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Dans le Vrai du faux Junior, les élèves s'interrogent cette semaine sur l'impact potentiel de la guerre en Ukraine sur l’élection présidentielle et les conditions dans lesquelles un scrutin peut être annulé. Julie Marie-Leconte du service politique de franceinfo leur répond.
"Sur TikTok, indique Maya, il est dit que l'élection présidentielle va être arrêtée à cause de la guerre en Ukraine, est-ce que c’est vrai ?
"Non, c'est faux", lui répond la journaliste du service politique, "l'élection présidentielle va bien avoir lieu". Julie Marie-Leconte rappelle qu'on va voter pour le premier tour le 10 avril, pour le second tour le 24 avril et que le scrutin sera bien maintenu car cette élection présidentielle "est un scrutin vraiment très important dans la vie démocratique française et qu'il est régi par la Constitution, le texte de loi le plus fort de la République". Or, la Constitution ne prévoit pas d'interrompre le processus électoral parce qu'il y a la guerre dans un autre pays.
"Certains candidats, souligne Julie Marie-Leconte, jugent en revanche que ce qui s'est arrêté, c'est la campagne, parce que l'attention de tout le monde a été happée par la guerre et qu'il est devenu, de leur point de vue, assez difficile de parler d'autre chose aux gens."
"Est-ce que la présidentielle pourrait être repoussée ? " demande de son côté Galade.
Julie Marie-Leconte précise que cela a été le cas pour le deuxième tour des élections municipales en 2020 et pour les élections départementales et régionales l'an dernier mais c'était à cause du covid_._ "Pour ces élections-là, effectivement, c'était assez simple de repousser une élection. Il a suffi de voter une loi. Pour la présidentielle, c'est bien plus compliqué, précise la journaliste du service politique de franceinfo, car La Constitution ne prévoit qu'un seul cas de figure : si un candidat est "empêché" (par exemple, s'il est très malade ou s'il meurt)".
Si on veut reporter pour une autre raison, pointe-t-elle, "il faut réformer la Constitution". Cela suppose de réunir tous les sénateurs et tous les députés. C'est ce qu'on appelle un Congrès. Et il faut alors que tous ces députés et sénateurs votent à la majorité des trois cinquièmes.
Les élèves ont aussi des questions sur l’impact potentiel de la guerre en Ukraine sur le déroulé de la campagne et de l’élection.
"Pensez-vous que la guerre en Ukraine pourrait avoir un impact sur l’élection présidentielle en France ?" demande Maya. " Est-ce que c’est vrai que la situation de l’Ukraine pourrait changer le vote des Français pour le prochain président ?" ajoute Arthur
"C'est plutôt vrai, lui répond la journaliste politique_,_ d_ans la mesure où la guerre en Ukraine amène les électeurs à réfléchir, peut-être un peu différemment à leur choix et à certaines questions_. Le président ou la présidente de la République en France deviendra aussi le ou la chef(fe) des armées et le chef de la diplomatie. "La façon dont les différents candidats envisagent ce rôle peut compter, ajoute Julie Marie-Leconte.
"Tout comme 'la manière dont ils analysent le conflit, ses raisons, les solutions aussi qu'on peut apporter pour l'arrêter. Tout cela peut entrer en ligne de compte dans la décision des électeurs, tout comme les réponses que les différents candidats apportent aux répercussions de la guerre en Ukraine sur la vie des Français".
Alexandre a lui une question sur les risques de cyberattaque dans ce contexte de guerre en Ukraine.
"J’ai vu que la présidentielle serait menacée par les fake news, les cyberattaques et le conflit en Ukraine. Que devons-nous craindre ? "
Effectivement, lui répond Julie Marie-Leconte, on craint des cyberattaques liées au conflit en Ukraine. Et en parallèle, les cyberattaques sont une menace sur le processus électoral. Mais, souligne-t-elle, on n'a pas attendu le conflit pour que la question soit posée. D'ailleurs, qu'on parle de fake news ou d'attaques numériques, il y en a déjà eu dès 2017. Les fake news c'est une menace en soi, quand des informations sont transformées, détournées, manipulées. Des choses fausses, il y en a beaucoup qui circulent sur les réseaux sociaux. Et en 2017, c'est arrivé que des hackers, par exemple, piratent et fassent fuiter le contenu de boîtes mail d'équipes de campagne".
La journaliste politique précise que le gouvernement a organisé deux grandes réunions avec les équipes de campagne: une à la rentrée et une le mois dernier, pour bien les sensibiliser à cette menace et leur dire qu'il fallait se protéger.
La France s'est dotée d'une nouvelle agence qui s'appelle Viginum et qui, normalement, doit essayer de repérer les tentatives de cyberattaques, notamment, qui pourraient venir entraver le bon déroulement de la campagne présidentielle en France.
Ce qui peut par ailleurs intervenir dans une campagne ce sont des attaques en utilisant les réseaux sociaux pour déstabiliser un candidat, en publiant des informations fausses ou en partie fausses de façon à semer le trouble, contraindre un adversaire politique à perdre du temps à démonter une rumeur et donc ne plus avoir le même temps pour détailler ses idées.
Le Vrai du Faux Junior, c'est le rendez-vous de décryptage et de vérification de l’information réalisé cette semaine avec les élèves des collèges Emile-Zola à Igny (Essonne) et Pablo Picasso à Montesson (Yvelines). Cette semaine, on s'intéresse aux différents arguments évoqués par Vladimir Poutine, pour expliquer l'invasion russe en Ukraine. Dénazifier le pays ? Réformer l'URSS ? Se protéger de l'OTAN ?
Eric Biegala, grand reporter à la rédaction internationale de Radio France répond aux questions des élèves.
Chloé s'interroge sur la sincérité de Vladimir Poutine quand il justifie l'invasion de l'Ukraine par la Russie : "Est-ce vrai que Poutine ne donne pas les vraies raisons de son invasion ?"
Eric Biegala lui répond d'abord que Vladimir Poutine ne donne pas les vraies raisons de son invasion "parce qu'il ne dit pas que c'est une invasion, il dit que c'est une opération militaire." En Russie, on ne parle pas de guerre et quand Vladimir Poutine donne des raisons pour justifier cette "opération militaire", elles sont "floues, il parle de dénazification de l'Ukraine" et "il dit vouloir démilitariser l'Ukraine", souligne Eric Biegala.
"Toutes ces affirmations sont fausses" rappelle le grand reporter à la rédaction internationale de Radio France, "Il n'y a ni régime nazi, ni armée surpuissante en Ukraine aidée par l'OTAN comme Vladimir Poutine le suggère."
Pour Eric Biegala, "les raisons manifestes de son invasion sont simples, même s'il ne le dit pas ouvertement, il veut prendre le pays, le mettre à la remorque de la Russie qu'il commande."
Gabriel se demande "s'il y a des nazis en Ukraine", comme l'affirme Vladimir Poutine pour justifier son invasion de l'Ukraine. Selon Eric Biegala, c'est "totalement faux". Le grand reporter à la rédaction internationale de Radio France confirme néanmoins que c'est la première des propagandes du président russe qui continue de dire que "l'Ukraine est complètement dominée par des nazis".
Eric Biegala nous explique que l'Ukraine est "un régime démocratique, très proche d'une démocratie occidentale, le président ukrainien, Volodimir Zelenski, est lui-même juif et on a du mal à imaginer comment des juifs pourraient être des nazis."
Il ajoute que "le ministre de la Défense ukrainienne est également juif et qu'il reste une communauté juive relativement importante en Ukraine." Enfin, Eric Biegala rappelle que "les juifs d'Ukraine ont été très largement assassinés par les nazis dans les années 40."
Pour autant, il est vrai qu'il y a "comme dans toutes les démocraties des petits partis d'extrême droite qu'on pourrait appeler néo-nazis, même s'il faudrait plutôt les définir comme ultra-nationalistes" développe Eric Biegala, qui ajoute "qu'ils ne représentent pas grand chose, entre 3 et 5% aux élections."
La façon dont l'histoire est utilisée et parfois réécrite à l'occasion d'un conflit ne rend pas les choses simples à comprendre pour les collégiens et lycéens. Louane se demande "si c'est vrai que Vladimir Poutine veut reformer l'URSS".
Pour Eric Biegala, "c'est quelque chose qui doit être quelque part dans l'esprit de Vladimir Poutine, qui a regretté publiquement la fin de l'URSS et qui a dit a plusieurs reprises que sa disparition, en 1991, avait été l'un des plus grands séismes géopolitiques du 20e siècle." Il rappelle, à ce propos, que "le président russe a lui-même passé une grande partie de sa vie dans cette URSS en tant que fonctionnaire des services secrets, le KGB."
Pour Eric Biegala, c'est "difficile d'affirmer que Vladimir Poutine a véritablement l'ambition de recréer l'URSS, mais il semble quand même vouloir récupérer des terrtoires qui appartenaient à cet ancien empire soviétique."
En complément de la question de Louane sur les ambitions de Vladimir Poutine dans l'Est de l'Europe, Anaïs se demande "s'il est vrai que le président de la Russie a une liste des pays qu'il veut annexer".
Eric Biegala précise qu'il est évidemment compliqué d'être informé d'une "liste secrète de pays que Vladimir Poutine souhaiterait annexer." Néanmoins, il pointe le fait que lors d'une émission en direct à la télévision biélorusse, le président Alexandre Loukachenko, allié principal de Vladimir Poutine, "a fait une présentation du plan d'attaque sur l'Ukraine". "Sur ce plan d'attaque, on voyait très bien les offensives qui sont en cours et on voyait aussi une offensive russe qui est, semble-t-il, en préparation et qui viserait la Moldavie, pays coincé entre la Roumanie et l'Ukraine et qui serait le prochain objectif de l'armée russe si toutefois elle arrivait à prendre l'Ukraine dans sa totalité, ce qui n'est pas encore le cas."
Chloé se demande "si c'est vrai que la majorité de la population en Russie soutient les actions en Ukraine de Vladimir Poutine ?"
Pour Eric Biegala, "c'est difficile à dire car la population russe est très mal informée sur ce conflit." Il rappelle que "les médias d'État russes colportent ce laïus selon lequel c'est une opération militaire, certes, mais à des fins de dénazification, donc les gens qui regardent la télévision sont souvent convaincus que c'est le cas."
Mais Eric Biegala remarque aussi "que pour la première fois depuis 2012, il y a eu des manifestations de rue, à Moscou et à Saint Pétersbourg, les deux principales villes de Russie, avec des milliers de manifestants qui ont protesté contre cette guerre."
Pour le grand reporter de la rédaction internationale à Radio France c'est le signe "qui il y a très probablement une résistance assez forte parmi la population russe qui en général connaît assez bien la population ukrainienne et sait très bien qu'il n'y a pas de nazis à la tête du gouvernement."
Autre symbole de cette résistance, cette journaliste russe, Marina Ovsiannikova, qui est apparue, en direct, sur le plateau du principal programme d'information du soir de la plus puissante chaîne télévisée de Russie, dimanche 13 mars, avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Non à la guerre. Ne croyez pas à la propagande. On vous ment ici".
Le Vrai du Faux Junior, c'est le rendez-vous de décryptage et de vérification de l’information réalisé avec des adolescents. Focus cette semaine sur les difficultés à informer sur la guerre en Ukraine dans un contexte de conflit armé doublé d'une guerre de communication, notamment sur les réseaux sociaux.
Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo et Antoine Deiana, spécialiste de la veille et vérification d'images sur les réseaux sociaux, répondent aux questions des élèves.
"Est-ce que les journalistes sur le terrain prennent des risques pour leur vie ?" demande Louna . "Quelles précautions sont prises par les journalistes et ont-ils droit à une arme de défense ?" ajoute Prune.
"Les journalistes sur le terrain, leur répond Matthieu Mondoloni, prennent évidemment des risques puisqu’ils sont sur un terrain de conflit". Le directeur adjoint de la rédaction de franceinfo souligne qu'"il y a des bombardements. Il y a des tirs, des explosions donc il faut qu’ils fassent très attention, ils sont évidemment prudents".
Les journalistes n'ont par ailleurs pas le droit à une arme de défense. "C’est tout ce qui fait la différence entre des journalistes et des soldats sur le terrain" pointe Matthieu Mondoloni. "Les journalistes sont là en position neutre, objective pour observer un conflit, en rendre compte". Ils peuvent être de part et d’autres de la ligne de front, avec un camp ou avec l’autre camp mais ils doivent couvrir ce conflit de façon objective. Si un journaliste avait une arme de guerre, ajoute t-il, "il pourrait être encore plus une cible que ce qu’il est parfois déjà". Les précautions à prendre sur place sont donc constamment évaluées en fonction de l’évolution du conflit et des zones touchées et le sont en lien avec les rédactions à Paris.
D'où cette autre question de Prune : "Lorsqu’il y a un certain niveau de danger peut-on interdire aux reporters de se rendre sur les lieux ?"
"Oui on peut interdire aux reporters de se rendre sur les lieux" répond Matthieu Mondoloni_._ Il pointe le fait qu'il y a d'abord, sur place, des soldats, des militaires qui parfois bloquent l'accès à la presse. Ainsi, une journaliste de Radio France sur place, qui devait faire un reportage dans un hôpital, n’a pas eu l’autorisation de le faire. "Il y a aussi, ajoute t-il, les directeurs adjoints de rédaction comme moi, les directeurs de rédaction qui peuvent interdire à leurs journalistes d’aller dans certains endroits, lorsqu’on sait que c’est trop dangereux on leur dit par téléphone ou par message, 'non tu ne vas pas là-bas c’est trop dangereux par rapport aux informations que nous nous avons ici', mais après on leur fait confiance à eux, car ce sont eux qui sont sur le terrain "
Colin a lui une question sur la façon concrète de travailler sur un terrain de guerre :
"Comment les journalistes envoyés en Ukraine arrivent-ils à recueillir des informations sur le front ou l’avancée de l’armée russe au péril de leur vie ?"
"Ils travaillent avec un fixeur" répond Matthieu Mondoloni. "Un fixeur c’est à la fois quelqu’un qui va traduire parce que le journaliste ne parle pas forcément l’ukrainien ou le russe. Donc il va les aider à traduire les différents témoignages qu’ils vont recueillir, à poser des questions mais le fixeur c’est aussi un guide pour le journaliste. C’est quelqu’un de très précieux. Il connait le pays en général il vient de ce pays-là. Il connaît les gens, les routes, les endroits qui sont les endroits dangereux donc il va pouvoir l’aider à recueillir cette information donc il va par exemple lui dire : là les Russes sont en train d’avancer vers cette ville, donc il faut qu’on bouge dans une autre ville."
"Le fixeur, conclue t-il_, c’est le meilleur ami du journaliste c’est des gens qui prennent énormément_ de risques. A l’inverse du journaliste qui, au bour d'un moment, à la fin de ses reportages, quitte le son pays, le fixeur lui souvent y reste et peut risquer sa vie."
Les élèves ont aussi de nombreuses questions aussi sur la possibilité de s’exprimer et informer librement en Russie actuellement. "Est-ce que c’est vrai que Poutine a limité la liberté de la presse en Russie ?" demande Pierre
"C’est vrai, répond Matthieu Mondoloni, que Vladimir Poutine, le président russe, a limité l’expression des journalistes par une loi qui a d’abord été votée par une loi à la Douma, le Parlement russe, la semaine dernière. Le lendemain, Vladimir Poutine lui-même l’a signée. "Cette loi dit que ceux qui diffusent 'des informations mensongères sur l’armée russe, surtout si elles entrainent des conséquences sérieuses pour les forces armées, prennent des risques'. Des risques d’emprisonnement ".
La difficulté est de savoir qui est concerné, uniquement les journalistes russes ou également les journalistes étrangers. "Pour ça, précise le directeur adjoint de la rédaction de franceinfo, il faut expertiser cette loi, ça peut prendre du temps. Nous à Radio France, à ce stade notre correspondant Sylvain Tronchet continue à travailler, avec évidemment cette notion en tête".
Aux difficultés dans le travail journalistique sur le terrain, s’ajoute une guerre d’images et de déclarations qui se joue de plus en plus sur les réseaux sociaux et qu'il faut savoir décrypter
"J’aimerais savoir si c’est vrai qu’il y a beaucoup de désinformation et comment les journalistes trient le vrai du faux ?" demande Anna Eva. "C_omment vous arrivez à vérifier les images qui viennent d’Ukraine_ ?" ajoute Esteban.
C’est cette fois Antoine Deiana de la Cellule vrai du faux de franceinfo qui leur répond. Il passe ses journées depuis le début du conflit à vérifier des images. "Dans chaque camp, explique t-il, il y a de la désinformation - pas forcément orchestrés par les pouvoirs en place mais aussi par leurs partisans- il y a aussi des fausses images qui tournent postées par des personnes qui cherchent à faire du clic, des vues... et c’est pour ça qu’il faut redoubler de vigilance quand on voit passer des images du conflit".
Antoine Deiana explique qu'il existe principalement en ce moment deux types de vidéos trompeuses : celles qui sont manipulés, détournées et qu'on arrive à vérifier car elles sont datées et correspondent parfois à des images d'un autre conflit, et des vidéos de guerre qui sont en fait tirées de jeux vidéo. Il y a également des images potentiellement vraies mais qui difficiles à contextualiser, à vérifier. "Là le conseil, pointe le journaliste, est d'éviter de partager des images du conflit en ce moment et attendre qu'elles soient vérifiées par des médias ou journalistes sérieux".
Lorsqu'il y a un doute sur une image ou une vidéo, la cellule vrai du faux de franceinfo utilise différentes techniques et outils pour faire son travail de vérification. D'abord on peut essayer de vérifier la source de l’image qu’on cherche à vérifier. D’où vient-elle ? Quand a-t-elle été prise ? Dans quel contexte ?
Pour cela, on utilise généralement ce qu’on appelle la recherche d’images inversées. Sur Google images, dans la barre de recherche vous voyez un petit appareil photo qui vous permet d’entrer l’image que vous souhaitez vérifier. Google vous montre ensuite tous les sites où l’image est apparue dans le passé.
C’est notamment comme cela qu’on a pu vérifier plusieurs images sorties de leur contexte pendant cette guerre en Ukraine. Par exemple une photo où on voit un homme planter un drapeau russe sur un bâtiment à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine. Grâce à Google images, on a pu voir que cette photo datait en fait de 2014, donc elle n’avait rien à voir avec le conflit actuel.
On regarde aussi les commentaires qui accompagnent l'image partagée, car d'autres internautes postent souvent des éléments de réponse. Enfin, on peut contacter les personnes concernées par cette image, comme l'auteur du post sur les réseaux sociaux.
Dans Le Vrai du Faux Junior, le rendez-vous de vérification et décryptage de l’information réalisé avec des collégiens et des lycéens, les élèves reviennent sur des informations qu'ils ont vu passer sur les réseaux sociaux autour du port du voile dans les compétitions sportives. Ces publications interviennent dans un contexte de mobilisation d'un collectif pour le droit à porter le voile dans tous les sports, mais aussi de débats au Parlement autour d'un amendement à la loi Sport, proposé par le groupe Les Républicains, visant à interdire "le port de signes religieux ostensibles" lors "d'événements sportifs et compétitions sportives organisées par les fédérations sportives". Ces séquences ont entraîné confusion et questions chez les élèves. Nicolas Cadène leur répond. C’est l’ancien président de l’Observatoire de la laïcité, co-fondateur de la Vigie de la laïcité et auteur d’un livre intitulé "En finir avec les idées fausses sur la laïcité"
"J’ai vu passer sur instragram une publication concernant le voile dans le sport. indique Anaïs. Est-ce que c’est vrai que le voile va être interdit dans les compétitions sportives françaises ? "
Nicolas Cadène dément. Non, le voile ne va pas être interdit de manière générale dans les différentes compétitions sportives françaises. En revanche, précise-t-il, " les différentes fédérations définissent quelles sont les tenues réglementaires de tel ou tel sport pratiqué en compétition et, dans ce cadre le port de certains accessoires ou de certains signes, notamment religieux, peut être interdit pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou de respect des règles du jeu du sport concerné. Donc en France, certaines fédérations interdisent le port de couvre-chef qui peut faire office de voile quand d’autres fédérations l’autorisent. Cela va dépendre des tenues réglementaires des différents sports concernés."
Le voile peut ainsi, à ce stade en tout cas, être interdit en compétition dans le football, dans le cadre de ce qui est régi par la Fédération française de football, mais autorisé ou toléré dans d’autres sports.
L'interdition du port du voile en compétition pour raisons d'hygiène ou de sécurité entraîne d'autres questions des élèves. "Je me demande pourquoi certains sports interdisent le port du voile pour cause d’hygiène ? ", s'interroge ainsi Marion.
"Il y a des sports pour lesquels le port d’un voile peut poser réellement des problèmes d’hygiène et de sécurité lorsqu’il n’est pas adapté à certaines pratiques sportives", lui répond Nicolas Cadène. Par exemple, dit-il, "un long voile peut créer des étranglements dans des sports rapprochés, le judo ou autre. Il peut aussi poser des problèmes d'hygiène dans des sports en piscine par exemple, lorsqu'il peut comporter des matières qui ne sont pas propres, des saletés donc oui dans certains sports il peut y avoir des problématiques d’hygiène et de sécurité qui font qu’il faut a minima un accessoire adapté à la tenue réglementaire qui peut faire office de voile, mais doit être adapté à la tenue réglementaire ".
Certaines personnalités politiques, y compris au sein du gouvernement, ont pourtant mis en avant un souhait d'interdire le voile dans les compétitions sportives en lien avec la défense de la laïcité. D’où cette question d’Anaïs à Nicolas Cadène:
"Est-ce que le voile et la laïcité peuvent cohabiter ensemble dans la société ?"
" Il n’y a aucune incompatibilité entre les signes religieux, dont la voile et la laïcité " lui répond le co-fondateur de la Vigie de la laïcité. Nicolas Cadène précise que la laïcité n'est pas une croyance ou une opinion. "C'est un cadre commun à toutes et tous que l’on soit non croyant ou croyant. Ce cadre commun nous permet d’exprimer nos différences, dans le respect de l’autre et dans le respect du cadre collectif. Nous avons toutes et tous, quelles que soient nos croyances ou nos convictions, les mêmes droits et les mêmes devoirs". Par ailleurs, ajoute t-il, la laïcité impose la neutralité, c’est-à-dire l’interdiction de porter des signes de religieux uniquement à ceux qui représentent l’État et l’administration publique. Par ailleurs les signes visibles vont être interdits pour les élèves des écoles, collèges et lycées publics parce qu’ils sont en phase d’apprentissage pour qu’ils puissent librement développer leur esprit critique, leurs propres opinions notamment sur la religion, sans pression des autres élèves ". Sinon, poursuit-il, la laïcité n’impose la neutralité qu’à ceux qui représentent l’administration publique parce qu’elle représente tout le monde, est au service de tout le monde et ne doit évidemment pas marquer une préférence pour telle ou telle croyance ou non croyance. Elle doit être impartiale et traiter tous les citoyens de la même façon. Donc l’administration publique est neutre mais les citoyens eux sont tout à fait libres de porter des signes religieux."
"Quels sont les pays qui autorisent le voile dans les compétitions sportives et ceux qui l’interdisent ?", s'interroge Anaïs
Nicolas Cadène commence par souligner que ne sont pas les pays qui se chargent d’autoriser ou d’interdire les signes religieux dans les compétitions sportives. "Ce sont les fédérations sportives" qui peuvent être amenées à le faire, "là encore au regard des tenues réglementaires selon le sport pratiqué. Dans les faits, ajoute t-il, à l’étranger, il n’ y a pas à ma connaissance, d'interdiction en tant que tel du port du voile, dès lors que ce dernier est porté comme n’importe quel accessoire qui serait compatible avec les règles du jeu, avec les règles d’hygiène et de sécurité, comme par exemple une cagoule ouverte ou un bonnet serré ou encore un casque de protection. Concernant le CIO, au niveau des Jeux Olympiques, le comité d’organisation laisse les États qui envoient leurs délégations aux Jeux Olympiques faire comme ils l’entendent de ce point de vue là ".
Enora a une autre question relative à ce qui se passe dans d'autres pays du monde. " Est-ce que c’est vrai que la France est le seul pays à proclamer la laïcité ou à exercer la laïcité ? "
"Non ce n’est pas vrai, lui répond Nicolas Cadène. " Il y a beaucoup d’autres pays qui sont laïcs. Il n’y a pas tout le temps les mêmes systèmes de laïcité. Il y a des pays qui sont très proches de la France en termes de laïcité. Il y a même des pays qui ont adopté des lois laïques avant la France. L’ancien président de l’Observatoire de la laïcité donne l'exemple du Mexique qui a adopté son modèle laïc dès les années 1850. "La France, ajoute t-il, s’est même inspirée des travaux mexicains et les Mexicains se sont inspirés de révolutionnaires français même si le mot laïcité n’existait pas. On pourrait aussi évoquer l’Albanie, qui est un pays laïc très proche de nous, ou l’Uruguay. Ce sont des pays d’ailleurs assez différents, qui peuvent être à majorité chrétienne ou à majorité musulmane. Je vous ai cité des pays qui ont des majorités au sein des populations et au niveau des croyances tout à fait différentes.
Comment intéresser les 12-18 ans à la politique en partant des besoins et attentes spécifiques de cette tranche d’âge, à l'heure de la campagne pour l'élection présidentielle ? Des élèves du collège Pablo Picasso, à Montesson, dans les Yvelines et du lycée Paul Bert à Paris y ont réfléchi pour le Vrai du Faux Junior, avec l'éclairage d'Anne Muxel, directrice de recherche au CEVIPOF, le centre de recherche politique de Sciences Po, et auteur du livre Politiquement jeune.
"Ma mère quand je parle de politique elle dit "ça ne te regarde pas" [...] Quand j'étais petit ça ne m'intéressait pas du tout. En ce moment ça m'intéresse", explique Bader. "Parce qu'avec ce qu'on a vécu du confinement, ajoute t-il, toujours s'informer c'est devenu une habitude." "Parce qu'on a grandi, on s'intéresse plus au monde dans lequel on vit", ajoute Anne-Marie.
Ce dialogue entre collégiens illustre ce que soulignait, la semaine précédente, la politologue Anne Muxel : "Il est totalement faux de dire que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique. Ils ne sont pas dépolitisés. Ce qui ressort souvent quand on discute avec eux c'est leur envie d'avoir des éléments pour comprendre les débats politiques et les enjeux politiques contemporains." Les échanges avec les collégiens et lycéens font aussi ressortir un besoin qu'on s'intéresse à ce qui les concerne et qu'on amorce leur réflexion avec leurs codes et via les réseaux sociaux sur lesquels ils se rendent au quotidien.
"On regarde pas souvent la télé, explique Ramatoulaye. C’est plus avec les réseaux que j’ai les informations." "Mélenchon sur TikTok il fait beaucoup de vidéos ou alors le Ministre des transports", commente Soraya... Dans un autre établissement scolaire, à quelques jours d'intervalle, des collégiens ont spontanément les mêmes remarques que les lycéens et citent les mêmes personnalités politiques : Jean Luc Mélenchon, ou "le Ministre des transports" qui "a un compte Tiktkok hilarant". "Il nous montre son métier en étant drôle", explique Anne-Marie_. "Il y a aussi Emmanuel Macron qui a un compte TikTok_. [...] Pour son image", commentent Emilie et Bader_._ "Alors que si c'est un président qui pose sa caméra en disant je vais signer pour qu'on ait un pont [...] je vais swiper directement." Swiper" : comprenez balayer l'écran pour passer à autre chose. Les formats courts et rythmés mettant en avant les personnalités politiques leur correspondent donc plus, avec cette réserve soulignée par Soraya : "En soi on n’a pas vraiment de repères, on n’arrive pas à différencier les uns des autres du coup c’est un peu compliqué..."
Le Ministre délégué aux transports est par exemple nettement identifié mais aucun des élèves n'est capable de donner son nom Jean-Baptiste Djebarri. Difficile aussi souvent pour eux de s'y retrouver dans les tendances politiques, les programmes. Ce qui ressort malgré tout de ces échanges avec les élèves est que cette approche ludique, légère, en apparence superficielle sur les réseaux sociaux est une porte d'entrée qui n'empêche pas, ensuite et par ailleurs, de creuser des sujets de fond d'actualité, d'en débattre et qu'ils y prennent plaisir.
"Est-ce que c’est vrai que l’activité des politiciens sur les réseaux sociaux peut avoir une influence sur les avis politiques de la tranche des 16-24 ans ?", demande Cyrine. Pour Anne Muxel, cette influence est évidente : "Dès l’instant où des hommes et des femmes politiques qui ont des propositions, qui s’engagent dans une bataille électorale, dès l’instant où des partis politiques mettent en avant des programmes et utilisent les réseaux sociaux qui sont devenus pour les jeunes comme pour les moins jeunes des vecteurs de communication, d'information, d’échanges importants, cela peut influencer les électeurs, les citoyens dans leurs choix, dans leurs réponses politiques, voire dans leur mobilisation, mais pas plus, pas moins que les médias classiques, les journaux, la télévision, la radio. Les supports médiatiques quels qu’ils soient sont là non seulement pour fournir de l’information mais par cette information sont susceptibles d’orienter les options politiques des citoyens."
Les spécificités des réseaux sociaux -formats très courts, déclarations ou données souvent relayées hors contexte, viralité- peuvent néanmoins contribuer à amplifier certaines désinformations. Or les discussions avec les collégiens et lycéens montrent qu'ils en ont conscience. N'y a t-il pas alors un risque d'accentuer une certaine défiance envers la classe politique?
"La clef de tout cela, répond Anne Muxel, c’est l’éducation. Apprendre à décoder l’information, à identifier d’où elle peut venir et autant que faire se peut de faire la part du vrai et du faux. Même si c’est plus difficile sur les réseaux sociaux , étant donné l’avalanche d’informations et du fait aussi qu’on peut se retrouver prisonniers d’algorithmes, enfermés dans des opinions que l’on peut penser comme plausibles alors qu’elles ne le sont pas. L'école notamment mais aussi les médias, le service public ont un rôle important à jouer d’information pour apprendre à utiliser les réseaux sociaux au mieux. "
"Est il vrai, demande Ramatoulaye, que l’abaissement de l’âge du droit de vote à 16 ans augmenterait l’intérêt des jeunes à la politique?" "J_e pense et ai toujours dit que l’abaissement du droit de vote à 16 ans serait une bonne chose_" répond Anne Muxel, "dans la mesure où dans cette responsabilisation dès le plus jeune âge vis-à-vis des questions politiques, des enjeux qui engagent un pays et un vivre ensemble collectif sur cette planète, dans un contexte aussi où les jeunes sont de fait plus informés, ce serait une bonne chose de leur permettre d’exercer cette responsabilité et d’être reconnus comme des citoyens électeurs légitimes."
Anne Muxel rappelle que les arguments qu’on entend parfois, mettant en avant le fait que les 16-18 ans ne seraient pas assez mûrs, assez autonomes dans leurs choix, sont les mêmes arguments qu’on entendait lors de l’abaissement du droit de vote de 21 ans à 18 ans en 1974. La politologue pointe aussi le fait que les jeunes, même s'ils sont très exposés aux fake news, sont sans doute mieux armés que beaucoup d'adultes pour les détecter, par leur expérience des réseaux sociaux et du fait de l'éducation aux médias dont ils bénéficient.
Comment amener les jeunes à s’intéresser à la politique ? Dans le Vrai du Faux Junior, le rendez-vous de décryptage et de vérification de l’information réalisé avec des collégiens et des lycéens, les élèves s’interrogent sur le fonctionnement d’une application qui a cartonné ces dernières semaines : [l’application Elyze](https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/candidats/presidentielle-il-faut-nous-integrer-aux-debats-plaident-de-jeunes-electeurs-toujours-plus-mefiants-envers-les-politiques_4942254.html).
Elyze est une application conçue pour tenter d’amener les jeunes à s’intéresser aux programmes des candidats à la présidentielle. L’utilisateur sélectionne parmi des centaines de propositions celles avec lesquelles il est le plus en accord. Au bout du parcours sur l'application apparaît le ou les candidats qui a priori lui correspond(ent) le plus – candidats déclarés ou pas à ce jour d’ailleurs.
Lancée début janvier, l'application a été téléchargée plus d'un million de fois et a depuis été confrontée à certaines rumeurs et critiques. Aux élèves du lycée Paul Bert à Paris et du collège Jules Ferry à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne de démêler le Vrai du Faux.
"J’ai lu que l’application Elyze rencontrait des failles de sécurité et qu’elle revendrait nos données personnelles, est-ce que c’est vrai ?" demande Ludmila. "J'ai entendu dire que l'application Elyze utiliserait nos données personnelles", dit aussi Aloys. "Pour vérifier, ajoute t-il, on pourrait demander à la CNIL ou aux deux fondateurs de l’application."
Contactée, la CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, répond qu’elle a été alertée, qu'elle "ne peut se prononcer en l’état sur la conformité de cette application", des informations complémentaires étant nécessaires. De manière générale, ce type d’application doit prévoir des garanties fortes pour protéger les données de ses utilisateurs : un niveau de sécurité élevé, une durée de conservation des données très limitée, et une parfaite transparence vis-à-vis de ses utilisateurs (quelles données sont collectées ? Avec quels objectifs ? Qui a accès à ces données ? …) La CNIL ajoute que le respect de ces obligations est particulièrement nécessaire lorsque des données sensibles (données qui révèlent les opinions politiques ou l’appartenance syndicale de la personne notamment) sont traitées. La collecte de ces données est par principe interdite, sauf exception, par exemple si le consentement explicite des personnes est recueilli.
Grégoire Cazcarra, l'un des fondateurs de l'application, se veut de son côté rassurant : " Au départ, on proposait aux utilisateurs de manière anonyme et totalement facultative de renseigner quelques informations sur lesquelles on aurait trouvé intéressant de travailler avec des centres de recherche, des think tanks. Mais malgré nos explications, malgré le fait qu'on garantisse de ne jamais vendre ces données à des équipes de campagne, certains utilisateurs restaient inquiets". Pour "rassurer tout le monde", ajoute t-il, les concepteurs d'Elyze ont décidé de supprimer toutes les données.
Qui sont les fondateurs de l'application? "J’ai lu sur Les Echos que l’appli Elyze a été créée par Grégoire Cazcarra et Gaspard Guermonprez et sur le quotidien Le Monde ce serait François Mari. Je me demande donc qui sont les véritables fondateurs de cette applicaton car les noms des créateurs changent en fonction des sites ?" s'interroge Manel.
"Au départ on est deux co-créateurs, lui répond Grégoire Cazcarra , François et moi. Et Wallerand et Gaspard nous ont rejoints quelques temps plus tard. On est une bande de potes. Et derrière il y a une dizaine de bénévoles dans un mouvement qui s'appelle "les Engagés" qui est un mouvement apartisan qui essaie d'intéresser les jeunes depuis déjà bientôt cinq ans à la politique. On est toute une équipe mobilisée sur Elyze."
Semaine après semaine et vu son succès, l'application Elyze a été scrutée de près par les équipes de campagne des candidats, par des internautes et a fait l'objet de critiques. "J’ai entendu sur Twitter que l’application Elyze favorisait le candidat Emmanuel Macron. Est-ce que c’est vrai que ça peut influencer le vote des jeunes, notamment les 16-24 ans ?" demande Anaïs.
"Je te rassure complètement là-dessus : aucun candidat, ni Emmanuel Macron, ni aucun autre n'est favorisé", lui répond Grégoire Cazcarra. "Tous ont le même nombre de propositions sur l'application et sont mis sur un même pied d'égalité. C'est vrai qu'un bug avait été identifié il y a quelques semaines en cas d'égalité sur l'application où certains candidats arrivaient avant les autres, bug qu'on a rapidement corrigé en implémentant une fonctionnalité 'ex aequo' si deux candidats ont obtenu exactement le même nombre de votes sur l'application."
Camille a une question du même ordre : _"_Est-ce que l’application influencerait les utilisateurs ? Vont-ils se fier aux résultats au lieu d’aller voir les programmes des candidats eux-mêmes ? Grégoire Cazcarra souligne que c'est une question pour lui "super importante". "On n'a pas vocation, dit-il, à délivrer une consigne de vote, c'est-à-dire à expliquer à n'importe quel jeune pour qui il doit voter. C'est pour ça qu'on encourage les utilisateurs, en plus de l'application, à aller lire les programmes des candidats quand ils seront dévoilés, à suivre l'actualité de la campagne dans les médias, bref à multiplier les sources d'informations. On se voit surtout comme une porte d'entrée vers cette élection pour ceux qui se désintéressent de la politique, voire qui n'ont pas l'intention d'aller voter et c'est eux qu'on espère remobiliser d'ici la présidentielle d'avril.__"
Alors qu'une vaste enquête publiée par l'Institut Montaigne met en lumière une forte "désaffiliation politique" des jeunes, très critiques vis-à-vis du fonctionnement politique actuel, le succès de cette application démontrerait-il que les jeunes ne demandent dans le même temps qu'à s'intéresser aux enjeux politiques ?
"Il faut effectivement se méfier des idées toutes faites", confirme Anne Muxel, directrice de recherches au CEVIPOF, le centre de recherche politique de Sciences Po, et auteur du livre Politiquement jeune. "Il est totalement faux de dire que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique. Ils ne sont pas dépolitisés. Ils sont au contraire en demande de compréhension, de repères, d'éléments de connaissances qui leur permettraient de mieux comprendre ce qui fait débat aujourd'hui dans la société française et d'ailleurs plus largement dans le monde – ne serait-ce qu'à travers leurs interrogations et préoccupations pour les questions environnementales, écologiques.
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Ce qui ressort souvent quand on discute avec cette tranche d'âge, ajoute-t-elle, "c'est leur envie d'avoir des élements pour comprendre les débats politiques et les enjeux politiques contemporains. Ce qu'il veulent, c'est qu'on leur donne matière à réfléchir, matière à se situer en politique, matière à comprendre les programmes politiques et les idées des candidats et candidates qui sont en lice. De ce point de vue là, commente-t-elle, l'application Elyze "répond à bon nombre de leurs demandes, de leurs attentes pour mieux se repérer dans l'univers politique où ils ont envie de s'exprimer."
Cette semaine la Cellule vrai du Faux répond aux questions posées par des élèves de troisième sur la façon dont elle travaille.
"Comment savez-vous si une information est vraie ou fausse ? Quelles sont vos méthodes pour savoir ? " demande Gaia. "Quelles sont les différentes étapes pour vérifier l'authenticité d'une information ?" s'interroge Sarah_._
Il n’y a pas de méthode clef en main pour vérifier une information. A moins de maîtriser parfaitement le sujet et d'avoir déjà travaillé dessus, les journalistes de la Cellule Vrai du Faux ne savent pas à l'avance si une déclaration qui les interpelle est vraie ou fausse. Et même lorsqu'ils maîtrisent le sujet, ils vérifient l'information, s'assurent qu'elle n'a pas évolué. La plupart du temps, lorsqu'ils ont un doute sur une déclaration, une vidéo, ou une image sur un réseau social, ils en discutent entre eux, avec les journalistes spécialistes des domaines concernés et en conférences de rédaction –les réunions quotidiennes lors desquelles les chefs de service de franceinfo discutent des sujets qui vont être traités. Commence ensuite le travail de vérification, parfois à plusieurs: appels passés à des spécialistes, lectures de sources officielles et de tout ce qui a été écrit sur le sujet, appels à des correspondants à l'étranger si l'information à une dimension internationale. Les sources sont multipliées et recoupées. Les journalistes de la Cellule Vrai du Faux s'intéressent aussi au contexte dans lequel une déclaration a été prononcée ou une image postée. En effet, si des déclarations peuvent être fausses en tant que telles, c'est aussi parfois la façon dont elles sont utilisées, hors contexte qui les rendent mensongères. Il en est de même pour certaines images ou vidéos parfois réutilisées dans un contexte différent de celui de départ. Les journalistes utilisent alors des outils de recherche d'images inversée pour voir si ces images ont déjà été publiées dans un autre contexte par le passé.
"Comment peut-on se fier à quelqu’un qui n’est pas certifié et qui donne des informations ?" poursuit Gaia.
Ce n’est pas en soi parce qu’un compte sur un réseau social est certifié que tout ce qui va être dit sur ce compte est vrai. Tout le monde peut se tromper ou être amené à relayer une fausse information involontairement. Il est par exemple arrivé à certaines personnalités politiques de relayer ce qu’elles croyaient être des faits, alors que c'était en réalité de l’humour pris au pied de la lettre. Quel que soit ce qui circule sur les réseaux sociaux et l'origine de l'information, le bon réflexe est donc de prendre le temps de réfléchir, y compris lorsque cela vient de gens que l'on connait. Notre cerveau fonctionne en effet de telle façon que si une publication vient de personnes qu'on apprécie, ou dont on se dit qu’elles pensent comme nous, on va avoir encore moins le réflexe de vérifier. Cela fait partie de ce qu’on appelle les biais cognitifs. Il y a donc toujours intérêt à prendre le temps de vérifier, en particulier sur les réseaux sociaux où tout va très vite et qui font caisses de résonance.
"Combien de temps mettez-vous pour savoir si une information est vraie ou fausse ? Est-ce qu’il vous arrive de ne pas pouvoir dire si une information est vraie ou fausse ?" demandent Alix et Anaïs.
Il arrive en effet qu'une déclaration ne soit pas vérifiable, par exemple si quelqu'un avance des chiffres qui ne reposent sur rien, des données que personne n’a jamais quantifiées. Dans ce cas on l'explique. Parfois une partie d'une déclaration est vraie et l'autre pas. Pour ce qui est du temps de vérification, les journalistes de la Cellule Vrai du Faux ont en général une journée pour traiter un sujet mais il arrive que cela prenne beaucoup plus de temps.
"Qu’est ce qui se passe quand un media certifié diffuse une fausse information sans faire exprès ?" s'interroge Emy_._
Quand un média se trompe, il est censé rectifier le plus vite possible. Soit si c’est à la radio ou à la télévision en revenant sur le sujet à l'antenne, soit, si c'est un journal ou un média en ligne, en publiant un rectificatif. Cela fait partie des règles déontologiques et cela contribue surtout au lien de confiance avec les auditeurs et lecteurs. A franceinfo, pour accentuer encore ce travail de vérification, il existe une agence interne de certification de l’information: des journalistes qui centralisent et recoupent certaines informations avant que les présentateurs des journaux les donnent à l'antenne.
Comment franceinfo choisit les titres de ses articles afin d'informer le plus honnêtement le lecteur du sujet, tout en lui donnant envie de cliquer pour lire le contenu de l'article ? Cette semaine, à travers les questions des élèves de première du lycée de l'Hautil à Jouy-le-Moutier (Val-d'Oise), on a trouvé les potentiels titres que franceinfo aurait choisi pour différentes informations. Pour cela, Xavier Meunier, rédacteur en chef en charge de l'édition numérique de franceinfo, répond aux interrogations des élèves.
"Est-ce que c'est vrai qu'il y a plus de 30 000 débris en orbite dans l'espace ?" se demandent Keza et Taïna.
Oui, selon les statistiques de l'Agence spatiale européenne de mai 2021, il y a environ 36 500 débris de plus de 10 centimètres qui gravitent autour de la Terre en orbite, mais il y a aussi plus de 330 millions d'objets ou particules de moins de 10 centimètres qui sont tout aussi dangereux pour les satellites en activité.
Pour Xavier Meunier, "il ne faut pas abuser des chiffres dans les titres". Il faut d'abord qu'un chiffre puisse être quantifiable dans la vie de tous les jours. Par exemple, "40 avions, 15 euros c'est facile à quantifier", explique Xavier Meunier, mais "trois milliards de déficit ou 36 500 débris en orbite dans l'espace on ne sait pas trop ce que ça peut représenter". Ensuite il faut qu'un titre donne une information et ici pour Xavier Meunier les informations intéressantes à mettre en avant sont les dangers que représentent ces débris pour les satellites s'ils les percutent ou encore la pollution que toutes ces particules représentent.
Les titres proposés par franceinfo pour cette information : "Comment nettoyer les déchets en orbite", "Quelles sont les règles concernant les sattelites et leur destruction" et "Déchets spatiaux, qui sont les plus gros pollueurs de l'espace ?"
"Est-ce vrai que la NASA avait chargé une fusée Falcon 9 de space X avec des explosifs pour l'envoyer s'exploser sur un astéroïde afin de dévier sa trajectoire ?", demande Eliott.
Non, la fusée n'était pas pleine d'explosifs, néanmoins, c'est vrai la NASA a bien lancé une fusée en direction d'un astéroïde dans le cadre de la mission DART. Son objectif est de voir si le crash intentionnel d'un engin spatial sur un astéroïde peut être un moyen efficace de changer sa trajectoire. La NASA souhaite anticiper un scénario catastrophe où un astéroïde irait dans la direction de la Terre, ce qui n'est pas le cas ici. La fusée Falcon 9 s'est élancée le 24 novembre dernier et devrait entrer en collision avec l'astéroïde "Dyminos" dans 10 mois à 11 millions de kilomètres de la terre.
Dans ce cas, pour Xavier Meunier ce qui compte "c'est de faire un titre qui ne laisse pas planer de doutes sur une menace immédiate". La NASA n'est pas en train de sauver la planète avec un tir de la dernière chance, mais elle procède à un test, pour voir si cela fonctionnerait dans le cas où une menace se présenterait.
Les titres proposés par franceinfo pour cette information : "Espace : une mission de la Nasa pour tenter de dévier des astéroïdes" ou "Espace : ce qu'il faut savoir sur la mission DART de la Nasa, qui va tenter de dévier un astéroïde."
"Est-ce que c'est vrai que la mairie de Tours va féminiser des noms de rues ?" s'interroge Siane.
Oui c'est vrai la ville de Tours s'est engagée à donner la priorité aux noms de femmes pour chaque nouvelle rue ou chaque nouvel espace créé. C'est la maire adjointe de Tours, Élise Pereira-Nunes, qui l'a annoné le 9 décembre dernier, précisant que les femmes doivent être mise en avant dans les espaces publics. Il faut égalemment savoir qu'à Tours seuls 4 à 5 % des espaces publics portent le nom d'une femme.
Pour Xavier Meunier, responsable de l'édition numérique à franceinfo, "le but est de rester mesuré, de ne pas laisser penser qu'autour de la moitié des noms de rues vont changer pour être féminisés et qu'on va supprimer des noms de rues portant des noms d'hommes." Donc pour le choix de ce titre il faut "rester précis, mesuré et là encore donner l'information essentielle sans faire de contresens" ajoute Xavier Meunier.
Le titre proposé par franceinfo pour cette information : "La mairie de Tours va donner la priorité à des noms de femmes pour les nouveaux noms de rue"
Xavier Meunier a quelques derniers conseils pour les élèves de première du lycée de l'Hautil pour trouver des titres qui seront à la fois informels et qui inciteront aussi les gens à cliquer pour lire l'article : "C'est important de choisir les bons mots, ce qu'on appelle les mots clés, la bonne formulation, pour ne pas être compris de travers. Il faut égalemment donner envie, susciter la curiosité, le tout en essayant de ne pas dépasser une centaine de signes, ce qui est très court. Ce n'est pas facile mais c'est très important, car le titre, c'est la première chose qui va être lue, et parfois même, c'est la seule chose qui va être lue."
Alors que la France est en pleine [cinquième vague épidémique](https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vrai-ou-fake-pourquoi-il-y-a-t-il-plus-de-personnes-vaccinees-dans-les-hopitaux_4857511.html) de Covid-19, les élèves de première du lycée de l'Hautil à Jouy-le-Moutier (Val-d'Oise) s'interrogent sur les informations qui circulent sur le Covid-19 et sur les vaccins. Mathieu Molimard, chef de service de pharmacologie médicale au CHU de Bordeaux, répond à leurs questions.
"Est-ce que c'est vrai qu'il y a plus de patients vaccinés que non-vaccinés à l'hôpital ?" se demande Anaïs.
[C'est vrai](https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/vrai-oufake-lesvaccins-ont-ils-tue-plus-de-25-000-personnes-en-europe_4814625.html) et plus il y aura de personnes vaccinées, plus cet écart sera important. "Et quand on aura 100% de vaccinés, il n'y aura que des vaccinés à l'hôpital", ajoute Mathieu Molimard. Pour bien comprendre les chiffres des hospitalisations des vaccinés et non-vaccinés en France, il faut prendre des échantillons similaires, c'est-à-dire la part des non-vaccinés hospitalisés par rapport l'ensemble des non-vaccinés et idem pour les vaccinés.
Selon Mathieu Molimard, "aujourd'hui, les personnes non-vaccinées représentent environ 10% de la population éligible à la vaccination et dans le même temps, ils représentent 41% des hospitalisations, 50% des personnes en réanimation et 41% des décès." Donc au prorata de l'ensemble des non-vaccinés, ceux qui sont hospitalisés sont très largement sur-représentés par rapport aux patients vaccinés.
"Est-ce que c’est vrai que les moins de 45 ans ont plus de chance de mourir des effets secondaires du vaccin que du Covid-19 lui-même ?", nous demandent Keza et Taïna.
[C'est faux.](https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/infographies-quels-sont-les-effets-du-covid-long-sur-le-corps_4555235.html) "Les vaccins à ARN messager, Pfizer et Moderna, n'ont provoqué aucun décès", rappelle Mathieu Molimard.
Le chef de service de pharmacologie médicale au CHU de Bordeaux précise néanmoins que "l__es vaccins à adénovirus, Astrazeneca et Janssen, qui ne sont plus utilisés pour les moins de 55 ans en première dose et qui ne sont plus utilisés du tout pour les doses de rappel, ont bien provoqué quelques rares cas de thromboses très atypiques", qui ont conduit à 13 décès sur les 8,8 millions d'injections réalisées.
Depuis le début de la pandémie, le Covid-19 a provoqué 120 000 décès.
Tristan, Matthias, Marius et Chady se demandent "s'il est vrai que le covid fait baisser le QI plusieurs mois après l'avoir eu ?"
Pour Mathieu Molimard, "il a bien été décrit des baisses de QI de 2 à 7 points dans une publication, mais on ne sait pas si c'est transitoire, si c'est lié à la fatigue qui peut être prolongée après la maladie." Donc c'est un phénomène qui est surveillé. Par contre il y a [d'autres effets du Covid-19 et du "Covid long"](https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/pilule-anti-covid-19-du-laboratoire-merck-il-ne-faut-pas-s-attendre-a-un-medicament-miracle-estime-le-professeur-mathieu-molimard_4823239.html) sur la santé, sur le long terme, qui sont bien connus : "comme les atteintes pulmonaires, ou encore les séquelles dues à la réanimation", relève Mathieu Molimard.
"Est-ce qu’il est vrai qu’il existe une pilule contre le Covid-19 ?" se demande Reagges.
Il y a deux antiviraux qui sont en cours d'enregistrement, mais selon Mathieu Molimard, "il ne faut pas s'attendre à des médicaments miracles". Selon le spécialiste en pharmacologie, "il n'y a pas encore tous les éléments pour juger de leur efficacité réelle, mais on connaît déjà une partie de leurs risques, comme de possibles malformations chez les fœtus ou encore des interactions avec d'autres médicaments."
Mathieu Molimard précise d'ailleurs que si ces antiviraux sont enregistrés, "ils seront réservés dans un premier temps aux patients les plus à risque". Le vaccin reste donc le moyen le plus efficace de se protéger contre le Covid-19.
Pour terminer Mathieu Molimard avait un dernier message à adresser aux adolescents éligibles à la vaccination : "Ceux pour qui il resterait des doutes sur la vaccination, il n'y a aucun doute, les faits sont têtus. Le vaccin a un bénéfice extraordinaire pour excessivement peu de risques, en tout cas beaucoup moins de risques que la maladie. Et il ne faut pas écouter les discours anti-vax et aller se renseigner sur des sites fiables comme le site de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique."
Le Vrai du faux junior, le rendez-vous de vérification et décryptage de l’information réalisé avec des adolescents et leurs enseignants. Cette semaine, les élèves de troisième classe média du collège Jules-Ferry à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) s'interrogent sur certains évènements de la vie de Joséphine Baker, entrée au Panthéon mardi 30 novembre. Sébastien Baer, chef du service reportage de franceinfo et qui a couvert l'entrée au Panthéon de l'artiste, militante et résistante franco-américaine, a accepté de répondre à leurs questions.
"Est-ce que c'est vrai qu'on a obligé Joséphine Baker à porter une ceinture de bananes en arrivant en France ?" se demande Marius.
Non, ça n'est pas tout à fait comme ça que ça s'est passé. Joséphine Baker, danseuse dans des spectacles et des comédies musicales, elle voulait choquer et être repérée en arrivant à Paris, en 1925. Elle disait même que pour devenir une "star" elle devait être "scandaleuse". Elle a donc choisi de porter cette fameuse ceinture de bananes, qui est un symbole des clichés racistes qui visaient les Noirs à l'époque. Cette ceinture va la rendre célèbre, mais plus tard, elle décide de s'en débarrasser et ne veut plus en entendre parler.
"Est-ce que c'est vrai que Joséphine Baker était officier dans l'armée de l'air pendant la Seconde Guerre mondiale et quel poste occupait-elle exactement ?" s'interroge Kilian.
Oui, c'est vrai. Avant cela, Joséphine Baker acquiert la nationalité française en 1937. Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, elle est une star du music-hall,que tous les soldats rêvent de voir. Elle donne des spectacles, près du front, afin de soutenir le moral des troupes. Ensuite, elle va profiter de son statut de star pour agir comme agent de contre-espionnage pour les sevices secrets de la France libre. Et c'est en 1944 que Joséphine Baker est promue sous-lieutenant des troupes féminines auxilaires de l'armée de l'air.
Pour ses actes de bravoure et de résistance, Joséphine baker sera faite chevalier de la Légion d'honneur en 1961 et recevra également la Croix de guerre 1939-1945.
"Est-ce que c’est vrai que Joséphine Baker a élevé des enfants de différentes nationalités et religions ?" demande Marius.
Oui c'est vrai. Joséphine Baker veut prouver qu'il n'y a qu'une race humaine, peu importe les couleurs de peau et les religions. Elle se bat contre le racisme et la ségrégation, qu'elle a elle-même subie quand elle était petite. Et pour faire la démonstration de ce monde idéal, elle adopte, avec son mari, douze enfants dans le monde entier qui vont former la "tribu arc-en-ciel".
Plusieurs élèves de la troisième classe média du collège Jules-Ferry de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) ont été surpris d'apprendre que la dépouille de Joséphine Baker ne repose pas au Panthéon.
Oui, c'est vrai, car la famille de Joséphine Baker a souhaité que la dépouille de l'artiste reste à Monaco, là où elle a été enterrée en 1975. Elle repose notamment tout près de la princesse Grace de Monaco, qui a été l'une des rares personnes à l'aider quand elle s'est retrouvée ruinée à la toute fin de sa vie.
C'est donc un cercueil sans corps que portaient les six aviateurs lors de la cérémonie de panthéonisation. Mais le cercueil n'était pas complètement vide, car quatre pots remplis de terre y ont été déposés. Ils étaient remplis de terre venant de quatre lieux chers à Joséphine Baker : le Missouri, aux Etats-Unis, sa terre natale ; Paris, où elle a connu la gloire ; le château des Milandes, en Dordogne, où elle a passé ses plus belles années ; et Monaco, où elle repose.
Le Vrai du Faux Junior, rendez-vous de vérification et décryptage de l’information réalisé avec des adolescents et leurs enseignants est consacré cette semaine à une exposition qui peut être une bonne idée de sortie en famille pendant les vacances.
Cela s’appelle "Fake news. Art, fiction, mensonge". C’est à la Fondation EDF à Paris jusqu’au 30 janvier 2022. L'idée de ce parcours artistique est de s'appuyer sur une vingtaine d’œuvres pour amener à réfléchir à la façon dont sont créées et diffusées les fausses informations. La classe de troisième média du collège Pablo Picasso, à Montesson dans les Yvelines, a visité cette exposition pour le Vrai du Faux Junior.
L'une des premières oeuvres devant lesquelles se sont arrêtés les élèves est celle d’Alain Josseau, intitulée G255. Elle montre les coulisses de la fabrication d’une fausse image vidéo. Une maquette en carton représente une ville détruite, filmée au téléphone portable, avec possibilité d’incruster derrière des images de guerre. "Je trouve ça très intéressant, commente Alison et c'est vrai que si j’avais vu ça aux infos j’y aurais cru et je n'aurais jamais pensé que c’était un fond vert avec une maquette". Une autre œuvre a particulièrement marqué Thomas. "C’est l’œuvre, explique t-il, qui s’appelle Fake Truth. C’est une intelligence artificielle qui recense tous les sites où il y a marqué fake truth sur internet et on remarque qu’il y en a des centaines par jour qui sont référencés". L'oeuvre en question est destinée à mesurer la diffusion des fausses informations. Des chercheurs ont d’ailleurs démontré que le faux va plus vite que le vrai, qu'il est plus viral. L’œuvre évoquée par Thomas contient un petit ordinateur et une mini imprimante et permet effectivement d’imprimer, en temps réel, la référence de tout article ou message qui sur internet contient l’expression "fake truth" : fausse vérité.
Une animation vidéo permet quant à elle de visualiser la vitesse de propagation à travers le monde de certaines des fausses informations diffusées autour du covid 19. L’occasion pour les élèves de prendre conscience de la façon dont rumeurs et fausses informations voyagent, parfois en quelques heures.
"Les fake news peuvent se répandre et se créer très vite. Il y a beaucoup d’informations qui circulent en ce moment sur les réseaux sociaux, donc elles peuvent très vite être déformées"; commente un élève_. "Par exemple cette vidéo m’a fait rire, alors j’aurai envie de la partager sans forcément vérifier les sources_", ajoute une autre.
Les élèves ont donc réalisé, à travers cette exposition, que chacun peut contribuer à diffuser de fausses informations, parce qu'il trouve un contenu drôle, par méconnaissance ou par crédulité. Certaines publications, explique la médiatrice de l'exposition qui accompagne les élèves, sont aussi relayées parce qu’elles jouent sur nos émotions. Enfin, parfois, ce qui incite à relayer une publication est le désir de plaire et d'attirer des abonnés. L’exposition met également en avant la rétribution accordée à certains diffuseurs de contenus, en fonction du nombre de personnes qui les suivent. C’est ce que dénoncent trois tableaux de l'artiste singapourien Kevin Lau, devant lesquels se sont arrêtés Saer et son enseignant. L'un d'eux représente un commentaire "j'aime" pris au piège. "Les trois tableaux orientent vers la même chose : on t’achète", explique l'enseignant. Le collégien admet être lui même sensible aux commentaires et aux "j'aime" sous les publications sur les réseaux sociaux .
Si les deux premières parties de l’exposition sont consacrées à la fabrication et la diffusion des fausses informations, la dernière propose de réfléchir aux conséquences de cette diffusion et aux remèdes possibles: déconnexion mise en scène dans certaines oeuvres, travail de vérification, comme celui que mène la Cellule Vrai du Faux de franceinfo et travail d’éducation aux médias mené avec les élèves. Chaque visiteur repart de l’exposition avec une petite carte sur laquelle on trouve des conseils pour décrypter les informations qui circulent sur internet, via une série de questions à se poser: qui est à l’origine de cette information ou de cette photo ? Le message est-il particulièrement spectaculaire ou anxiogène ? Repose t-il sur des sources fiables ? Cette image n’a-t-elle pas déjà été utilisée dans un autre contexte ? Cette information est-elle aussi relayée par des médias professionnels ?
Ces conseils appuient et complètent le travail fait par les élèves ces dernières semaines pour le Vrai du Faux Junior. Leurs enseignants racontent d'ailleurs que ce travail commence à porter ses fruits. "Les collégiens ne vont plus chercher une information sur un seul site mais croisent désormais les sources, en s'appuyant sur des sites généralistes", rapporte par exemple Cyrille Bertrand, professeur d’anglais au collège Jules Ferry à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne. Certains élèves ont indiqué avoir modifié leurs profils sur les réseaux sociaux. Une évolution similaire a été constatée par Lionel Vighier, professeur de lettres au collège Pablo Picasso à Montesson dans les Yvelines. "Ce qui reste à travailler, nuance t-il, est la contextualisation : aller en profondeur dans l'information pour comprendre ce dont on parle réellement". Ce que les élèves vont continuer à faire, avec le soutien de franceinfo.
L'exposition Fake News est à voir à la Fondation EDF à Paris jusqu’au 30 janvier. Elle est accompagnée d'un dossier pédagogique et d'un webinaire de formation, destinés aux enseignants, conçus par le CLEMI, le centre pour l'éducation aux médias et à l'information.
Une information a cette semaine particulièrement interpellé la classe de troisième médias du collège Jules Ferry à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne : le fait qu’en Lozère, des élèves ont eu, lundi 18 octobre, à remettre des masques à l’école. Les collégiens ont d'abord fait des recherches par groupes, qu’ils ont ensuite recoupées puis complétées.
" Nous avons commencé par essayer de trouver toutes les informations sur le pourquoi du comment la Lozère avait enlevé le masque puis l’avait remis", explique Marion. "Après avoir mis ces informations en commun, poursuit Eléa, nous nous sommes rendu compte qu’il nous manquait énormément de choses pour notre enquête : des dates, des lieux, des sources." "On s’est rendu compte qu’on avait à peu près tous les mêmes sources et que nos informations étaient la plupart du temps peu utiles", ajoute Inès_._ Les élèves ont alors décidé de poursuivre leur travail d'investigation en se penchant sur des données locales et sur des articles de la presse régionale et locale. "Après notre seconde recherche bien plus précise que les premières, nous avons vu que les masques ont été enlevés en septembre dans les écoles et remis obligatoirement le 18 octobre et avons compris que le taux d’incidence [en Lozère ] était deux fois plus élevé que le seuil critique qui est de 50 cas pour 100 000 habitants", poursuivent Eléa et Sheryne.
Après avoir compris ce qu'est le taux d’incidence, ce cumul de nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants qui joue désormais sur le déclenchement du port du masque à l’école, les élèves ont cherché des explications à cette hausse du taux d'incidence.
Nous avons vu que "la propagation du virus est d’autant plus rapide que le territoire de la Lozère a un taux de vaccination bas par rapport à un taux national" expliquent les élèves_"_. " Nous avons également trouvé dans des articles locaux que les écoles primaires avaient été un cluster du virus ce qui a entraîné une fermeture des écoles". Ce cluster, autrement dit une concentration de cas dans une école, a par la suite, analysent les élèves, "entrainé une contamination des enfants à leurs proches, aux proches de ces proches etc."
Contacté par franceinfo, au nom des élèves, le directeur de la délégation départementale de la Lozère à l'Agence régionale de santé Occitanie, Mathieu Pardell est "agréablement surpris par le niveau des questions et de l’analyse des données de la Lozère." "Ce qui me saute globalement aux yeux, commente t-il, c’est que les élèves ont bien cerné le sujet. Finalement, en Lozère, on a eu une augmentation de notre taux d’incidence assez forte sur la période du 4 au 9 -10 octobre. Cela s'est poursuivi par la suite. On est passé d’un des taux les plus bas de France, autour des 24 cas pour 100 000 habitants au plus haut de France métropolitaine jusqu’à 106 cas pour 100 000 habitants."
Le taux d'incidence a donc augmenté dans la durée, ce qui a conduit à des mesures de freinage comme le port du masque par les élèves à l’école, déclenché automatiquement en cas de dépassement du seuil d'alerte pendant plus de 5 jours.
Mathieu Pardell confirme également les explications à cette hausse, trouvées par les élèves, "notamment l’apparition d’un cluster avec 23 cas dont deux enseignants qui ont fait bondir notre taux d’incidence, mais ce n'est pas la seule raison. Il y avait vraiment une circulation du virus, encore présente aujourd’hui de manière assez importante."
Or cette circulation du virus, sur fond de relâchement des gestes barrières, est intervenue dans un contexte de taux de vaccination dans le département effectivement un peu plus faible qu'au niveau national. Mathieu Pardell précise que ce taux de vaccination est actuellement de 70,6% de la population ayant reçu au moins une dose (contre 76% au niveau national).
Les élèves se sont aussi intéressés au nombre d’habitants en Lozère, donnée à prendre en compte pour contextualiser le taux d’incidence. "Vu que la Lozère est un département a faible densité de population, explique Kilian, le taux de contamination est différent. Une contamination peut augmenter fortement la moyenne de cette région alors que Paris a bien plus d’habitants et une seule contamination n’augmentera pas beaucoup la moyenne."
Mathieu Pardell confirme cette analyse. Ces élèves "pourraient être de très bons journalistes. Ce taux d’incidence en Lozère est à relativiser parce qu’on a une population qui est de seulement 76 000 habitants alors que le taux d’incidence est calculé sur la base de 100 000 habitants. Quand on a un cas, il augmente beaucoup plus fortement notre taux d’incidence que dans d’autres départements qui sont plus peuplés". Ce taux d'incidence dénote en revanche, ajoute t-il, une circulation du virus. Lors des précédentes vagues de Covid, ce sont les petits départements qui ont annoncé les vagues plus importantes dans les départements plus peuplés."
Pour être tout à fait complet, on peut rappeler que le taux d'incidence est un élément parmi d'autres qui permet de surveiller l'épidémie. Il faut ajouter également le taux de positivité des tests -qui est un peu plus haut en Lozère qu'ailleurs- ou le taux de reproduction du virus, le nombre de personnes que va contaminer un cas positif de Covid. "Quand on commence à monter au dessus de 1", explique Mathieu Pardell, "on est dans une expansion de l'épidémie. Pour la Lozère on est juste en dessous, à 0,9". Les données d'hospitalisation sont aussi un indicateur important. Elles augmentent en général avec un décalage de deux à trois semaines par rapport au début de la reprise épidémique. En Lozère aujourd'hui, indique Mathieu Pardell, il n'y a aucun patient covid hospitalisé. "Je n'ai pas vu, dit-il, ce sujet regardé par les élèves, mais c'est plutôt positif car on peut voir que c'est plutôt la vaccination qui protège et qui produit des effets pour soulager le système hospitalier et qui évite aux personnes positives [au covid] de se retrouver en services de soins critiques ou hospitalisées."
Les enseignants se demandent si les élèves auraient pu compléter leurs vérifications par d'autres recherches ou accéder à d'autres données. Les indicateurs mentionnés par Mathieu Pardell sont effectivement accessibles publiquement. On peut retrouver les données de Santé Publique France sur la base Geodes, ou aller sur le site CovidTracker où figure une carte de France du taux d'incidence.
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Le Vrai du Faux Junior, c’est le nouveau rendez-vous de fact checking et d’éducation aux médias de la Cellule Vrai du Faux de franceinfo. Cette semaine, les élèves de troisième du collège Pablo Picasso, à Montesson dans les Yvelines et ceux du collège Jules Ferry, à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne se sont interrogés sur le pass sanitaire et le harcèlement dont sont victimes des élèves nés en 2010.
À partir du 30 septembre, le pass sanitaire les concernera, mais les collégiens ne sont pas toujours bien informés sur le sujet. Entre médias traditionnels écoutés souvent d’un peu loin, déformation sur les réseaux sociaux et bouche-à-oreille, les informations dont ils disposent sont parfois approximatives. "Est-ce que c’est vrai qu’avant le 30 septembre on doit obligatoirement montrer notre pass sanitaire pour aller au Mac Donald's ou autre ?" s’interroge Anne-Marie. "J’ai entendu dire que le pass sanitaire serait obligatoire au collège est-ce vrai ?" se demande Bader_._ "Est-ce que c’est vrai que si on n’est pas vacciné on ne pourra plus faire de compétitions sportives ?" ajoute Alexis.
C’est bien à partir du 30 septembre - et non avant - que les plus de 12 ans et deux mois devront être munis d’un pass sanitaire pour assister à certains types d’événements ou se rendre dans certains lieux. Les mêmes que ceux où le pass sanitaire est exigé pour les adultes. L’âge de 12 ans et deux mois a été retenu afin de laisser le temps aux adolescents qui viennent d’atteindre cet âge de se faire vacciner.
Cela ne signifie pas pour autant que le pass sanitaire devient obligatoire pour aller au collège. Ainsi que l’avait précisé dès le 28 juillet le ministre de l’éducation sur franceinfo, "l’objectif à l’échelle nationale n’est pas d’appliquer le pass sanitaire en milieu scolaire ou universitaire." L'idée, avait martelé Jean-Michel Blanquer, est "de ne pas imposer un pass sanitaire pour rentrer à l'école (…) c'est la logique de l'école ouverte" . Il n'y aura donc pas de pass sanitaire à montrer dans le cadre des activités scolaires ou qui se déroulent à l’école, au collège ou au lycée.
En revanche, il en faudra bien un pour déjeuner au restaurant, aller à la bibliothèque, au cinéma, au musée, assister à un concert, ou s'inscrire à des activités extrascolaires, y compris sportives, ainsi que nous l’avions expliqué dans cet article.
Cela ne signifie pas en soi une obligation d’être vacciné. Le pass sanitaire consiste en un certificat de vaccination complète, ou un certificat de rétablissement - la preuve qu'on a eu le Covid il y a au moins 11 jours et moins de 6 mois - ou encore un test négatif de moins de 72 heures.
Les moqueries, brimades, insultes ou attaques qui ont visé, notamment en ligne, des élèves de sixième nés en 2010, ont beaucoup interpellé les adolescents du Vrai du Faux Junior, à tel point qu’ils doutent de ce qu’ils ont pu lire ou voir à ce sujet. "J'ai vu passer sur TikTok le hashtag anti2010 qui aurait pour but de harceler les 2010, est-ce que c'est vrai ?" s’interroge Rajeev_. "Je me demande si c'est vrai que le harcèlement des 2010 a commencé avec Fortnite et Pink Lili,_ Pop it mania ?" ajoute Ludmila, rejointe par Antonio "J'ai entendu dire que la chanson Pop it mania a attisé la haine envers les 2010 est-ce que c'est vrai ?"
En effet, des élèves de sixième nés en 2010 ont, principalement sur les réseaux sociaux, mais parfois aussi au collège, été victimes d'insultes ou de moqueries. Le mouvement n'est pas récent. Il est parti de remarques qui se voulaient drôles et ont dégénéré, mêlées à de vraies attaques et insultes parfois très graves. Le point de départ des moqueries est souvent lié au fait que de tous jeunes adolescents, ou des enfants, cherchent à imiter des adolescents plus âgés, dans la vie, sur les réseaux sociaux ou lorsqu'ils les affrontent dans des jeux en ligne comme Fortnite, sans toujours avoir leurs codes. Est ensuite apparu sur les réseaux sociaux le hashtag - mot-dièse - anti2010, ainsi, sur YouTube, que le clip musical évoqué par les élèves, Pop it mania.
On y voit une jeune fille de 11 ans chanter en mettant en scène sa génération, entre premiers téléphones, maquillage, copines et jeu pop it. La vidéo, vue plus de sept millions de fois, a en partie alimenté le mouvement anti 2010. La jeune youtubeuse Pink Lili et son grand frère Esteban ont expliqué qu'ils ont été complètement dépassés par l'utilisation de cette chanson et qu'ils souhaitaient simplement au départ s'amuser en famille.
Les plateformes concernées ont, suite à cette affaire, été placées face à leurs responsabilités, ce qui n'a pas échappé à Alexandre. "J'ai entendu dire sur TikTok que le hashtag anti2010 avait été supprimé. Est-ce que c'est vrai ?" demande t-il.
En effet, la plateforme TikTok France a bien banni les hashtags problématiques. Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a par ailleurs indiqué qu’il allait lundi 27 septembre recevoir les dirigeants français des plateformes pour leur demander de prendre de nouveaux engagements contre le harcèlement, notamment dans le cadre du programme pHARe.
De manière plus générale, chaque élève peut agir en prévenant un adulte quand il voit ou apprend qu'un autre élève se faire insulter ou menacer, y compris lorsque cela se passe sur internet. Deux numéros de téléphone gratuits peuvent aussi être appelés par les victimes, les témoins, les proches ou les professionnels : le 3020 concerne les faits de harcèlement. Le 3018 a lui été récemment mis en place pour lutter contre les violences sur internet.
Le Sénat appelle de son côté à renforcer les dispositifs en vigueur et fait 35 propositions, entre autres faire apparaître les numéros d'urgence 3020 et 3018 dans les carnets de correspondance et les agendas, ou diffuser des spots d'information, notamment sur les espaces numériques de travail.
L'émission franceinfo junior accueille mardi 21 juin Hervé Giraud, auteur de livre pour adolescents. Il parle notamment de son dernier livre Sables Noirs, paru aux éditions Thierry Magnier. Il est interviewé par des jeunes pour qui il a l'habitude d'écrire, des élèves du collège Le Ruissatel à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Au micro, Eileen ouvre l'émission avec sa question : "Qu'est-ce qui vous a donné l'histoire pour cette histoire justement ?" Amandine se demande combien de temps l'écrivain a pris pour créer ce livre. Avec la question de Sami, l'écrivain retourne aux sources de son ouvrage : "Quelles ont été vos inspirations pour écrire ce livre ?" demande le collégien, journaliste d'un jour. Amandine pose une question plus générale sur ses "routines d'écriture". "Est-ce que vous avez des auteurs qui vous inspirent ?" continue Sami. L'émission se termine avec des conseils pour les jeunes auteurs en devenir.
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior, enregistrée dans le cadre de l'atelier d'éducation aux médias "La rédaction de franceinfo junior".
À quatre mois de la Coupe du monde de rugby, un homme s'interroge sur la pratique d'un sport qu'il aime et signe un livre Rugby : mourir fait partie du jeu (éd. du Rocher). Lui-même ancien rugbyman, Philippe Chauvin a perdu son fils Nicolas, 18 ans et espoir au Stade français, mort sur le terrain. Au micro de franceinfo junior, Philippe Chauvin répond aux questions d'élèves du collège Le Ruissatel à Marseille (Bouches-du-Rhône).
>> L'hommage de la planète rugby à Nicolas Chauvin
En studio, la première question revient à Malia : "Vous continuez à regarder le rugby, mais avez-vous un regard différent sur le jeu ?", demande la collégienne. "Les règles du rugby devraient-elles être changées pour vous ?", continue Lucas. "Votre livre vous a-t-il aidé à faire votre deuil ?", interroge Sacha. Malia demande à l'invité si "les choses ont bougé" après ce qu'il s'est passé et notamment le dépôt d'une plainte.
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior, enregistrée dans le cadre de l'atelier d'éducation aux médias "La rédaction de franceinfo junior".
Le peintre Pablo Picasso est mort il y a 50 ans alors un peu partout dans le monde, des musées lui consacrent des expositions à l'occasion de cette année anniversaire. C'est le cas du musée du Prado à Madrid, ce mois-ci, avec une exposition qui met en regard des tableaux de Picasso et d'El Greco.
>> Cinquante ans après sa mort, Pablo Picasso reste un inépuisable sujet de fascination
Les enfants de franceinfo junior veulent apprendre à mieux le connaître Pablo Picasso. Ce sont des élèves du collège Notre-Dame-de-France, à Malakoff, posent leurs questions au micro. Pour leur répondre : le peintre Thomas Lévy-Lasne, qui travaille en ce moment avec le musée Picasso à Paris. Il est aussi l'auteur de la chaîne YouTube "Les Apparences", des entretiens avec des peintres contemporains.
Pour ouvrir l'émission, Leïla veut savoir d'où vient la passion de Pablo Picasso pour la peinture. Franck se demande quelle est son œuvre la plus connue. "Comment s'appelle son style de dessin ?", questionne Assia. À son tour, Amisha veut savoir si Pablo Picasso_"a juste été peintre"_. La dernière question de l'émission est signée Lucie : "Est-ce que c'est vrai que Pablo Picasso était misogyne ?"
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior, enregistrée dans le cadre de l'atelier d'éducation aux médias "La rédaction de franceinfo junior".
Lundi 12 juin, les élèves du collège Le Ruissatel à Marseille (Bouches-du-Rhône) prennent place dans la rédaction de franceinfo junior. Ils découvrent le métier de grand reporter aux côtés d'Agathe Mahuet, journaliste à franceinfo. Elle est allée à plusieurs reprises en Ukraine depuis que la Russie a envahi le pays. Elle raconte aux élèves son métier, son expérience et ses reportages aux collégiens, journalistes d'un jour.
>> Guerre en Ukraine : un an d'info au cœur du conflit
Au micro, Naïm lui demande d'abord : "Pourquoi avez-vous choisi d'être reporter ?" À son tour, Alba questionne l'invitée : "Etiez-vous toute seule ou accompagnée" sur le terrain en Ukraine ? L'occasion pour Agathe Mahuet de parler du métier de fixeur.
"Quel est l'événement qui vous a le plus marqué ?", enchaîne Maélys au micro. La discussion aborde ensuite la guerre en Ukraine et ses conséquences sur place. "Dans quelles conditions de vie vivaient les Ukrainiens ?", demande ainsi Milo à son tour.
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior, enregistrée dans le cadre de l'atelier d'éducation aux médias "La rédaction de franceinfo junior".
Des stars du XV de France, qui joueront la Coupe du monde de rugby cet automne, disputent les demi-finales du Top 14 ce week-end. Pour parler rugby, le consultant pour Canal+, ancien joueur du Stade Français et entraîneur Mathieu Blin répond aux questions de collégiens**.** Au micro, ce sont des élèves de 5e du collège Notre-Dame-de-France de Malakoff qui prennent la parole.
Au micro, Gabrielle pose par exemple cette question : "Souvent quand on en parle, on pense que le rugby est violent, est-ce que c'est vrai ou pas ?" questionne l'élève. "Est-ce que vous avez déjà eu une blessure assez grave ?" continue Eva face à l'invité du jour. Cilia questionne l'invité sur le salaire des joueurs de rubgy. "À quel âge on arrête" le rugby, continue l'élève au micro, elle se demande aussi ce que font les sportifs après leur carrière sur le terrain.
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior, enregistrée dans le cadre de l'atelier "La rédaction de franceinfo junior".
Jusqu'au vendredi 9 juin, se tiendront les épreuves de recrutement des magistrats, les épreuves d'admissibilités des concours d'entrée à l’Ecole nationale de la magistrature, l'ENM.
>> "Envoyé spécial" au cœur d'un procès d'assises
Rose, Loua, Yacine et Éliane, élèves en CM2 à l'école élémentaire publique Fondary, dans le 15e arrondissement de Paris, posent leurs questions : ''Est-ce que tout le monde peut être juge ?'' ; ''P__ourquoi les juges ont-ils des uniformes spéciaux ?'' ; ''P__ourquoi les enfants doivent-ils aller devant un juge ?'' ; ''Quelles sont les qualités pour être juge ?''...
Cécile Mamelin, magistrate, vice-présidente de l'Union nationale des magistrats, l'USM, répond à toutes leurs interrogations.
Sur cette page, réécoutez en entier cette émission franceinfo junior sur le métier de juge.
franceinfo junior accueille Rachid Santaki, jedu 1er juin, organisateur de dictées géantes et en particulier de celles du dimanche 4 juin sur les Champs-Elysées à Paris. Il répond aux enfants de l'école Ambroise Palix-Gondeau de Saint-Joseph en Martinique.
Augustin s'interroge :"qui a inventé l'orthographe ?" Idriss demande, lui : "Pourquoi fait-on des dictées régulièrement à l'école ?" Rachid Santaki répond : "Le fait de faire des dictées régulièrement nous permet de maintenir et de progresser au niveau de l'orthographe." Il ajoute : "La dictée, soit on aime , soit on n'aime pas. On n'aime pas parce qu'on est traumatisé par la mauvaise note, on appréhende, on est stressé. On aime parce qu'on a rencontré la personne qui nous a transmis ou donné des clefs pour réussir justement."