourd'hui, je me dis : un nombre premier gigantesque, comment fait-il pour être gigantesque et n'avoir aucun diviseur ? Je sais que c'est vrai, je sais que c'est comme ça, je comprends même pourquoi c'est comme ça, mais tout de même, quand on revient à l'énoncé élémentaire, on reste dans une certaine surprise."
La philosophie, entre la poésie et le langage mathématique
Concernant la philosophie, il dit avoir constaté qu'elle était "toujours un langage bâtard ou impur" qui hésite entre la poésie et le langage mathématique.
Alain Badiou convoque aussi la figure de son père, Raymond Badiou, professeur de mathématiques, qu'il voyait écrire sur des bouts de papier "des choses mystérieuses" qui "relevaient naturellement de la concentration, de la discipline [...] mais aussi de quelque chose qui n'était pas complètement étranger au jeu".
Alain Badiou considère les mathématiques comme "une pensée des structures" et fondamentalement comme "la science générale des formes". "La mathématique s'intéresse à ce qu'on pourrait appeler les figures de vérité. Les figures de vérité, en tant qu'elles ne sont que des figures, sont indépendantes en partie de l'existence singulière, particulière et objectivement perceptible d'un monde déterminé."
- Alain Badiou et Gilles Haéri, Éloge des mathématiques, Flammarion, 2017
La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur, les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Chacun reconnaît là un extrait du poème de Paul Eluard, écrit en 1929 et intitulé « La Terre est bleue ».
Il existe d’innombrables interprétations de ce poème surréaliste, mais il en est une que Paul Eluard ne pouvait pas connaître, car elle s’appuie sur des découvertes récentes faites par les chercheurs qui s’intéressent aux climats passés de la Terre. Ils savent désormais que non seulement la Terre en a vu de toutes les couleurs, mais aussi qu’elle est passée par toutes les couleurs.
En effet, notre planète n’a pas toujours eu l’aspect bleu que nous lui connaissons aujourd’hui. Il lui est arrivé d’être orangée et même tout à fait orange, comme Titan, le plus gros satellite de Saturne, ou bien blanchâtre comme Encélade, un autre satellite de Saturne, ou comme Europe, un satellite de Jupiter.
Comment expliquer ces changements de couleur ? Qu’est-il donc arrivé à la Terre au cours des âges qui puisse modifier son apparence et sa teinte ?
L’innovation semble être devenue l’horizon de toutes les politiques de recherche. La Commission européenne s’est ainsi fixé en 2010 l’objectif de développer une « Union de l’innovation » à l’horizon 2020. Cette stratégie « Europe 2020 » prend la suite de la stratégie de Lisbonne promue en 2000, qui visait à faire de l’Union européenne la « première économie de la connaissance ». Mais qu’est-ce donc que l’innovation ? Et qu’attend-on d’elle ? Qu’elle prolonge les cycles en cours et soutienne les structures existantes ? Ou bien qu’elle ouvre des voies radicalement neuves ?
Le mode de développement du monde moderne apparaît comme la victime d’une contradiction douloureuse : il se pense comme universel, et pourtant il sait désormais que son extension à l’ensemble du genre humain, tant dans l’espace que dans le temps, se heurte à des obstacles impitoyables, ne serait-ce que parce que l’atmosphère de notre globe et son climat ne supporterait ni sa généralisation ni son maintien. Il y a donc une contradiction entre notre exigence éthique d’égalité et notre mode concret de développement. D’où le dilemme : ou bien, nous les riches, nous nous coupons du reste du monde au moyen de boucliers divers, ou bien nous inventons un autre mode de développement qui aurait la propriété de pouvoir être universalisé à l’échelle de l’humanité tout entière.
Mais comment penser ensemble toutes les données que nous recensons, celles qui concernent les modifications de notre milieu, celles qui concernent le fonctionnement de la biosphère, celles qui concernent l’état et l’évolution des ressources naturelles ?
Aujourd’hui, chacun le voit bien, la science et la philosophie sont devenues deux disciplines bien séparées, au moins dans la plupart des cursus universitaires. Cette séparation ne semblant guère affecter leurs progressions respectives, il n’y a pas lieu de la remettre en cause, d’autant qu’en apparence la démarche et les objectifs des sciences n’ont guère à voir avec ceux de la philosophie. On pourrait même défendre l’idée qu’il s’agit de deux modes étrangers l’un à l’autre d’exercice de l’activité intellectuelle, qui ne traitent pas des mêmes problèmes, ne mettent pas en jeu les mêmes raisonnements ou facultés, ne reposent pas sur le même type d’organisation et ne répondent pas aux mêmes finalités.
Reste que, tout en étant différentes, la science et la philosophie partagent en sourdine une même visée : la connaissance au sens le plus large du terme. Elles interagissent donc sans doute, plus ou moins fortement selon les sujets. Mais comment ?
Depuis 1968 et les premiers clichés de clair de Terre vu de la Lune faits par l'équipage d'Apollo 8, il est évident pour tout le monde que la Terre est une boule bleue et blanche. Par ailleurs, si l'on a la chance de voyager en avion un jour où le ciel est clair, la courbure l'horizon apparaît nettement dès que l'appareil est à haute altitude. Mais comment percevoir la rotondité de la Terre en restant à sa surface? Dans l'Antiquité, des hommes pensaient déjà que la Terre était ronde. Pourtant, au niveau de la mer, la courbure de l'horizon ne saute pas aux yeux. Mais alors, comment a-t-on su que la terre est une boule ?
A l'occasion de sa réouverture, visite de la galerie de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle, en compagnie de François Farges, Brigitte Zanda et Etienne Klein.
Les minéraux appartiennent à ce que Roger Caillois appelait le « fantastique naturel ».
Contrairement à l’image qu’ils donnent d’eux-mêmes, ils sont instables : sous l’influence de la lumière, de l’air, de la température, de l’eau, des bactéries, ils évoluent et s’adaptent sans cesse en recombinant leurs atomes.
Même les diamants ne sont pas éternels. Quelle est donc la vie d’un minéral ?
Nous sommes le 11 mars 1878, dans l’amphithéâtre de l’Académie des Sciences. Tous les yeux sont rivés sur une curieuse invention : le phonographe, de Thomas Edison. Le physicien Théodose du Moncel, assisté du représentant de la société Edison en Europe, s’apprête à faire entendre les prouesses de l’appareil. Camille Flammarion fait partie de l’assistance. Il raconte : « L’appareil se mit docilement à réciter la phrase enregistrée sur son rouleau. Alors, on vit un académicien d’un âge mûr, l’esprit pénétré, saturé même, des traditions de sa culture classique, se révolter noblement contre l’audace du novateur, se précipiter sur le représentant d’Edison et le saisir à la gorge en s’écriant « Misérable ! » Nous ne serons pas dupes d’un ventriloque ! Ce membre de l’académie s’appelait Monsieur Bouillaud ».
Selon le vieil académicien, la voix perçue par l’assistance n’était donc qu’une illusion* d’acoustique* . Pareille confusion venait démontrer que les prouesses de la machine parlante d’Edison étaient capables de susciter un trouble inédit : le phonographe faisait littéralement entendre des voix et, par ce fait même, il était « structurellement hallucinogène » puisqu’il plaçait l’auditeur forcément surpris en position de délirer.
Thomas Edison, tout le monde le connaît, c’est l’ingénieur au plus de mille brevets, l’inventeur, en plus du phonographe, de la lampe à incandescence, de la pile alcaline et de la chaise électrique. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Thomas Edison mena aussi pendant les dix dernières années de sa vie des expériences autour des phénomènes spirites. Il chercha notamment à construire ce qu’on pourrait appeler un « nécrophone », c’est-à-dire un appareil capable d’enregistrer les sons ou les voix des morts….
Chacun d’entre nous a déjà entendu dire par tel ou tel astrophysicien que les galaxies semblent s’éloigner les unes des autres à une vitesse d’autant plus élevée que leur distance est grande qu’en réalité, ce ne sont pas les galaxies qui se déplacent dans l’espace, mais l’espace lui-même qui s’étend, s’étire, se dilate, emportant avec lui les galaxies. L’univers n’est donc pas statique, mais globalement en expansion. Soit, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Doit-on comprendre que l’univers gonfle au sein d’un espace plus grand que lui ? Qu’il se dilate dans quelque chose ? Ou bien faut-il admettre que l’expansion de l’univers est une expansion d’un genre très spécial, un phénomène qui dépasse toutes les représentations ordinaires ?
Pour cette conversation scientifique consacrée à Chicago, nous résisterons à l’attrait de pentes trop faciles : nous ne parlerons ni des célèbres abattoirs de cette grande ville, ni des émeutes raciales, ni de l’écrivain Nelson Algren, qui y fut l’amant de Simone de Beauvoir, ni de Barack Obama qui y fut travailleur social, ni de Cyrus Mc Cormick qui y inventa la moissonneuse, capable, disait-il, de remplacer six ouvriers nous ne parlerons pas non plus de Louis Armstrong qui y fit ses premiers enregistrements, ni d’Al Capone et de ses sbires qui y firent bien d’autres choses, notamment des trafics en tous genres et le massacre de la saint-Valentin, ni du célèbre hot-dog de Chicago, ni des femmes qui y obtinrent dès 1913 le droit de vote aux élections municipales. Mais alors, de quoi donc allons-nous parler ?
Eh bien de physique. Plus précisément d’un grand laboratoire de physique, le FermiLab, qui est situé à Batavia, tout près de Chicago. Ce laboratoire original, créé en 1967, est spécialisé dans la physique des particules.
L’abeille excède ce qu’elle est : on l’a toujours symboliquement sur-gonflée, ou soumise à une overdose métaphorique. On l’a tantôt décrite comme un puits de science, tantôt comme un modèle de vertus : elle serait dévouée, fiable, fidèle, altruiste, travailleuse, économe on en a fait l’emblème de la monarchie ou de l’empire, mais aussi de l’anarchie, de la démocratie, du communisme on a tiré de son comportement des leçons d’industrie, d’organisation, de poésie, de piété, de chasteté ou au contraire de butinage et on la prend régulièrement en exemple lorsqu’on parle d’intelligence collective, ou bien de citoyenneté participative, on bien d’auto-organisation.
Est-ce que cela ne fait pas trop pour une petite bête ?
Qu’y a-t-il en elle qui nous fascine tant ?
D’où vient l’idée que ces « mouches à miel » pourraient nous aider à mieux penser, à mieux savoir qui nous sommes et d’où nous venons ?
Il n’y a pas de peuples « primitifs », mais des sociétés qui nous sont contemporaines, qui se sont développées parallèlement aux nôtres, avec leurs moyens propres. Elles ne se caractérisent pas par une « mentalité » close, mais mettent en œuvre une pensée qui est aussi la nôtre dès lors que nous cessons de penser comme des scientifiques. Irriguée de magie et de mythes, cette pensée ne s’attache pas moins à analyser, distinguer, classer, combiner, opposer, par des jeux de relation étonnamment précis et systématiques qui reflètent les propriétés du réel tel qu’il s’offre à la sensibilité et à l’intelligence.
Mais des questions se posent : comment parvient-on à connaître ces peuples qui sont si différents de nous ? Comment espérer comprendre ces sociétés sans projeter sur elles toutes sortes de représentations préalables ? Leurs comportements, leurs façons de se montrer, de se raconter, ne dépendent-ils pas de façon cruciale de nos propres façons de les approcher, de les contacter, de les regarder ? À quelle bonne distance l’ethnologue doit-il se placer pour espérer produire de l’objectivité ?
On a longtemps cru que l’océan était un puits sans fond, plongé dans les ténèbres, et seulement habité par des monstres préhistoriques ou mythologiques. Les grandes expéditions sous-marines lancées au XlXe siècle et qui ont culminé un siècle plus tard avec la descente en 1960 d’un bathyscaphe dans la Fosse des Mariannes, à 10916 mètres sous la surface du Pacifique, ont révélé un monde nouveau, le monde des abysses . Il en est ressorti que la plaine abyssale, profonde de 3000 à 6000 mètres, s’étend sur une surface de 300 millions de km2, ce qui représente les deux tiers de la surface terrestre. Dans ce désert noir, où la température moyenne avoisine les 2 à 4° Celsius et où la pression est considérable (de l’ordre de 700 kg/cm2), se développe depuis des millions d’années une faune surprenante, composée essentiellement d’invertébrés gélatineux. Ces espèces de « volumes d’eau vivants » se nourrissent des seuls débris tombés de la surface des océans et produisent leur propre luminescence. C’est dans cet univers là que les scientifiques placent le début de la vie, sans doute en vertu des lois de la biologie, mais peut-être aussi un peu en vertu de la coïncidence orthographique par laquelle « Le Commandant Cousteau » se trouve être l’anagramme de « Tout commença dans l’eau ». Le monde des abysses aurait donc à voir avec nos propres existences : il nous prolongerait au-delà de nous-mêmes, en quelque sorte. Il serait notre continuation sous-marine, notre asymptote obscure.
Au cours de son histoire, notre planète a connu des conditions climatiques très diverses. Comment fonctionne la machine climatique responsable de ces variations ? Qu’est-ce que le climat global ? Pourquoi et comment a-t-il changé au cours des temps géologiques ? Comment se situe le changement climatique en cours dans ce contexte géologique et historique ? Le réchauffement en cours est marqué par des phases d’accélération et de ralentissement, et par des amplitudes différentes selon les régions. Comment faire la part des facteurs naturels et des activités humaines dans le réchauffement récent ? À quels risques climatiques serons-nous amenés à faire face, pour les prochaines décennies, et les prochains siècles ?
C'est une évidence, le constat de l'influence humaine sur l'évolution de la composition de l'atmosphère et de l'évolution du climat, est fort et est renforcé au cours du temps. Ce constat dérange. Il dérange parce que le laisser-faire conduirait à des risques importants pour les sociétés humaines, pour les écosystèmes donc il implique indirectement une forme de gouvernance mondiale.
Comment sont nées les galaxies ? Quand et comment se sont formées toutes les étoiles qui nous entourent ? Connaît-on la composition détaillée de l’univers ? Bizarrement, c’est cette dernière question, pourtant simple en apparence, qui constitue l’énigme la plus résistante de l’astrophysique contemporaine. Se pourrait-il que l’univers soit constitué de plusieurs sortes de matières ?
Depuis plusieurs décennies, certaines observations des galaxies invitent à supposer que la partie visible des galaxies est enveloppée par une masse énorme de matière invisible, de matière « noire ». Il y aurait en somme une matière « supplémentaire » qui agirait gravitationnellement mais n’émettrait pas de lumière. Cette matière est noire au sens où elle demeure mystérieuse, mais elle n’est nullement noire au sens physique du terme. Il s’agit plutôt d’une matière qui n’émet ni n’absorbe de lumière, qui est donc parfaitement transparente à la lumière.
De quoi est-elle faite ? Se pourrait-il qu’elle soit constituée de particules que nous connaissons déjà, des particules qu’on trouve dans la matière ordinaire? Les physiciens l’ont pensé, mais ne le pensent plus. Si elle existe, la matière noire est donc composée de particules radicalement nouvelles. Mais lesquelles ? Les physiciens théoriciens ont bien sûr des idées, comme d’habitude, mais ont-ils les bonnes ?
Notre invité d'aujourd'hui, Gérard Berry, est chercheur en informatique; médaille d'or du CNRS 2014 pour ses travaux; et à la fois professeur au collège de France où il occupe la Chaire « Algorithmes, machines et langages ».Il est aussi un membre éminent du Collège de Pataphysique. Cela devrait donner une conversation dopante et gaie.
